Aux origines de « Grains de Folie » : spiritualité d’une action symbolique de la Mission Ouvrière

La Mission Ouvrière du diocèse de Lille a fêté ses 60 ans le 23 septembre 2017 en organisant une action symbolique et festive appelée « Grains de Folie ». Cette initiative, sur une place publique en plein cœur de Lille, peut être qualifiée d’audacieuse pour cette institution d’Eglise habituée à rester être discrète. Est-ce un simple coup de com’ ou cela va-t-il bien plus loin ? Voyage aux origines humaines et spirituelles de « Grains de folie ».

La Mission Ouvrière : 60 ans d’évangélisation discrète et efficace au coeur du monde ouvrier

Créée en 1957 par l’Église de France pour coordonner les acteurs de l’évangélisation du monde ouvrier et des quartiers populaires, la Mission Ouvrière a 60 ans. 60 ans durant lesquelles l’action catholique des enfants (ACE), la jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), l’action catholique ouvrière (ACO), les prêtres ouvriers et toutes les autres composantes de la Mission Ouvrière n’ont cessé de vivre en actes et en paroles la Bonne Nouvelle de Jésus Christ dans le monde ouvrier et les quartiers populaires. Au point de devenir des acteurs incontournables du mouvement ouvrier et de l’éducation populaire dans notre pays. Une histoire riche qui a permit des centaines de milliers d’enfants, de jeunes, de femmes et d’hommes de vivre une émancipation matérielle, sociale et spirituelle.

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Vidéo sur les origines et l’histoire de la Mission Ouvrière

Mais les 60 ans de la Mission Ouvrière c’est aussi 60 ans de discrétion. Créée juste avant le concile Vatican II qui a profondément modernisé l’Église catholique, la Mission Ouvrière est marquée par la pastorale de l’enfouissement. Une méthode d’évangélisation audacieuse mais discrète qui part du principe que ce sont les actes qui témoignent le mieux de l’Évangile, bien plus que les rites et les grands discours. Ainsi les chrétiens sont appelés a être présent dans tous les lieux de vie du monde ouvrier : quartiers, associations, syndicats, partis politiques, structures de loisirs… et à y embrasser pleinement la vie et les combats de la classe ouvrière pour y témoigner de l’amour de Dieu par leurs actes, leur combat pour la dignité et leur dévouement au service de leur frères.

Une méthode qui a eu une réelle efficacité tant pour l’annonce de l’Évangile que pour la construction d’un monde plus juste et fraternel. Une efficacité due au fort maillage associatif du milieu ouvrier. Depuis le début du 20ème siècle, le mouvement ouvrier a construit un incroyable entrelacement d’associations, de syndicats, de coopératives qui structuraient complètement la vie des personnes du milieu ouvrier. Personne n’était laissé seul et il y avait une association pour chaque problème et chaque thématique. Les composantes de la Mission Ouvrière ont su trouver leur place dans cet entrelacement et permettre ainsi a des milliers de personnes de devenir acteurs de leur vie, de la société et de l’Église. Les acteurs des composantes de la Mission Ouvrière se sont également pleinement investi dans d’autres organisations ouvrières où ils ont prit des responsabilités et ont mené un impressionnant travail apostolique.

Maintenant ! Proclamer une parole qui libère !

Mais le tournant ultra-libéral des années 80 a tout changé. Les politiques publiques de précarisation du marché du travail et de mise en concurrence des personnes ont cassé un grand nombre d’organisations ouvrières et en ont affaiblies d’autres, laissant des millions de travailleurs pauvres, isolés face à leurs problématiques et les mettant à la merci des idéologies les plus rétrogrades. Ces personnes milieu ouvrier et des quartiers populaires ont été frappés de plein fouet par les changements sociaux, politiques et économiques d’une grande violence que résume bien le pape François dans l’exhortation apostolique  » La joie de l’Évangile  » «  Aujourd’hui, tout entre dans le jeu de la compétitivité et de la loi du plus fort, où le puissant mange le plus faible. Comme conséquence de cette situation, de grandes masses de population se voient exclues et marginalisées : sans travail, sans perspectives, sans voies de sortie ».

Cette religion de l’argent-roi menace tout ce qui est faible ou fragile. Elle menace tout ce qui protège comme le droit du travail, la protection sociale et les structures qui les défendent. Présentés il y a peu comme les indispensables bâtisseurs de l’économie française, les salariés sont maintenant dépeint comme des coûts de production, des poids morts freinant l’économie des plus riches, des résidus enfermés dans des cités dortoirs. Ils sont rendu inaudibles, invisibles, inutiles…

Dans ce contexte, la pastorale de l’enfouissement perd de son efficacité. Car il y a dans le milieu ouvrier et les quartiers populaires une grande rage d’exister, de construire sa vie et d’être reconnu. Une rage qui, du fait de la destruction du maillage social du monde ouvrier, est bien moins portée et bien moins entendue que par le passé. Cette rage de vivre dignement est la même que celle des hébreux esclaves en Égypte à qui Dieu dit « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens » (Exode 3 ; 7).

