Nathalie Brahimi : de l’ACE aux quartiers populaires d’Hazebrouck

fullsizerender-1Nathalie Brahimi a débuté son engagement en Mission Ouvrière par la porte des enfants. « Avec mon mari, on voulait s’investir pour les enfants. C’est comme ça qu’on a démarré l’Action Catholique des Enfants il y a 25 ans ». Une intuition qui la porte toujours aujourd’hui comme animatrice laïque en pastorale missionnée pour l’ACE et les quartiers populaires d’Hazebrouck : « Le lien avec les enfants me portent, être a leur écoute, les suivre, les accompagner… c’est une chance ».

Responsable bénévole, elle travaille de nombreuses années dans le négoce de matériaux « J’ai travaillé dans une entreprise de matériaux. On m’a fait changer de poste de la comptabilité à la vente puis à la manutention. J’ai démissionné car l’entreprise n’avait plus l’aspect familiale des débuts, c’était devenu plus brutal ». C’est alors qu’elle est appelée à devenir permanente pour l’ACE.

De nombreux enfants d’Hazebrouck peuvent témoigner de son engagement au service de l’ACE durant ces années. Nathalie poursuivra son parcours en se formant au Centre Interdiocésain de formation PAstorale et Catéchétique (CIPAC) de Lille afin de devenir une animatrice laïque en pastorale accomplie et pour proposer les sacrements aux enfants en mouvement. Ce dont elle témoigne avec joie « Les demandes de baptême des enfants comme Maïlla, Lucien et Eva qui a été baptisée en avril me touchent énormément. C’est parfois des enfants qui vivent des difficulté dès le plus bas age mais qui voient le Christ dans leur vie. Ils en parlent si simplement en disant simplement  »Jésus est dans mon cœur. » »

Comme beaucoup c’est à l’occasion de Diaconia, le grand événement de l’Église de France sur le service du frère, que Nathalie a le déclic pour s’investir auprès des adultes des quartiers populaires en lien avec Cécile Rouzé.

Nathalie ne chôme pas entre les nombreux événements de la pastorale en quartiers populaires comme le noël de la Mission Ouvrière, les divers festivités comme la fête du printemps, les sorties, les partages et les activités toujours grandissantes de l’ACE. « Cette année on a fait un concours de recettes, une pièce de théâtre, un petit jardin et toujours des jeux… Ce qui est beau c’est que les enfants ont vraiment porté ça eux même ».

Aujourd’hui, Nathalie veut continuer de faire vivre l’ACE avec les jeunes responsables de club qu’elle soutient. Elle veut aussi permettre aux adultes des quartiers populaires de poursuivre leur dynamique conviviale et spirituelle en se formant et en s’ouvrant au plus grand nombre.

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Encourager l’appel au diaconat dans le milieu ouvrier et les quartiers populaires

Il y a quelques années, les acteurs de la Mission Ouvrière du diocèse de Lille ont été marqué par un paradoxe : Si les diacres sont des ministres ordonnés appelés à aller aux périphéries de l’Église, comment se fait il qu’il y en ait si peu qui viennent du milieu ouvrier et des quartiers populaires ? De cette interrogation est née une commission de travail qui vise a encourager l’éclosion de vocations au diaconat dans le milieu ouvrier et les quartiers populaires.

Sous la direction du délégué diocésain à la Mission Ouvrière, cette commission réunie des représentants de chaque composante de la Mission Ouvrière ainsi qu’un représentant du conseil diocésain du diaconat.
Ils se retrouvent tous les trimestre autour de 5 objectifs :

  • Encourager le réseau de Mission Ouvrière a être attentif à l’appel au diaconat
  • Détecter les personnes, recevoir les témoignages et construire le dossier pour préparer des appels en lien avec les vicaires épiscopaux
  • Suivre les candidats et rester en lien durant leur formation
  • Réfléchir aux lettres de mission des futurs diacres avec les vicaires épiscopaux.
  • Être attentif aux diacres déjà ordonnés qui agissent dans le milieu ouvrier et les quartiers populaires

L’an dernier, cette commission avait travaillé un appel à tous les acteurs de la Mission Ouvrière : osons-appeler-des-diacres

Car chacun doit être attentif a appeler des personnes au diaconat permanent. Cet appel ciblait 3 milieux prioritaires mais non exclusif : la grande distribution, le monde de la santé et les milieu associatif.

