Actions de terrain, rencontres d’élus… : La JOC agit pour l’accès de tous les jeunes à un travail digne dans la métropole européenne de Lille

Depuis septembre 2016, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) mène la campagne « Dignes et travailleurs » pour l’accès des jeunes du milieu ouvrier et des quartiers populaires à un emploi digne.

« Ils détruisent notre amour du travail bien fait »

L’an dernier, les quatre fédérations JOC du diocèse de Lille, se sont fortement mobilisées. Les jocistes ont fait remplir plusieurs centaines d’enquêtes aux jeunes des quartiers populaires de Lille, Roubaix-Tourcoing, Hazebrouck et Dunkerque. Ces enquêtes ont révélées que bien loin du fantasme d’une génération Y ultra-mobile, ce qui fait la dignité d’un emploi c’est avant tout sa stabilité. Une stabilité qui seule permet de construire et de mener des projets : fonder une famille, s’installer sur un territoire, s’engager au service de tous… La précarité, les CDD à répétition, les formations sans débouchées et surtout les fausses promesses des employeurs ont fini par ancrer dans la conviction que le travail ne paie plus et qu’il ne sert à rien se donner le meilleur de soi au boulot.

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Des dizaines de tables rondes et 40 doléances

Mais le mouvement des jeunes du monde ouvrier et des quartiers populaires refuse de voir l’avarice de certains employeurs, la mise en compétition des travailleurs et les mauvaises politiques publique de l’emploi détruire chaque jour un peu plus l’amour du travail et le goût de l’effort qui est si fort chez les jeunes du monde ouvrier. C’est pourquoi ils ont organisé des dizaines de tables rondes et de ciné-débats pour permettre aux jeunes de réagir et de porter des propositions au rassemblement national de la JOC qui a eu lieu le 15 avril 2017 à Paris. Quarante doléances rédigées par 10.000 jeunes venus de tous les quartiers populaires de France ont été votées.

Actions de terrain, ciné-débat, rencontres d’élus

Maintenant il s’agit de les faire vivre et de les mettre en oeuvre. Pour cela différents moments forts ont eu lieu et vont avoir lieu dans la métropole lilloise :

Le 6 décembre 2017, la JOC de Lille et la Mission Locale de Lille ont proposés aux jeunes privés d’emploi accompagnés par la Mission Locale de devenir acteurs de leur vie mais aussi de la société en co-construisant des initiatives locales. Une vingtaine de jeunes ont répondu à l’appel. Après une rapide présentation des doléances, chaque petit groupe a choisi celle qu’il veut mettre en œuvre. De nombreuses propositions concrètes ont été imaginées et seront portées par les jeunes.

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Initiative de la JOC et de la Mission Locale de Lille

A Roubaix, les jocistes ont démarré l’année avec une grande révision de vie collective autour des doléances. Le 26 novembre 2017, ils ont vécu une récollection pour donner du sens à leur engagement. Enfin, en janvier, les responsables de la fédération ont commencé à rencontrer les élus locaux. Ainsi, Aurélia, responsable d’une équipe de Roubaix, à rencontrée les deux adjointes au maire de Roubaix chargées de la vie associative et de la jeunesse Marie Agnès Leman et Ghislaine Wenderbecq pour leur présenter les initiatives de la JOC sur la ville et les doléances.

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Aurélia, 19 ans, responsable d’équipe JOC, avec les adjointes au maire de Roubaix

La route ne s’arrête pas là puisque les 27 et 28 janvier 2018 à Merville, des jocistes de toute la régions se retrouveront pour construire de nouvelles actions lors d’un grand temps fort militant !

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Samedi 3 février : tous au bal folk pour soutenir la JOC dans le diocèse de Lille !

La JOC du diocèse de Lille c’est 4 fédérations, des dizaines d’équipes et des centaines de jeunes engagés qui s’engagent pour devenir acteurs de leur vie, de la société, du mouvement ouvrier et de l’Eglise ! C’est aussi un collectif d’amis et d’anciens du mouvement qui organisent chaque année un événement pour soutenir les jocistes et leur donner les moyens d’aller toujours plus loin dans leurs projets !

Cette année, vous êtes tous invités à venir dîner, danser et faire la fête le samedi 3 février 2018 à partir de 19h00 au centre culturel R. Delefosse (avenue des arts) à Wattignies !

Au menu de la soirée une excellente carbonnade flamande cuisinée à l’ancienne et exclusivement avec des produits frais. Un régal qui vous sera servie avec des frites et des boissons régionales.

Le repas sera suivi d’un bal folk animé par le groupe « Erreur de casting » lors duquel, petits et grands, experts et débutants, pourront danser tous ensemble ou simplement faire la fête au son des violons, accordéons et percussions !

Une soirée ponctuée par l’actualité du mouvement, les projets des jeunes et les souvenirs des anciens ! Un moment inoubliable au prix dérisoire de 10€ le repas et 6€ le bal folk (tarif réduit pour les chômeurs, – de 12 ans, étudiants : 6€ le repas et 4€ le bal). L’intégralité des bénéfices sera reversé aux fédérations JOC du diocèse de Lille.

Une belle occasion pour resserrer les liens entre tous ceux qui partage cette même conviction « un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde car il est fils de Dieu ».