Une rage qui est la même que ceux à qui Saint Paul affirmait « Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est. » (Épître de de Saint Paul aux Corinthiens 1;25-28)

Dans un monde qui chaque jour les écrase un peu plus, les personnes du monde ouvrier ont besoin de ce message d’amour et de révolte de l’Évangile. Alors il faut le proclamer haut et fort à chaque fois que cela est possible. Fêter l’anniversaire de la Mission Ouvrière c’est redire que Dieu aime chacun de ses enfants, en particulier les plus petits. C’est redire que l’Église fait confiance a ceux en qui personne ne fait confiance : les enfants, les jeunes des quartiers, les travailleurs pauvres, les chômeurs… C’est le sens que la Mission Ouvrière du diocèse de Lille à voulu donné à son anniversaire.

Comme toujours : partir de la vie

Lors du Conseil Diocésain de la Mission Ouvrière du 8 février 2017, les composantes de la Mission Ouvrière ont partagé la vie des personnes du milieu ouvrier de notre diocèse :

« Une dame de 70 ans distribue la pub dans mon quartier car elle a une faible pension. Bientôt elle sera pistée par GPS par son employeur pour contrôler sa productivité ».
« Dans les maisons de l’enfance, on ne parle plus d’enfants mais de lits a remplir pour être plus rentable »
« A l’école la compétition est terrible. Ceux qui ne réussissent pas souffrent et ceux qui ont de bons résultats sont parfois exclus par les autres. Il y a une recherche de reconnaissance des adultes ».
« Au collège, la compétition prend le pas sur la coopération. Les enseignants sont évalué sur la réussite de leurs élèves, alors ça ajoute une pression ».
« En formation professionnelle, j’ai vu des jeunes mauvais à l’école se surpasser dans la recherche de l’excellence et j’en ai vu être complètement brisés par cette compétition et cette pression ».
« Dans la communauté africaine, certains ont des choses à prouver. Ils cherchent à gagner toujours plus et acceptent des emplois illégaux. Ils disent que ceux qui ne font pas comme eux sont de feignants ».
« Avec la discrimination, les migrants doivent sans cesse faire la preuve de leur efficacité par rapport aux autres ».
« Dans les petites boites du privé, certains employeurs ne respectent pas la loi volontairement car ils savent que les salariés ne les mettront pas au tribunal par peur du retour de bâton ».

Ils ont partagé ce sentiment qu’un fossé se creuse dans notre société. D’un coté une population aisée, ayant les ressources financières, sociales et culturelles pour accéder aux meilleurs places de l’emploi, du logement, de la reconnaissance politique et médiatique. De l’autre coté, une population aux moyens limités qui doivent se contenter des emplois subalternes, mal payés et précarisés. Ces derniers sont considérés comme jamais assez flexibles, assez formés, assez mobiles et toujours trop cher pour les médias et les dirigeants.

Avec le pape François, dénoncer l’hypocrisie du capitalisme

Notre foi nous poussent à vouloir comprendre pourquoi ces inégalités perdurent. Dans son discours à la rencontre mondiale des mouvements populaires le 28 octobre 2014, le Pape François rappelle que « Cela arrive quand au centre d’un système économique se trouve le Dieu argent et non l’homme, la personne humaine ».

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Le Pape François à la rencontre des ouvriers dans une usine de Gènes

Lors d’une récente audience aux participants à la rencontre « Économie de Communion » du 5 février 2017, le pape dénonce l’hypocrisie de notre système économique qui fait semblant de prendre en compte et de vouloir soigner les difficultés sociales alors qu’il les engendre et refuse de se remettre en cause : « On ne le dira jamais assez, le capitalisme continue à produire les « mis à l’écart » qu’ensuite il voudrait soigner. Le principal problème éthique du capitalisme est la création des mis à l’écart pour ensuite chercher à les cacher ou les soigner pour qu’on ne les voit plus. Les avions polluent l’atmosphère, mais avec une petite partie de l’argent du billet on va planter des arbres pour compenser les dommages créés. Les sociétés de jeux de hasard financent des campagnes pour traiter les joueurs pathologiques qu’ils créent. Et le jour où les entreprises d’armement financeront des hôpitaux pour soigner les enfants mutilés par leurs bombes, le système aura atteint son apogée. C’est de l’hypocrisie ».

On pourrait apporter tant d’exemples : les entreprises bénéficiaires licencient mais cotisent pour financer une cellule de reclassement. Les banques font rêver les plus pauvres avec des crédits à la consommation hors de prix mais rappellent sur leurs prospectus que le crédit doit être responsable. Les politiciens refusent d’accueillir les réfugiés qui fuient la guerre mais organisent en grande pompe des cérémonies sur les droits de l’homme.