Grace au travail de cette commission des personnes du milieu ouvrier et des quartiers populaires ont été ordonnés diacre et sont signe d’Eglise au cœur du monde  !

Si vous connaissez une personne qui vit dans le monde du travail ou les quartiers populaires et que vous jugez digne d’être appelé au diaconat, n’hésitez pas ! Contactez nous et nous étudierons avec vous cette possibilité. (Contacts sur l’appel ci-dessus)

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Les membres de la commission du diaconat en milieu ouvrier et quartiers populaires

Philippe et Damien : Deux nouveaux diacres engagés en Mission Ouvrière

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Damien

Le 15 octobre 2016, Damien Bindault, séminariste originaire de Roubaix et accompagnateur de la JOC de la fédération de Dunkerque a été ordonné diacre en vue de devenir prêtre à l’église Saint Jacques de Grande Synthe.

Lors de cette célébration simple et émouvante, Damien a remercié ses amis séminaristes, ses accompagnateurs, sa grand mère mais aussi les prisonniers de la maison d’arrêt de Dunkerque dont il est l’aumônier et les jeunes militants de la JOC qu’il a invité a se lever et qui furent chaudement applaudit.

Les chrétiens de Roubaix ont organisé un bus pour assister en nombre à l’ordination diaconale de l’enfant du pays. Cette ordination est une joie et une fierté pour toute la Mission Ouvrière et en particulier pour celle de Roubaix et du Littoral Dunkerquois où Damien est installé depuis 2 ans.

Découvrez quelques photos de l’ordination de Damien sur le site du diocèse de Lille.

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Philippe et Geneviève

Le 23 octobre 2016, Mgr Ulrich a ordonné 4 nouveaux diacres permanents en la cathédrale Notre Dame de la Treille. Parmi eux, Philippe Plichon et sa femme Geneviève, tous les deux militants de longue date de la JOC, puis de l’ACO et de la Mission Ouvrière.

Président du club de basket de sa ville de Wavrin, engagé politiquement et délégué syndical dans son entreprise, quelle joie de voir ordonné diacre un homme engagé au cœur du milieu ouvrier et de la vie locale. Une personne investie des les combats des travailleurs pour le respect de leur dignité de fils et filles de Dieu. C’est pour signifier ces engagements qu’il présenta à la procession des offrandes de la célébration un ballon de basket, un code du travail et le logo de la Mission Ouvrière et de ses composantes.

Les militants de la Mission Ouvrière présent en nombre et ont fait connaître leur joie en agitant des morceaux de tissus au moment du sacrement de Philippe qui a été missionné pour l’équipe de l’ACO de l’agglomération lilloise.

Découvrez quelques photos de l’ordination de Philippe sur le site du diocèse de Lille.

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Les offrandes de Philippe, signes de ses engagements

La Mission Ouvrière du diocèse du diocèse de Lille rend grâce à Dieu pour ce beau cadeau qu’il fait à notre monde : deux nouveaux diacres qui ont a cœur la vie du monde du travail et des quartiers populaires.

Une nordiste représente l’ACO à l’assemblée du Mouvement des Travailleurs Chrétiens d’Europe

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Le Mouvement des Travailleurs Chrétiens d’Europe (MTCE) organise un grand séminaire international et son assemblée générale du 27 au 30 octobre 2016 au Centre international Teresiano-Sanjuanista d’Ávila en Espagne.

ma-vanackereL’ACO y sera représentée entre autre par Marie-Agnès Vanackère, militante de l’ACO de Lille et membre du conseil national du mouvement. Le MTCE réunit et coordonne tous les mouvements d’action catholique ouvrière pour adultes et de pastorale en milieu ouvrier d’Europe.