Attention ! Réservation obligatoire ! Inscrivez vous dès maintenant auprès de :
– JOC de Wattignies : Thérèse Bartier – 06.13.86.65.66 – francis.bartier@hotmail.com
– JOC de Lille : Pascal Verbèke – 06.74.30.73.54 – pascal.verbeke@gmail.com

Téléchargez l’invitation à imprimer ici : Invite DEF Bal Folk 2018

Soyez nombreux à venir soutenir la JOC dans une ambiance de feu

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Vidéo du bal folk 2017 des amis de la JOC (qualité de vidéo médiocre mais ambiance au top)

 

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Une fête de Noël pour changer de regard à Tourcoing

Et si Noël n’était pas qu’une fête ? Si ce grand moment de l’année était aussi une invitation à changer de regard ?

Une fête de Noël au cœur du quartier de la Bourgogne

En ce dimanche 17 décembre 2017, dans le quartier populaire de la Bourgogne à Tourcoing, même la grande route conduisant à l’église Saint Thomas a revêtue ses habits de fête. Le verglas que la nuit glaciale a déposé sur la chaussée d’asphalte la fait briller de mille feux sous le soleil matinal. Bravant le froid, une vingtaine de personnes de tous horizons se sont réunis pour fêter Noël et changer de regard sur le monde, leur vie, leur quartier…

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Café et chocolat chaud accueillent les participants

C’est avec un café ou un chocolat bien chaud qu’ils sont accueillis dans la salle paroissiale de la grande église en béton nichée au cœur du quartier. Les nouveaux rencontrent les anciens qui se retrouvent et échangent leurs vœux. Chacun s’installe autour d’une des tables orientée vers l’écran géant sur lequel est bientôt projeté le message de Noël de la Mission Ouvrière. Quand la lecture à plusieurs voix débute un grand silence remplit la salle. Un silence brisé quelques minutes plus tard par le chant « une belle histoire » écrite par un membre de l’Action Catholique Ouvrière d’Halluin qui chacun reprend.

Noël révèle la vie d’aujourd’hui

Puis chaque petit groupe prend un temps de partage sur le sens de Noël dans sa vie et sur la manière dont les mots du message de Noël résonnent dans leur vie et leurs engagements. Autour des tables, chacun prend la parole. Cette année encore, la vie des personnes présentes aura été marqué par des difficultés professionnelles, familiales, de santé… Mais aussi par de la révolte, de l’espérance, des joies, des victoires. Plusieurs thématiques du message de Noël ont marquées les participants :

La souffrance : les participants ont partagé de situations de souffrances vécues au travail : « Je connais une personne qui a subie des problèmes de santé qui lui ont fait perdre son emploi ». Une souffrance qui est aussi un moteur d’engagement : « La rencontre de ceux qui souffre nous booste pour agir ».

L’économie solidaire : aucun métiers et aucune entreprise n’échappe aujourd’hui aux exigences de rentabilité à outrance qui font passer le profit devant l’humain. Les participants ont partagé l’espérance en une économie dont la valeur ajoutée est l’humain et pas l’argent à l’image de ce que porte le pape François dans son exhortation apostolique « Evangelii Gaudium ».

L’écologie : « On a besoin de préserver la planète parce qu’à un moment ça va faire boom. L’écologie c’est global : la santé, le travail… » confie un des participant au nom de son groupe. Le pouvoir de la finance détruit l’Homme et la planète.

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Temps de partage en petits groupes

Noël : une lumière, un combat…

Et Noël dans tout ça ? Les participants ont partagé leur regard sur cette célébration : « Noël c’est la famille », « c’est l’émerveillement d’une Foi concrète. Jésus est une merveille qui illumine notre vie ». « Noël est une pause dans la folie du monde ». « C’est un moment en famille. Et même si personne ne parle de Jésus autour de la table, Jésus sera quand même présent ». « C’est un retour aux sources, le message d’un enfant qui délivre ». « C’est la lumière, la joie, la paix, la naissance, la solidarité… ».

Mais noël n’est pas qu’une fête ou des valeurs, c’est aussi un combat : « Noël est un moment où on va à l’essentiel mais aussi un combat pour ne pas que ce soit juste une fête de la bouffe et des cadeaux ». « c’est Noël toute l’année quand les copains se mettent en route ». «Noël donne l’envie d’être présente avec les gens en colère. Pour moi, Noël ça veut dire que c’est là qu’il faut être, avec ceux qui souffrent, car c’est là que se révélera le meilleur de l’humanité ».

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Cinq crèches venues des quatre coins du monde

Des bonnes nouvelles en cadeau

Après ce temps de partage, chacun est invité a écrire une bonne nouvelle sur un papier et, s’il le souhaite, à la partager avec la communauté et à la déposer devant une des cinq crèches disposées sur la table. Des crèches en provenance des quatre coins du monde à l’image de la grande diversité culturelle de la ville et du quartier.

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Chacun dépose sa bonne nouvelle devant les crèches

Quelques bonnes nouvelles partagées :

Célébrer Noël avec ma famille. Les enfants handicapés qui écrivent une carte de Noël à leurs parents, Une entreprise d’insertion qui arrive à trouver les moyens de contourner critères injustes du gouvernement pour continuer son activité, Un directeur de magasin qui décide de donner un juste prix au lait pour que les agriculteurs vivent dignement, Nous sommes ensemble ! Quelle Bonne Nouvelle ! Tous seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ! L’entraide des bénévoles et des bénéficiaires du Secours Populaire, Mon gendre qui travaille sur un chantier en Afrique pour apporter de l’électricité au Burkina Faso. Notre fond de solidarité pour aider des migrants à Halluin a reçu de beaux dons, il y a des gens qui pense encore aux autres. La fête du vivre ensemble avec la CLCV. On voit de la solidarité. Quelle joie de voir des femmes qui grandissent, prennent leur place. Les jeunes de la JOC a qui l’Église fait confiance et leur donne la chance de mener des projets. Les copains qui se mettent en route. La communauté de proximité à la Bourgogne qui tisse des liens entre les habitants. Aurelie qui se lance en ACO. Elle prépare la prochaine réunion d’équipe. Il y a encore des gens qui pense qu’on peut agir pour changer les choses. A la maternelle où je travaille, il y a une équipe attentive au bien être des enfants avec un climat de bienveillance. Notre belle fille va signé son CDI ! Le petit groupe qui démarre dans le quartier avec l’ACE…

La matinée se conclue par une prière autour de la crèche, avant que chacun ne reparte… avec un autre regard.