Quand la folie de l’argent-roi se déguise en raison

Cette relecture montre que notre système économique est devenue une implacable machine au service du dieu Argent. Une machine qui écrase tout ce qui petit, faible, solidaire et juste. Une machine devenue complètement folle. C’est ce partage de vie qui donna naissance à l’action symbolique « Grains de folie ».

Cette folie de l’argent-roi sait se cacher sous des oripeaux de sagesse et de raison. Ainsi les décisions inhumaines et injustes sont revêtues du sceau de la raison et de la logique économique. Délocaliser une entreprise bénéficiaire pour faire plus de profit ? C’est sage ! C’est le jeu économique ! Fermer les frontières au nez des réfugiés qui fuient la guerre ? C’est sage pour notre économie ! Supprimer des postes en crèche, dans les hôpitaux, dans les forces de l’ordre, dans les écoles ? C’est sage pour le budget de l’État !

De même les propositions basées sur les besoins des plus faibles sont vilipendées comme des aberrations. Avoir des classes avec peu d’élèves ? C’est une folie pour le budget de l’éducation nationale ! Embaucher une jeune sans expérience ? C’est un risque trop grand pour les entreprises ! Investir dans certains quartiers ? Faire confiance et donner les moyens à ceux qui veulent s’en sortir ? Ces gâcher des moyens en soutenant des fraudeurs et des feignants !

La folie de la fraternité pour répondre à la folie de l’argent

Mais « ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort » nous rappelle Saint Paul. Ainsi à la folie de l’argent-roi doit répondre la folie de la fraternité et de l’amour. Car pour chaque situation injuste vécue dans le monde ouvrier, les acteurs de la Mission Ouvrière peuvent répondre par une initiative de fraternité et de justice.

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Un grain de folie lors de l’action symbolique du 23 septembre 2017 à Lille

Dans tout les lieux de vie, il y a des gens qui se battent pour que la dignité des personnes du monde ouvrier et des quartiers populaires soit respectés. Simple citoyen, militant, responsable associatif, syndical ou politique… Tous donnent de leur temps et du peu d’argent qu’ils ont pour créer du lien social, défendre les droits des travailleurs et des migrants, combattre le racisme et les discriminations, respecter la création…

Dans un monde où la rentabilité financière est devenue la mesure de toutes choses, ces personnes passent pour des fous. Des fous qui sont souvent habité par la douce folie de l’Évangile. Toutes ces folies méritent d’être misent en lumière car chaque initiative de solidarité, de fraternité, de gratuité sont autant de grains de sable qui viennent enrayé la machine de l’argent-roi… Ce sont des grains de folie.

Une action en sortie, en symbole et en fête

Dénoncer la folie de l’Argent-roi et mettre en lumière les initiatives de fraternité, la Mission Ouvrière et ses composantes le font depuis 60 ans. Alors comment faire du neuf ? L’exemple est venu de la JOC. Un mouvement que dès sa fondation a fait sortir ses militants en pleine rue pour donner la parole aux jeunes du milieu ouvrier au travers de grandes enquêtes. Une attitude en sortie que le pape François a voulu étendre à toute l’Église dans l’exhortation apostolique La joie de l’Évangile : « L’Église “en sortie” est la communauté des disciples missionnaires qui prennent l’initiative, qui s’impliquent, qui accompagnent, qui fructifient et qui fêtent. »

GdF - Accrochage collectif

Le conseil diocésaine de la Mission Ouvrière sous la présidence de Mgr Ulrich, archevêque de Lille, a donc fait le choix de faire un anniversaire « en sortie » sur une place publique de Lille. Une initiative participative et une initiative symbolique avec trois objectifs :
– Dans le suite de la rencontre national de la Mission Ouvrière et du synode provincial, sortir de notre confort, de ce qu’on sait faire, pour aller vers.
– Mettre en lumière les « folies » de ceux qui croient dans la dignité des gens simples dans la rue et les médias.
– Vivre un temps de fête qui marque l’esprit des participants et leur donne de la force.

A l’image du Christ qui s’exprimait en parabole pour être compris de tous, la Mission Ouvrière a fait le choix d’un événement qui portera son message par des symboles et non par des discours ou des textes. Un événement dont le message pourra être compris de tous et auquel tout le monde pourra participer, les militants comme les passants.

Enfin un événement qui est une vraie fête avec un grand gâteau d’anniversaire, un verre de l’amitié, de la musique et de la convivialité. Parce que chaque moment de joie est un don de Dieu et un témoignage de son amour infini pour l’humanité.

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Aux origines de l’action symbolique « Grains de folie » qui a eu lieu samedi 23 septembre 2017 en plein cœur de Lille, il y a donc bien plus qu’on peut le croire.