Le séminaire intitulé « Les changements dans le monde du travail, causes et conséquences de ces changements pour la vie des travailleurs et de leur famille » se déroulera selon les 3 étapes de la pédagogie de révision de vie : Voir-Juger-Agir.

Après une relecture issue de toute l’Europe, les participants se pencheront sur le rapport de Cáritas Europe sur la pauvreté en Europe en companie de Pedro Fuentes, sociologue et de Thomas Wallimann, chercheur en sciences sociales qui nous proposera des perspectives pour le monde du travail d’aujourd’hui dans le cadre de la Doctrine sociale de l’Église. Enfin le séminaire se penchera sur les défis que posent le monde du travail et son évolution actuelle à l’Eglise et à la société.

Le séminaire sera suivi de l’Assemblée du MTCE qui travaillera à la préparation de l’Assemblée Générale du Mouvement Mondial des Travailleurs Chrétiens, MMTC, qui se tiendra en juillet prochain également dans la ville d’Avila et qui rassemblera des représentants des mouvements de travailleurs chrétiens du monde entier.

Bon travail à eux !

La Mission Ouvrière des Flandres fait le point et aiguise ses projets d’avenir

Les responsables de la Mission Ouvrière du doyenné Cœur de Flandres se sont réunis le 24 octobre 2016 pour relire les dernières temps forts et pour préparée cette nouvelle année qui promet beaucoup.

Cécile Rouzé et Nathalie Brahimi, les deux responsables missionnées ont accueillies Marie Claire, Christine, Blandine, Bernard, Nicole, Danielle, Odette, Abel, Lucas, Bernard et Stéphane. Tous membres de l’ACE, de l’ACO, des quartiers populaires d’Hazebrouck et de Merville, prêtre ouvrier ou délégué diocésain à la Mission Ouvrière.

Tout ce beau monde a prit le temps de relire les dernières activités de la Mission Ouvrière depuis la dernière rencontre de juin 2016. Un diaporama a permit de mettre en valeur ces derniers temps forts :

En juin 2016, Une grande sortie a réunit des dizaines de personnes pour passer une journée au sanctuaire de Sainte Rita à Vendeville et au parc paysager Mozaic à Houplin-Ancoisne. Plus qu’une journée de loisirs, c’est un vrai temps de partage, de convivialité, de spiritualité et d’ouverture culturelle que la Mission ouvrière – Quartiers populaires a proposé à chacun. Le résumé est dans la revue « Vivre Ensemble » de la Mission Ouvrière des Flandres d’octobre 2016 : vivre-ensemble-septembre-2016-c

20160821_205817-e1472995980475Les enfants et leur responsable ont participé au camp d’été diocésain de l’ACE à Oye plage. Lucas (au centre de la photo), jeune responsable d’un club ACE à Hazebrouck et animateur du camp en témoigne : «Lors de ce camp ACE j’ai beaucoup appris sur les enfants dont certains vivent des situations de vie difficile. Il y avait une petite fille d’Afrique du Sud qui était très joyeuse et une fille d’un quartier difficile avait du mal à se mélanger du groupe. On a fait ce qu’il faut pour qu’elle ait sa place. Ce fut 4 jours superbe. Je me suis découvert capable d’animer des temps. On était 8 animateurs et on se complétait. Je ne savais pas que j’étais capable faire ça ».

Le 28 septembre 2016, la Mission Ouvrière a co-organisé la fête « Osons la fraternité » qui a réunit une centaine de personne à Bailleul. Vous trouverez un résumé complet dans la revue « Vivre Ensemble » d’octobre 2016 : vivre-ensemble-octobre-2016-c

La journée mondiale du refus de la misère a mobilisé beaucoup de monde à Merville et à Hazebrouck du 15 au 17 octobre 2016.
A Merville, la Mission Ouvrière a animé une messe spéciale autour de la chanson « un homme debout » de Claudio Capéo et avec un diaporama :diapo-refu-de-la-misere-2016-pdf. Des échanges, l’exposition « Lille de nos rêves », une soupe et une grande marche ont aussi eu lieu.
A Hazebrouck, les activités ont eu lieu en intérieur et en extérieur avec la participation des actions symboliques marquantes (mur…) et le remplissage de l’enquête de la JOC par une trentaine de jeunes.