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Les évêques à la rencontre du collectif Frat’Eveil – les acteurs de fraternité du diocèse de Lille

La première Université de la Solidarité et de la Diaconie (USD) a eu lieu à Lourdes du lundi 30 octobre au jeudi 2 novembre 2017. Une dizaine de personnes du diocèse de Lille y ont participé. Une délégation coordonnée par le collectif Frat’Eveil qui réuni les acteurs de solidarité dans le diocèse de Lille. Une délégation riche de sa diversité puisque autour de Jean Marc, le délégué de l’évêque aux mouvements et associations de fidèles, ont été réunis des personnes engagées dans des initiatives de fraternité mais aussi des personnes ayant fait l’expérience de la pauvreté.

Frat’Eveil, un collectif au service de la diaconie

Le 19 décembre 2017, les deux évêques du diocèse de Lille, Mgr Ulrich et Mgr Hérouard, sont allés rencontrer les participants à cette première Université de la Solidarité et de la Diaconie à l’occasion d’une rencontre du collectif Frat’Eveil.

La vingtaine de personnes présente ont prit le temps de se présenter avec le jeu de la pelotte. Puis le groupe est revenu sur les moments fort de cette université au travers d’un diaporama et de vidéos.

Les participants ont alors prit la parole au travers d’un photo langage. Chacun a choisi une photo prise lors de l’USD pour partager ce qui l’a marqué lors de cette expérience.

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Les évêques à la rencontre du collectif Frat’Eveil

Une université marquée par la confiance

Sarah, participante à Magdala a choisi une photo du temps de lavement des pieds : « J’ai bien aimé ce moment où on lave les pieds de son voisin. Ça dit qu’on est tous pareil. Tous au même niveau. J’ai particulièrement senti ça a ce moment. C’est pas rien de laver les pieds d’une personne ».

Bruno, également acteur de Magdala, confirme « moi aussi j’ai choisi le lavement des pieds. Je lave les pieds d’une personne puis quelqu’un lave les miens. Puis on se donne une bénédiction. Ça veut dire que j’ai de l’importance alors que moi je ne me considère pas comme ça. Je suis ému, je ne sais pas quoi dire pour remercier celui à qui j’ai lavé les pieds et à celui qui m’a lavé les pieds. Je ne sais pas quoi dire car c’est fort. Ça m’a beaucoup marqué. Dans ma relecture je dis que c’est une façon de prouver que personne n’est supérieur à l’autre ».

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Le pape François lavant les pieds

Christophe, membre de l’Action Catholique Ouvrière (ACO) a choisi la photo d’un petit groupe de fraternité : « On a été une belle équipes. On a prit le temps de partager . On a osé aller vers les autres. Avant j’osais pas faire ça. Maintenant j’ose parler. Pas quand il y a trop de monde… mais j’ose. Les temps de célébration où on s’est salit les mains avec de la boue puis on se les ait lavé, c’était fort aussi. Dans mon groupe les gens on commencé à parler sans se présenter alors je leur ai proposer de se présenter. J’ai osé faire ça ».

Rosita, engagée dans la paroisse Bx Charles de Foucault à Roubaix partage cette dimension collective de l’université : « On a vécu un temps où on s’est tous mélangé. On a même fait le tour de l’église en faisant une chaîne humaine çà symbolise le lien qu’on a créé, notre unité ».

Jeanne-Marie, présidente de l’association Magdala, choisie aussi une photo où le collectif prime : « On y voit une Église qui donne envie, qui n’exclue personne. Depuis Diaconia un mouvement est née au sein de l’Église, une dynamique qui n’est pas prêt de s’éteindre. Je suis revenue avec un désir encore plus fort de laisser sa place à celui qui ne l’a pas ».

Une expérience fraternelle qui  » prend aux tripes « 

Jean Marc, le délégué de l’évêque aux mouvements et associations de fidèles revient sur le lavement des pieds : « J’ai aussi choisi une photo du lavement des pieds qui a eu lieu à la célébration de la Toussaint. C’est original. Ça m’a beaucoup marqué de célébrer la Toussaint de cette manière là. Il y a un symbole de Fraternité. Cette Fraternité ont l’a vécue dès la montée du train dans le diocèse ».

Jérôme, diacre roubaisien, choisi une photo d’un participant les mains pleines de boue : « Lors de la célébration avec le lavement des mains boueuses, on m’a demandé de laver les mains. C’était fort car on l’a vécu à la grotte de Lourdes. J’ai fait deux belles rencontres de gens exterieurs à l’USD qui ont souhaité vivre ce geste avec nous. Une irakienne qui est repartie avec le linge, ça comptait pour elle. Un homme sûrement bouddhiste qui a aussi voulu vivre ce geste. Ça montre la dimension universelle de ce qu’on a vécu et aussi la dimension évangélisatrice ».

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Lavement des mains boueuses lors de l’USD

Daniel, également diacre, a choisi la photo de Danielle, membre de Magdala : « Elle a été temporairement élevée au rang de sainte. Sans elle Diaconia n’aurait pas été ce qu’il a été. On a fait rentrer dans les conscience que les personnes en fragilité ont leur place dans tous les événements d’Église ».