Bref il s’est passé beaucoup de belles choses dans la vie de la Mission Ouvrière – Quartiers populaires des Flandres. La relecture de ces événements s’est fait à la lumière d’une prière publiée dans « Foi d’un peuple » n°177 :

Il en est ressorti des paroles fortes :
« « Tu vas vite te rendre compte que tu ne marche pas seul » dit la prière. C’est vrai. Quand on prépare on a l’impression qu’on est pas nombreux mais quand ce qu’on a préparé à lieu on se rend compte que non ».
« Au moment de la relecture on prend conscience de l’importance des rencontres et la présence de Dieu. C’est pour ça qu’il nous faut des lieux pour relire ».
« En marchant, en bougeant, on va plus facilement vers les autres. On apprend à se reconnaître face à la fatigue et la souffrance ».

Les prochains mois s’annoncent dynamiques car de nombreux événements sont prévus : la fête de Noël en Mission Ouvrière le vendredi 16 décembre à Hazebrouck, l’épiphanie, la fête de la Chandeleur…
Autant de fêtes chrétiennes qui sont autant de prétextes pour faire vivre le message d’Amour de l’Évangile par la rencontre, l’écoute et le partage.

Soutenir des jeunes engagés ? Rien de plus simple avec l’Éveil JOC de Lille

Le lundi 7 novembre 2016 de 18h30 à 21h00, la JOC de l’agglomération lilloise vous invite à un Éveil JOC qui aura lieu à la Maison de la Mission Ouvrière (57, rue des meuniers à Lille).

Vous êtes sensibles à la place des jeunes dans la société et dans l’Église ? Vous pensez que les jeunes de milieux populaires ne sont pas jugés à leur juste valeur et qu’ils méritent d’être soutenu ? Vous souhaitez leur donner un peu de temps et leur apporter votre écoute, votre expérience et vos savoirs faire ?

Avec Éveil JOC, découvrez comment soutenir des jeunes engagés qui veulent faire bouger leur vie et le monde qui les entoure !

Invitez et venez nombreux.

Invitation : eveil-joc-lille-par-2

Contacts :
Cécile Boulanger : 06 16 91 44 51
Thérèse Bartier : 03 20 95 01 86

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Anne Marie Lebrun : ma fragilité c’est ma force pour comprendre les autres

Chaque année, la Mission Ouvrière forment des centaines de militants. Certains deviendrons de grands leaders politiques, associatifs, ecclésiaux et syndicaux. Mais la grande majorité consacrent leur vie à un engagement au plus près de la vie des hommes et des femmes du milieu ouvrier. Un engagement discret, un engagement de serviteur…

C’est cette voie qu’Anne Marie Lebrun a choisie de vivre. Membre de l’équipe de coordination de la Mission Ouvrière de Roubaix et environs depuis 3 ans au coté de Gérard Vandevyver et Jérôme Montois, elle veut être attentive à la vie du milieu ouvrier. « Heureusement que la Mission Ouvrière existe ! Cette attention à la vie des gens modestes c’est notre force. Lors de nos rencontres, on parle surtout de la vie des quartiers, des rencontres… pas de fonctionnement interne ».

anne-marie-lebrunCette attachement à la vie des plus modestes et cette attention à leur fragilités, Anne Marie la tire de son expérience personnelle : « J’ai une malformation cardiaque qui m’empêche de faire trop d’efforts. C’est un handicap qui ne se voit pas mais qui est toujours là. Ma fragilité m’aide a comprendre les personnes en fragilités, à leur être attentive ». Mais pour elle, la fragilité ne doit jamais être un frein ou une excuse à l’engagement. « A cause de ma santé, j’ai du me battre toute ma vie. Pour rester à l’école, pour trouver du travail, pour avoir un logement. Mais cette ça ne m’a jamais empêcher de travailler et de militer ! ».

Un militantisme qu’Anne Marie découvre à la JOC dans son adolescence : « A cause de mon cœur je ne pouvais pas partir en colonie de vacances, j’ai découvert la JOCF par des militantes qui animaient un camp d’été. Ça m’a permit de m’épanouir. J’y ai découvert l’impotence de l’engagement syndical ».

Comptable dans une entreprise d’accessoire automobile du valenciennois, elle bataillera pour introduire le syndicat. Après avoir réussit le concours de la fonction publique hospitalière, Anne Marie est envoyé à l’hôpital de Roubaix. « Des amies m’ont envoyé vers Maxime Leroy qui m’a mis en contact avec des gens qui m’ont aider, accueilli. Puis j’ai rejoint une équipe ACO ». Syndiquée à la CFDT puis à SUD, cet engagement fut marqué par des moments forts et des rencontres importantes.

Retraitée, Anne Marie reste engagée syndicalement mais est aussi investie dans de nombreuses initiative locales comme la table ouverte paroissiale à Wasquehal tous les derniers vendredi du mois. Mais aussi aux cours d’alphabétisation auprès de femmes adultes avec le Secours Catholique.

Dans les défis pour l’avenir du milieu ouvrier, Anne Marie est attentive au dialogue entre les religions et à l’avenir des jeunes. « J’ai des neveux et nièces et je vois des jeunes dans la rue. Ce n’est pas simple pour eux aujourd’hui ».

Dans ces défis a relever, Anne Marie poursuivra un engagement ecclésiale fort qui donne du sens à sa vie. « Je suis engagée en Église et j’y ai des responsabilités. Si je suis engagé c’est parce que j’ai fait de la JOC. J’y ai découvert Jésus Christ qui tient compte des gens, qui parle d’amour. Par mon engagement en Église je veut être solidaire avec le monde ouvrier et les plus précaires. J’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui m’ont aidé a trouver ma voie de chrétienne et de militante ».

Démantèlement du camp de Calais : appel à l’accueil et à la dignité de la JOC et de l’ACO

De nombreux militants des composantes de la Mission Ouvrière du diocèse de Lille sont engagés auprès des réfugiés pour les soutenir et leur venir en aide. L’actuel démantèlement du camp de Calais a et aura un impact fort sur les milliers de personnes qui ont prit le route pour fuir la guerre et la misère jusqu’à arriver dans le Nord. Dans ce contexte, l’Action Catholique Ouvrière et la Jeunesse Ouvrière Chrétienne lancent un appel commun à l’accueil et à la dignité :


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Courbevoie, le 25 octobre 2016

Ce lundi 24 octobre a commencé le démantèlement de la « jungle » de Calais. Le gouvernement organise le transfert en bus de 6 400 migrants(1) dans des centres d’accueil et d’orientation (CAO) présents dans toute la France.

Pour l’instant, la répartition des personnes semble se dérouler dans le calme. Nous saluons, d’ailleurs, l’organisation mise en place par le gouvernement ainsi que l’engagement pris par M. Cazeneuve à propos des demandes d’asile.

Nous souhaitons toutefois une réelle vigilance concernant l’accompagnement des migrants. Après des années de combat contre la guerre, la pauvreté, les dangers d’une vie en bidonville, nous louons leur Espérance d’une vie digne pour chaque personne humaine. Nous nous sentons proches de leur combat pour un avenir meilleur : des membres de l’ACO et de la JOC sont parties prenantes des nombreuses associations mobilisées avec les migrants à Calais et ailleurs. Nous appelons à une attention particulière, lorsque toutes les personnes volontaires auront quitté la « jungle » et qu’il ne restera plus que ceux qui veulent rester à Calais pour passer en Grande Bretagne (environ 2000 personnes selon nos membres).

D’autre part, nous nous inquiétons de l’avenir. Une fois les migrants acheminés dans les CAO, comment leurs vies vont-elles s’organiser ? Les CAO sont, pour beaucoup, dans des petites villes en périphérie des métropoles. Une fois sur place, comment permettre aux migrants de se déplacer et d’accéder (lorsque leur situation le permet) à l’emploi ? Comment les aider à s’insérer socialement ? Comment l’Etat donnera-t-il les moyens aux Départements d’accueillir et d’accompagner les mineurs, et tout particulièrement ceux qui sont isolés ?