Bibi, membre de l’ACO et de Magdala et co-organisatrice de l’événement, a choisit le geste de la boue : « Ce geste m’a prit aux tripes car je me suis mis à la place d’un SDF. J’ai imaginé sa vie, son cheminement et arrivé à la grotte c’est le lieu où on lui tend la main et où il est lavé de ses difficultés. On m’a fait confiance pour faire parti du groupe de préparation. Cette confiance n’est pas banale ».

Olivier, également co-organisateur de l’USD utilise alors une belle image pour valoriser la place des plus humbles dans cet événement : « C’est comme si le comité d’organisation avait été une casserole, un recopiant et nous, les personnes en fragilité du  »Copil quart monde », on a été la purée, la nourriture de cet USD. On a été constamment en action pour préparer et accompagner. On s’est retrouvé au service de tout le monde et pas que des plus pauvres. On était avec les diacres, prêtres, personnes missionnée, évêques… on a appris l’un par l’autre. J’ai donc choisi la photo du  »Copil quart monde » ».

Ces témoignages montrent la grande émotion qui a marqué cette rencontre. A Lourdes il y a eu beaucoup de pleurs, des larmes de joie, des larmes de souffrances, une vraie émotion partagée. Partagée au delà des frontières de l’Église puisque, Sarah, l’une des participante est musulmane et partage le sens de cette participation à l’USD « Si Jésus revenait aujourd’hui, il n’irait pas prier qu’avec les siens, il irait avec tous. J’ai envie d’aller prier avec d’autres ».

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Photo-langage lors de la soirée

Réinventons avec d’autres !

La richesse des échanges a ouvert l’appétit des participants en cette froide soirée d’automne. Tous se retrouvent donc autour d’un bon repas à la fin duquel les évêques du diocèse de Lille partage leur relecture de ce qu’ils ont entendu.

Mgr Ulrich souligne la richesse des échanges « C’est un travail de fourmi qui se vit ici ! ». Il insite ensuite sur l’importance d’aller encore plus loin dans la démarche initiée par Diaconia 2013 : «  Dans l’avenir, on va peut être organiser un temps collectif mais on ne fera pas celui qu’on a déjà fait en 2016. Il faut être inspiré de ce qu’on a fait mais avec l’envie de faire autre chose ! Peut être en sortie comme la fête de la Mission Ouvrière mais aussi autrement. Ne nous arrêtons pas sur une expérience passé. Réinventons avec d’autres ! »

Des encouragements auxquels Mgr Hérouard se joint : « C’est important de voir d’où on vient personnellement et collectivement pour regarder devant et inventer. Ce soir le mot confiance est revenu. C’est la base ! Il faut faire et manifester cette confiance. La Foi n’est pas un remède magique à tous les maux. Le Christ nous apprend juste que chacun est digne de confiance. C’est ce qu’on doit avoir à cœur de transmettre, parfois par de toutes petites choses ».

Viviane, missionnée pour la Mission Ouvrière du littoral : « A nous d’aller chercher la part d’humanité et de fraternité en chacun de nos frères »

Viviane Benoît a été coordinatrice de la Mission Ouvrière du littoral dunkerquois de janvier 2013 à fin 2017. A l’aube de sa retraite, les membres de son équipe ont souhaité lui poser une question pour qu’elle puisse partager ce qu’elle à vécue durant ces quelques années au service de l’annonce de la Bonne Nouvelle : A l’aube de ta retraite, qu’est-ce que tu aimerais mettre en lumière de ta mission ? Qu’est ce qui te tient à cœur ? Qu’est-ce que tu aimerais partager avec nous, avec ceux qui ne connaissent pas ta mission en tant que animatrice en mission ouvrière et aussi en quartier populaire ?

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Viviane Benoit fin 2016

Une mission qui débute avec Diaconia 2013

Lorsque j’ai été appelée pour la Mission Ouvrière, tout de suite on m’a demandé de réserver mon week-end de Pentecôte 2013 pour faire partie d’une « Fraternité » (un groupe de personnes) qui allait à Lourdes pour le grand rassemblement appelé « Diaconia, servons la fraternité ». Lourdes, je n’y étais jamais allée. Son côté « commercial » et traditionnel de pèlerinage ne m’attirait pas particulièrement. C’est pourtant de là que j’ai perçu ce que pouvait être « le rôle d’une permanente pour la Mission Ouvrière et les Quartiers Populaires » et commencer à entrevoir vers quelles personnes j’étais particulièrement envoyée, des personnes dont l’Église semblait loin.

Les différents temps forts que j’ai vécus avec d’autres et qui m’ont enraciné dans ma Mission

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Le message fort de Diaconia qui reste gravé en moi c’est «Personne n’est trop pauvre pour n’avoir rien à partager » ; ce mot « pauvre » ne me convient pas vraiment, on dira plutôt une personne en fragilité, en précarité ; il n’y a pas de terme suffisamment large pour évoquer une personne en manque de considération. Une fragilité personnelle, une déchirure familiale, une difficulté à trouver une place au travail ou dans la vie de quartier, problèmes de santé invalidants, de maladie, d’addiction, la liste est longue des raisons pour lesquelles, des personnes peuvent se retrouver isolées, ou pire, à la rue, en prison… Ces situations montrent les difficultés, pour vivre aujourd’hui, dans cette société injuste, qu’on soit jeune ou moins jeune.