Permettons-leur de reconstruire et de continuer leur vie !

Par ailleurs, nous constations qu’un peu partout en France l’Etat se montre en difficulté quant à la prise en charge des personnes dans leurs démarches administratives. La question du logement devient souvent délicate. Les migrants se retrouvent livrés à eux-mêmes, dépendant des moyens limités des associations et des leurs bénévoles. Les situations constatées risquent de se reproduire encore et encore… En effet, comme les services de M. Cazeneuve le précisaient dans un article du Monde, la situation des migrants n’est pas vérifiée avant de partir et tout le monde est accepté dans les bus qui quittent la « jungle ». Donc une fois en régions, certains ne pourront pas rester. Que se passera –t-il alors ?

Au nom des valeurs républicaines de solidarité et d’entraide que nous défendons, au nom de notre foi en Jésus-Christ, nous encourageons chacun à appréhender sereinement la venue de migrants dans sa commune et à faire preuve de fraternité. Nous saluons encore une fois ceux qui sont déjà à l’œuvre dans ce combat pour la dignité des hommes et des femmes de ce monde.

(1) Chiffre d’après l’article du Monde du 24 octobre 2016

Lien vers le communiqué officiel de la JOC et de l’ACO

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Info JOC
Alice BODERGAT
Chargée de communication
01 49 97 00 18
alice.bodergat@joc.asso.fr

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Info ACO
Catherine BAUDIER
Chargée de communication
01 42 39 84 46
communication@acofrance.fr

Organisation, responsabilités… L’ACO du diocèse de Lille innove

Les organisations du mouvement ouvrier et les structures ecclésiales ont souvent en commun d’avoir des organisations très pyramidale. L’empilement de structures offre une force de relecture et d’organisation indéniable mais elle peut parfois s’avérer pesante. Pour éviter cela, le comité diocésain de l’Action Catholique Ouvrière a décidé d’expérimenter un nouveau mode d’organisation plus collégiale et plus communiquant.

L’ambition est grande : alléger la charge des responsables tout en conservant une force de relecture et d’organisation puissante. Le comité diocésain s’est réunit le jeudi 20 octobre 2016 à Méteren pour travailler cette nouvelle philosophie de travail. Pour enrichir leur réflexion ils ont invité Stéphane (le Délégué Diocésain à la Mission Ouvrière), Jean Marc (le Délégué Diocésain aux mouvements et associations de fidèles), Geneviève (la représentante de l’ACO à la commission diaconat de la Mission Ouvrière) et Bernard (le représentant de l’ACO au CCFD) à participer à leur réflexion.

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Le comité diocésain de l’ACO du diocèse de Lille et leurs invités

Car trouver l’équilibre n’est pas si simple. Entre une organisation très structurée, très efficace mais pesante et une organisation très horizontale, très flexible mais incapable de suivre efficacement la vie locale, il y a une juste voie à trouver. Un beau chantier qui invite chaque composante de la Mission Ouvrière a se questionner pour être toujours plus au service du peuple de Dieu en milieu ouvrier et dans les quartiers populaires.

Contact diocésain : Nadine Vanderstichel- vannad@orange.fr

Un regard ouvrier sur le texte des évêques « Retrouver le sens du politique »

livre-cefIl y a peu, les évêques de France ont publié un texte fort sur la politique dans notre pays : « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ».

A quelques mois des élections nationales de 2017, le conseil permanent de la conférence des évêques de France écrit cette lettre à tous les habitants de notre pays. Chacun d’entre nous est invité à la lire et à en faire sa propre idée. Cette lettre a beaucoup fait parler dans les médias. Elle a apporté un vent de fraîcheur au point que le quotidien Libération en a remercié les évêques au nom de la République.