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Diaconia nous a demandé de changer notre regard : « Si les catholiques mettaient autant d’énergie à combattre toutes les formes d’exclusion dans l’Eglise et dans la société qu’ils en ont mis à dénoncer le mariage pour tous, il n’y aurait plus un seul pauvre à l’entrée de nos églises» Mgr Gérard Daucourt évêque de Nanterre en 2013. Le Pape François, tout juste élu, à l’issue du rassemblement Diaconia nous a adressé un message, voici la fin de ce message : « L’Église, à la suite du Christ, rejoint et accompagne tous ceux qui sont écrasés par les épreuves de la vie. »

« Le combat pour la justice : en premier pour les Chrétiens, c’est d’abord rendre à chacun ce qui lui appartient afin que la charité puisse trouver pleinement sa place, parce que la charité c’est donner à l’autre ce qui lui appartient ; c’est le premier combat auquel nous sommes appelés »
François Soulage (Président du Secours Catholique de 2008 à 2014)

De retour de Lourdes, sur le dunkerquois

Diaconia a permis une prise de parole par ces personnes, et de retour de Lourdes, notre «Fraternité» composée alors de Christian, de Gillette, d’Arnaud, de moi-même et avec le soutien de Gérard notre Doyen, se devait de mettre en place un lieu où cette parole serait écoutée, partagée.

Et nous avons imaginé des rencontres « sans prise de tête » que nous avons appelées «Venez comme vous êtes»; ce sont des soirées débat suivies d’une auberge espagnole, sur des sujets très divers qu’on aborde avec humour et bonne humeur, avec pour trame de fond : « Nos manières de vivre, de penser, d’agir, nous invitent-t-elles à la fraternité ? ». Aux quatre premiers rendez-vous ce sont des personnes en relation avec des gens vivant la précarité qui sont venues; nous avons ainsi remarqué qu’un lieu de partage était nécessaire aussi pour ces personnes. La cinquième rencontre a permis une prise de contact avec cinq personnes vivant la précarité.

Depuis, plus de la moitié des personnes qui viennent à nos rencontres sont des personnes en difficulté (14 rencontres depuis avril 2014, de 12 à 18 personnes présentes à chaque fois). Ces échanges sont très riches et permettent de tisser des liens entre les participants, nos rencontres se font dans différents lieux du doyenné. On se connait mieux, on invite d’autres et on rit beaucoup. Des personnes qui viennent à ces rencontres font partie aujourd’hui de la formation « Vivre en Chrétiens ».

La rencontre nationale de l’Action Catholique Ouvrière à Angers en 2014

Il y a eu aussi la Rencontre Nationale de l’ACO à Angers en 2014. Le slogan de la rencontre : Engagés pour la justice et la dignité, osons l’Espérance ! La priorité qui a été votée : « Les personnes, les travailleurs en situations de précarité, de fragilité, sont au cœur du projet missionnaire de l’ACO ». Ce qui m’a marqué : le témoignage d’Aïda Tunisienne, en sous-traitance pour des marques de vêtements haut de gamme, qui travaille dans conditions sanitaires et d’hygiène inexistantes, 48h/semaine (week-end et parfois même le dimanche) et pour un salaire mensuel de 10 € à 100 € pour les plus qualifiées.

Une conviction : le «salaire vital » ou le « revenu de base ». Je pense qu’il faudra certainement travailler sur ce « concept». Notre société n’est pas en capacité de donner un emploi à tous, (et ce n’est ni sa priorité, ni sa volonté) ; même s’il y a d’énormes besoins : aide à la personne, la santé, l’éducation… ça ne débouche pas sur de l’emploi. On laisse donc sur le côté beaucoup de personnes et en particulier les personnes les plus fragiles et les moins formées. On parle de la « valeur travail »… le travail n’est pas une valeur: on a du travail ou on n’en n’a pas. Des « valeurs » seraient le courage, la volonté etc. Un revenu de base pourrait redonner de la dignité à beaucoup, en enlevant l’angoisse de « comment on va subsister ?» et permettrait à ceux qui le veulent de s’engager dans un travail pas toujours rémunérateur, mais qui leur donne une place et la conviction qu’ils sont utiles, qu’on a besoin d’eux.

Et pourtant… Prière (RN ACO)
Jésus, nous te voyons souvent confronté aux regards, aux cœurs fermés face aux personnes rejetées qu’on voulait t’empêcher d’approcher.
Aujourd’hui, ce sont souvent les personnes résidant dans les quartiers dits « sensibles », les familles qui, au quotidien, luttent pour y vivre.
Il est dit qu’elles n’ont aucune culture.
Et pourtant…
Il est dit qu’elles ne savent pas « gérer».
Et pourtant…
Il est dit qu’elles sont « assistées ».
Et pourtant…
Il est dit qu’elles manquent de « civisme».
Et pourtant…
Il est dit qu’il faudrait leur « redonner » leur dignité.
Et pourtant… Cette dignité ne les a jamais quittées. C’est un peu comme une source enfouie qui jaillit et qui devient ruisseau, fleuve, océan.
L’ACO emploie le mot « révélateur » de dignité. En toi, Jésus, je devine ce « révélateur» qui rend notre regard assez limpide pour voir dans les muets, les sourds, les aveugles de notre temps, les merveilles qu’ils réalisent chaque jour. Aide-nous à en témoigner.
Extrait de la prière de Mauricette parue dans Témoignage n°551

La rencontre nationale de la Mission Ouvrière à Lourdes en 2015

Le thème : « Élargis l’espace de ta tente, déploie sans hésiter la toile de ta demeure, allonge tes cordages, renforce tes piquets ! » (Esaïe 54,2).

Les 5 orientations :
• Etre témoins et acteurs de la construction du Royaume
• Bien enracinés dans nos lieux de vie, partager la joie de croire
• Lire les Ecritures saintes
• Développer notre communion avec toute l’Eglise
• A vous, à nous d’agir pour élargir l’espace de notre tente.

Ce que j’en retiens principalement : « Avance en eaux profondes, va au large » (Luc5,4). Madeleine Delbrêl montrait que l’expérience de la petite Thérèse de Lisieux était un modèle pour l’évangélisation, puisque « aux missions en étendue allaient se joindre des missions en épaisseur, au fond des masses humaines, en profondeur, là où l’espoir de l’homme interroge le monde et oscille entre le mystère d’un Dieu qui le veut petit et dépouillé ou le mystère du monde qui le veut puissant et grand ».

« Ensemble, osons la fraternité » : une suite de Diaconia dans le Diocèse de Lille

A Lille en 2016 : une rassemblement de 700 personnes, une suite de Diaconia 2013 et des visites des évêques dans les quartiers populaires. Une journée pour échanger, prendre la parole, participer à des forums, à des ateliers créatifs, écouter la parole de Dieu, pour vivre la fraternité dans notre diocèse en présence de nos évêques…

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Il aura fallu une année de préparation aux responsables des fraternités de Diaconia, les responsables des Mouvements et un comité de pilotage composé de personnes en fragilité : un gros travail !
Cette journée du 6 juin m’a parue tellement sereine, un sentiment de paix et d’harmonie… Les rencontres continuent au niveau diocèse pour proposer des événements festifs et de la formation.

Ce qui est et a été vécu sur le dunkerquois

Plusieurs fêtes : « Fraternité plurielle », « Troquons, mon frère », « Goutons, mon frère »… Des rencontres gratuites, qui ont en commun d’être préparées avec les personnes intéressées : des gens des assos, des gens en précarité…

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Fête de la fraternité « Troquons mon frère » en 2016

Une formation appelée « Vivre en Chrétien(s), qu’est-ce que ça veut dire ? »
a débuté sur Dunkerque en juin 2017. Nous avons contacté les personnes rencontrées lors des différentes actions que nous avons faites pour bâtir ensemble un « programme » et les thèmes des cinq rencontres en grands groupes ont été décidés par les gens eux-mêmes. C’est une formation « sur mesure ». La parole est libre et toutes les questions posées sont de bonnes questions. Quatre petites équipes, guidées par des accompagnateurs, se réunissent entre ces cinq rencontres pour approfondir le thème de la fois suivante. Nous avons soigné l’accueil :
– la formation est ouverte à tous tout le long de l’année ;
– il est possible de venir avec des enfants, ils seront pris en charge ;
– un covoiturage est organisé pour ceux qui le demandent ;
– un lieu sur le dunkerquois pour les rencontres en grands groupes, accessible avec le bus gratuit.

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Choix des thèmes de travail lors de la formation en juin 2017

Deux ateliers de lecture ont été mise en place : livre de Tareq Oubrou « Ce que vous ne savez pas sur l’Islam » et celui de la Conférence des Evêques de France « Notre bien commun n°2 » ; nous lisons ensemble un livre et nous échangeons.

La célé de Noël en MO : nous la préparons avec une équipe différente chaque année. Cette année c’est avec des Jocistes : une première !

Et bien sûr il y a les Mouvements !

L’Action Catholique des Enfants : Deux clubs ont vu le jour. Et aussi des rencontres d’enfants pendant chaque vacances qu’on a appelé des « Garden Party », même s’il elles n’ont pas toujours lieu dans un jardin (celui de Gérard). Les enfants et les parents ont participé aux 80 ans de l’ACE à Tourcoing.

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L’Action Catholique Ouvrière : Richesse de cette vie de Mouvement : Retraites, rencontres diverses, plaquette avec des témoignages des équipes pour la préparation de la RN 2018… Je fais personnellement partie d’une équipe de base depuis dix ans.

La Jeunesse Ouvrière Chrétienne : 12 jeunes se répartissent en deux groupes pour des Révisions de Vie… Une renaissance !

Et aussi le GREPO : une équipe de prêtres et d’animatrices en pastorale se rencontrent régulièrement, soucieux des gens du monde populaire. Une plaquette avec des témoignages a été récemment éditée.

En quelques mots

Ensemble
Ces temps forts, ces fêtes, ces rencontres, cette formation ont été bâties avec les personnes vers qui nous sommes envoyés. Il faut du temps pour que ces personnes du monde populaire nous fassent confiance et se permettent de nous faire part de leurs besoins, leurs envies, leurs soucis. C’est un compagnonnage qui demande de la patience, de la bienveillance et de l’amour fraternel. Nous nous apprivoisons !

Déplacements
C’est par des échanges en confiance, que chacun peut avancer dans la compréhension et l’acceptation de l’autre différent. La parole n’est pas facile à prendre quand on ne se sent pas « à sa place » dans un groupe d’échange (comme par exemple des parents d’enfants de l’ACE). A nous, Animateurs en pastorale, d’être vigilants afin que tous puissent s’exprimer pour oser une parole différente, pour oser aller à l’encontre du « bien-pensant ». Personne n’a la vérité.
Les Révisions de vie, les relectures sont indispensables à nos missions. Sans elles on ne voit pas bien le chemin parcouru, ni le chemin à prendre pour demain.
Le déplacement physique : aller à une rencontre, à une formation, un camp ACE… permet aussi un déplacement dans la tête… les jambes portent le cœur et la tête… ailleurs… Les pèlerins d’Emmaüs !