Dans ce texte les évêques dressent un constat alarmant sur notre société française. Le contrat social sensée unir les citoyens autour d’un projet commun et d’un vivre ensemble ne fonctionne plus. La politique et les politiques déçoivent et les frustrations, de plus en plus grandes, fracturent le lien social et attisent les peurs et les rejets. Les personnes du milieu ouvrier et des quartiers populaires sont les premiers à vivre ces réalités.

Les évêques portent également un regard d’espoir en soulignant les forces de notre pays et en rejetant vigoureusement les tentations identitaires et la peur de l’autre en affirmant notamment « Il ne faudrait pas que les recherches et affirmations d’identités débouchent sur des enfermements identitaires. Plus que d’armure, c’est de charpente que nos contemporains ont besoin pour vivre dans le monde d’aujourd’hui ».

Dans ce texte, les évêques pointent du doigt une question fondamentale, celle du travail. La Mission Ouvrière du diocèse de Lille vous propose la relecture de son Délégué Diocésain, Stéphane Haar, sur le texte des évêques au regard de la réalité du milieu ouvrier et des quartiers populaires sur cette question du travail.

Le chômage : la grande injustice de notre société

Les évêques voient juste quand ils affirment « la grande injustice – qui devrait être davantage la priorité absolue de notre vie en société – est le chômage ».
Ils enfoncent le clou en affirmant « La situation est encore plus grave pour tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ne se sentent plus partie au contrat. Ce sont tous ceux qui sont exclus du système, les chômeurs en fin de droit, les sans domicile fixe, personnes vivant dans la précarité, qui se retrouvent  »au bord du monde » ». Puis le texte cible la question du chômage des jeunes. «  il y a également la grande difficulté pour les jeunes d’accéder au marché du travail. Beaucoup ont le sentiment que cette société n’a pas besoin d’eux, ne leur fait pas de place sauf pour financer la retraite de leurs aînés ».

Attentifs aux réalités ouvrières et à la vie des plus petits, l’épiscopat français dresse un constat qui tape dans le mille. Les relectures et les partages menées par l’ACO ainsi que les enquêtes de la JOC ces dernières années partagent le même constat. Le chômage de masse et la précarité du travail ont un impact destructeur sur les travailleurs et sur leur familles. Quels projet faire sans travail ? Quel avenir ? Quelle confiance en soi et en la société ?

La fabrique des invisibles

Le chômage et la précarité transforment peu à peu ceux qui sont la force vitale de ce pays en  »invisibles » qui ne comptent plus et ne sont pas entendus. Ainsi l’insécurité professionnelle devient une insécurité sociale puis une invisibilité citoyenne.

Les évêques soulignent cette réalité « C’est une insécurité réelle dans certains cas, parfois seulement un ressenti et une crainte. Ainsi, le travail n’est plus autant protecteur que par le passé, et il n’est plus rare de trouver des familles qui connaissent le chômage depuis deux ou trois générations, avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer ».

L’impuissance des politiques

Face à ces difficultés le texte fustige l’impuissance des politiques publiques et la perte de crédibilité du politique qui en découle. « La crise de la politique est d’abord une crise de confiance envers ceux qui sont chargés de veiller au bien commun et à l’intérêt général. Des ambitions personnelles démesurées, des manœuvres et calculs électoraux, des paroles non tenues, le sentiment d’un personnel politique coupé des réalités, l’absence de projet ou de vision à long terme, des comportements partisans et démagogiques… sont injustifiables et sont devenus insupportables ». Ils dénoncent la technicisation de la vie politique qui exclue de facto les gens ordinaires de la citoyenneté. Ils appellent a retrouver le sens du politique car « on ne fait pas vivre ensemble des individus avec de seuls discours gestionnaires ».

Les événements récents de la vie ouvrière ne font que renforcer ce constat. Que ce soit aux hauts-fourneaux de Florange en Lorraine, dans les usines d’Alstom à Belfort ou dans les entreprises du diocèse les pouvoirs publics se sont montrés impuissants contre les délocalisations et les fermetures d’usines. Pire, malgré les flots de contrats aidés et les aides financières déversées par milliards dans les caisses des entreprises par l’état le nombre de chômeurs et de précaire n’a cessé de croître.