Nourritures
Je voudrais aussi parler de la formation CIPAC qui m’a permis de me former pour la Mission sur des modules comme le Nouveau et l’Ancien Testament, la relecture pastorale, écoute et dialogue, animation de groupes… ainsi que des formations à la Catho, des récollections… Des découvertes qui sont des cadeaux pour la vie.
J’ai « appris », au cours des formations, des temps forts, des relectures… mais je me suis surtout nourrie des autres ! De l’énergie des autres : de l’équipe du dunkerquois : Nadine, Cécile, Gérard, Damien, Jacques, Stéphane ; mais aussi l’énergie des équipes des autres lieux où la mission Ouvrière est active : vous ici autour de la table (et de ceux qui ne sont pas là aujourd’hui) ; mais aussi d’autres, comme le Secours Catholique, la Pastorale des Migrants, la Catéchèse, les Aumôneries… mais aussi de toutes ces personnes rencontrées qui me renvoient leur besoin d’Espérance et offrent leurs talents de toutes sortes.

Je vous remercie.

Vous m’avez tous donné un grand élan vital qui a conforté ma foi en Dieu et en l’Homme quand il est fraternel. Et pour qu’il soit fraternel ou qu’il devienne fraternel, à nous d’aller chercher sa part d’humanité et de fraternité et de la travailler avec lui et avec Lui pour qu’elle soit révélée. Je crois que c’est ça le cœur de nos Missions tant qu’Animateurs en pastorale et en tant que Chrétiens, en tant qu’Église. Une mission qui ne finit jamais…

« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28,20)

Viviane BENOIT
1er décembre 2017

La Mission Ouvrière du littoral dunkerquois… C’est une équipe ! Composée de Nadine (ACO), Cécile (Religieuse et engagée auprès de Salam pour les migrants), Jacques (GREPO et Curé de Cappelle), Damien (Aumônier de la JOC, Aumônier de la Maison d’arrêt de Dunkerque et prêtre), Gérard (Curé de deux paroisses et Doyen, chargé, entre autres, de la Mission Ouvrière sur le dunkerquois), Stéphane (DDMO) et moi (ACE et permanente pour la MO et QP).

Samedi 13 janvier : Soupe et galettes pour une épiphanie fraternelle à Lille

La Mission Ouvrière de l’agglomération lilloise organise sa fête de l’épiphanie ce samedi 13 janvier 2018 à 17h30 au 57, rue des meuniers à Lille.

Une belle occasion pour rencontrer les acteurs de l’ACO, de la JOC, de l’ACE mais aussi les prêtres, religieuses et religieux engagés en monde ouvrier, des amis militants syndicaux, associatifs…

Il y a bien longtemps Dieu a guidé les pas de trois rois-mages vers l’étable où est né un petit enfant. Aujourd’hui, Il nous invite toujours à nous réunir autour de cet enfant pour partager son message d’Amour… Un message qui se partage d’autant mieux avec un bol de soupe et un morceau de galette.

Soupe galette 2018

 

La JOC vue par… Paul Destailleur, grande figure du militantisme ouvrier de Roubaix

Une grande journée d’étude sur la fondation de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) a eu lieu le 18 novembre 2017 à l’Université de Lille 2 dans les locaux de la faculté des sciences juridiques, politiques et sociales. Plus de 200 personnes étaient présente pour découvrir comment et pourquoi la JOC est née à Lille en 1926 et comment cette fondation a changer en profondeur l’Église catholique et le mouvement ouvrier français.

Chaque semaine, la Mission Ouvrière du diocèse de Lille vous fera découvrir le regard d’un intervenant ou d’un témoin de cette grande journée d’étude. Aujourd’hui, nous vous partageons les grandes lignes de l’intervention de Paul Destailleur, militant et permanent de la JOC (1962-1966), syndicaliste au cœur de la crise du textile à Roubaix, ancien élu municipal et fondateur du Groupe d’action des demandeurs d’emploi.

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Paul Destailleur débout pour témoigner de son expérience jociste

Pour Paul, la rencontre avec la JOC c’est celle de la revole :  » La JOC m’a fait rencontrer des jeunes travailleurs du textile dont les conditions de travail m’ont révolté « . Il fait alors un choix de vie fort en engagements  » Dessinateur industriel, j’ai fait le choix d’être embauché comme simple mécano pour vivre avec les plus petits, comme le Christ « .

Il rajoute  » Je suis marqué par cette foi chrétienne qui se vit en actes comme Jésus en son temps. Avec la JOC on a agi dans ce sens. On s’est battu pour la création du premier Foyer de Jeunes Travailleurs de Roubaix qui existe encore. A l’usine, on a porté les  revendications pour le droit à la formation des jeunes. On a obtenu la possibilité de pouvoir aller aux cours du soir « .

La semaine prochaine, découvrez les grandes lignes de l’intervention de Pierre Outteryck, historien spécialisé dans le mouvement social du Nord.

Retrouvez l’intégralité des interventions et des témoignages de la journée d’étude du 18 novembre 2017 dans les actes de la journée d’étude à paraître très bientôt.

La JOC vue par… Louis Dooghe, ancien jociste, grande figure de l’éducation populaire

Une grande journée d’étude sur la fondation de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) a eu lieu le 18 novembre 2017 à l’Université de Lille 2 dans les locaux de la faculté des sciences juridiques, politiques et sociales. Plus de 200 personnes étaient présente pour découvrir comment et pourquoi la JOC est née à Lille en 1926 et comment cette fondation a changer en profondeur l’Église catholique et le mouvement ouvrier français.