Tout est fait pour dire aux travailleurs peu ou pas qualifiés que la France n’a plus besoin d’eux. Et pire que d’en faire des invisibles on veut maintenant en faire de coupables. C’est ce qui ressort des propositions de certains responsables politiques qui veulent contrôler les chômeurs, les faire travailler bénévolement et lutter contre la fraude. Une fraude bien évidemment due à la mauvaise volonté des plus pauvres.

L’analyse lumineuse du pape François

Bref, on ne peut que saluer la justesse des constats des évêques sur la question de l’emploi. Mais on peut aussi regretter qu’ils s’arrêtent à l’orée de cette problématique fondamentale et n’osent pas aller aux causes, aux origines du problème.

Face au chômage et à la précarité, nos évêques sont même un peu ambiguës quand ils dénoncent la « juridicisation croissante de notre société » et appellent à « sortir du « tout juridique », et de la logique exclusive du contrat qui prévoit tout, pour retrouver des espaces de créativité, d’initiative, d’échanges, de gratuité… ». Si cet appel a du sens dans le domaine sécuritaire, dans le monde du travail il pose de vrais questions car la réduction, voir la suppression des normes et notamment du code du travail, est une revendication ancienne du patronat. Or comme le disait le grand penseur chrétien Henri Lacordaire « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ». Il en est malheureusement de même face au chômage et à la précarité.

En effet, si le chômage est élevé, si les injustices grandissent, si le contrat social est mis à bas ce n’est pas un problème pour tout le monde. Certains en pâtissent et d’autres en profitent. Certains en sont responsables et d’autres le subissent.

Sur cette question l’encyclique Evangelii Gaudium du pape François apporte une analyse lumineuse : « De même que le commandement de “ne pas tuer” pose une limite claire pour assurer la valeur de la vie humaine, aujourd’hui, nous devons dire “non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale”. Une telle économie tue. Il n’est pas possible que le fait qu’une personne âgée réduite à vivre dans la rue, meure de froid ne soit pas une nouvelle, tandis que la baisse de deux points en bourse en soit une. Voilà l’exclusion. On ne peut plus tolérer le fait que la nourriture se jette, quand il y a des personnes qui souffrent de la faim. C’est la disparité sociale. Aujourd’hui, tout entre dans le jeu de la compétitivité et de la loi du plus fort, où le puissant mange le plus faible. Comme conséquence de cette situation, de grandes masses de population se voient exclues et marginalisées : sans travail, sans perspectives, sans voies de sortie. ».

Le pape ose dénoncer ce qui détruit vraiment le contrat social : « Alors que les gains d’un petit nombre s’accroissent exponentiellement, ceux de la majorité se situent d’une façon toujours plus éloignée du bien-être de cette heureuse minorité. Ce déséquilibre procède d’idéologies qui défendent l’autonomie absolue des marchés et la spéculation financière. Par conséquent, ils nient le droit de contrôle des États chargés de veiller à la préservation du bien commun. Une nouvelle tyrannie invisible s’instaure, parfois virtuelle, qui impose ses lois et ses règles, de façon unilatérale et implacable. De plus, la dette et ses intérêts éloignent les pays des possibilités praticables par leur économie et les citoyens de leur pouvoir d’achat réel. S’ajoutent à tout cela une corruption ramifiée et une évasion fiscale égoïste qui ont atteint des dimensions mondiales. L’appétit du pouvoir et de l’avoir ne connaît pas de limites. Dans ce système, qui tend à tout phagocyter dans le but d’accroître les bénéfices, tout ce qui est fragile, comme l’environnement, reste sans défense par rapport aux intérêts du marché divinisé, transformés en règle absolue ».

Ainsi à l’approche des élections à venir, la Mission Ouvrière du diocèse de Lille invite chacun à lire le texte des évêques et à en partager les constats. Puis à lire l’encyclique « Evangelii Gaudium » et à en partager l’analyse. Nous sommes surtout invité à agir au quotidien comme le font les jocistes qui organiseront le 15 avril 2017 à Paris un grand rassemblement national sur le thème « Dignes et travailleurs ».

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