Chaque semaine, la Mission Ouvrière du diocèse de Lille vous fera découvrir le regard d’un intervenant ou d’un témoin de cette grande journée d’étude. Aujourd’hui, nous vous partageons les grandes lignes de l’intervention de Louis Dooghe, ancien jociste,  permanent de la JOC (1950-1952) ;  ouvrier menuisier, éducateur ; fondateur du foyer de culture populaire de Marcq-en-Barœul (Nord, 1956), ancien président de l’Union des clubs de prévention du Nord (1963) et de la Fédération des foyers de culture populaire (1965). Une grande figure du monde de l’éducation populaire qui témoigne de son parcours en JOC.

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Louis Dooghe lors de la journée d’étude sur la fondation de la JOC à Lille

Louis Dooghe commence par partager aux participants son enfance dans le monde ouvrier avant de témoigner de ses premiers combats en JOC et à l’usine : « A l’usine, il y avait du bizutage auprès des mousses [les apprentis]. En tant que jociste, je ne pouvais pas laisser passer ça ! J’ai menacé mes collègues avec un marteau pour que ça cesse. Je l’ai lancer au travers de l’atelier et ça a cessé ».

Il poursuit en expliquant les luttes menées avec les jocistes et surtout la confiance qu’il a reçu d’un mouvement qui a su croire en lui : « La JOC m’a permit de vaincre ma timidité, de comprendre que j’avais des capacités. J’ai fondé le premier club de prévention du Nord et j’ai participé à la rédaction des textes fondateurs du métier ! Moi ! Le petit ouvrier ! ».

La semaine prochaine, découvrez les grandes lignes du témoignage de Paul Destailleur, ancien jociste des années 60, militant syndical et politique à Roubaix.

Retrouvez l’intégralité des interventions et des témoignages de la journée d’étude du 18 novembre 2017 dans les actes de la journée d’étude à paraître très bientôt.

La Mission Ouvrière et le CCFD célèbrent un Noël fraternel dans les Weppes

Cette année, la Mission Ouvrière et le CCFD du doyenné Haubourdin-Weppes ont choisi de fêter Noël ensemble autour d’un thème qui les uni : la fraternité. Une fraternité qui se vit dans nos quartiers populaires par des initiatives créatrices de lien social et nos luttes dans le monde du travail. Une fraternité qui se vit aussi par la solidarité avec ceux qui agissent dans les pays du Sud contre la faim et pour le développement. C’est cette fraternité dont Noël est un signe fort qui a réunit près d’une cinquantaine de personnes dans la salle St Jean de Wavrin le dimanche 17 décembre.

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A leur arrivée, les participants sont accueillis avec un jus de fruit ou un café. Ils sont ensuite invités à noter leur nom sur une étiquette et les engagements fraternels auxquels ils participent sur une étoile. Philippe, Véronique, Pierre, Marie-France… Au fur et à mesure des arrivées, les noms sont déposés au pied de Marie, Joseph et Jésus dans la crèche. CCFD, ACO, CGT, Vie Libre, Magdala, FCPE… Chaque étoile, chaque engagement, est accroché dans le ciel de la crèche comme autant de guides dans la construction du Royaume de Dieu.

Une fois le ciel rempli d’étoiles, les participants s’installent en petit groupes. Après un temps de présentation, ils échangent autour de la question : De quels gestes de fraternité suis-je témoin, suis-je acteur ? C’est alors une avalanche de belles rencontres, de récits de vie, de combats militants qui sont partagés. Untel témoigne de son action caritative au CCFD, au Secours Catholique ou auprès des migrants. Un autre dit sa joie d’accompagner des jeunes de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne ou des enfants de l’Action Catholique des Enfants. Une autre partage son combat dans son entreprise pour faire respecter les droits et la dignité d’une collègue en souffrance.

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Les organisateurs invitent alors chaque groupe à dire ce qu’il y a de comment dans tous leurs témoignages. Chaque groupe prend la parole. L’un d’entre eux dit : «  Au début, il y a l’attention aux autres. C’est ce qui nous conduit à nous engager. Car nous sommes tous filles et fils de Dieu. Personne ne compte pour du beurre. Il y a aussi la confiance. Celle que l’on donne a ceux avec qui ont agi. Mais aussi celle qu’on nous fait et qui nous fait prendre conscience de nos capacités. Enfin il y a la cohérence. On ne peut pas aider ceux qui souffrent des injustices sans combattre le système économique qui provoque ces injustices ».

Les salves d’applaudissements se succèdent. Pour mettre ces riches échanges en valeur, chaque participant est invité à écrire, dessiner, illustrer ce qu’il a dit sur un grain de folie, c’est a dire une boule de polystyrène comme celle qui ont déferlées dans les rues de Lille à l’occasion des 60 ans de la Mission Ouvrière à Lille, le 23 septembre 2017. Puis les grains de folie sont mit en guirlande avec des petites figurines sur lesquelles son noté les noms des personnes avec qui son vécues les actions fraternelles. Les guirlandes sont ensuite accrochées dans le sapin de Noël.

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C’est alors que le silence se fait pour regarder la vidéo du message de Noël en Mission Ouvrière. André, diacre en monde ouvrier, prend la parole pour animer un temps de célébration autour de la Parole de Dieu. Après la lecture de l’évangile, il commente : « La Fraternité c’est jamais gagné ! Noël nous invite à mouiller la chemise pour aller aux périphéries ».

Un bel après midi qui se fini par la prière du Notre Père, un chant et surtout un goûter de Noël qui fleure bon la coquille et le chocolat chaud.