 

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Les médias parlent de l’action symbolique « Grains de folie »

Le samedi 23 septembre 2017, la Mission Ouvrière du diocèse de Lille a créé l’événement en fêtant ses 60 ans au travers d’une action symbolique en plein cœur de Lille :  » Grains de folie « . Un événement festif dont la presse s’est fait l’écho.

Avant l’action symbolique, Croix du Nord a annoncé l’initiative dans un article daté du 22 septembre 2017. La Voix du Nord a également annoncé l’événement dans son édition lilloise du 23 septembre 2017.

Le jour de l’événement Croix du Nord a réalisé un bel article intitulé « Lille : les 60 ans de la Mission Ouvrière » avec des témoignages et de belles photos.

La Voix du Nord a également partagé les temps forts de cet événement dans son article « Des grains de folie pour bloquer l’engrenage de l’égoïsme ».

Enfin, l’événement a été filmé par une équipe de télévision réalisant un grand documentaire sur les catholiques en France pour une grande chaîne de télévision nationale.

GdF - Médias
Equipe de film documentaire lors de l’événement « Grains de folie »

 

« Grains de folie » une action symbolique de la Mission Ouvrière dans le diocèse de Lille

Samedi 23 septembre 2017 aurait pu être un samedi ensoleillé comme les autres dans les rues commerçantes de Lille. Mais ce ne fut pas le cas. Sur une place à proximité de la gare Lille Flandres, le regard des badauds est attiré par une grande construction artistique faite d’engrenages géants. Autour de ses engrenages, les passants s’agglutinaient demandant autour d’eux ce qui se passe. L’un d’entre eux répond  » C’est l’anniversaire des 60 ans de la Mission Ouvrière. On fait une action symbolique pour dénoncer les injustices dans le monde ouvrier et pour montrer tout ce qui se passe de bien, de solidaire, de fraternelle dans nos quartiers… « 

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Les gens se pressent autour de l’action symbolique

Fêter un anniversaire par une action symbolique en pleine rue ! Une première pour la Mission Ouvrière, cette institution créée en 1957 par l’Église catholique pour coordonner ses activités dans le monde ouvrier et les quartiers populaires. Les acteurs de l’action catholique des enfants (ACE), de la jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), de l’action catholique ouvrière (ACO) et des autres composantes de la mission ouvrière du diocèse de Lille ont fait le choix de vivre un anniversaire en sortie, directement à la rencontre des personnes avec la volonté de porter un message fort au passants :

« Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est. »

Ces paroles écrites par Saint-Paul aux chrétiens de Corinthe, il y a près de 2000 ans apparaissent bien à contre-courant de notre société de plus en plus transformée en une implacable machine à fric au service des plus riches qui ont réussi, souvent en écrasant leurs prochains. Une machine dont les engrenages broient les personnes du milieu ouvrier et des quartiers populaires, laissés au bord de la route dans le monde du travail, à l’école, dans la vie sociale et culturelle…

GdF - Ouverture à trois
Lancement de l’action symbolique par Maïana, Stéphane et Sophie

C’est autour de cette machine que sont réunis les passants et des acteurs de la Mission Ouvrière venus de tout le diocèse de Lille. Ces derniers portent dans leurs mains des petites boules de polystyrène sur lesquels sont écrit des messages.  » Qu’est ce qu’il y a d’écrit sur vos boules de polystyrène ? «  interpelle un passant curieux.  » Ce ne sont pas des boules ! Ce sont des grains de folie «  répond une jeune militante de l’ACO.  » On y a écrit des initiatives de fraternité et de solidarité que nous avons vécu dans nos quartiers, nos lieux de vie ou de travail « . Interpellé, le passant demande  » Et vous allez en faire quoi ? « .  » On va les utiliser pour bloquer la machine ! « 

GdF - Accrochage collectif
Chacun accroche son grain de folie !

A peine a-t-elle finit que Stéphane Haar, le délégué diocésain à la Mission Ouvrière, prend la parole au micro pour inviter tous les passants à remplir leur grain de folie. Quelques minutes plus tard, il réapparaît en compagnie de Maïana de l’ACE de Wattrelos et Sophie de la JOC de Lille pour lancer l’action symbolique. Sous les applaudissements, ils reprennent le texte de Saint-Paul et osent dire  » Nos grains de folie témoignent que nous sommes fous… fous de nous opposer à l’argent qui rend fou au point de fouler aux pieds des vies humaine « .

Puis, Jean-Marc et Michèle, tout deux membre du bureau diocésain de la Mission Ouvrière proposent aux personnes présentes de partager leurs grains de folie et de les coincer dans les engrenages pour stopper cette machine qui détruit tout ce qu’il y a de beau et de gratuit en ce monde.

De Dunkerque, d’Hazebrouck, de Merville, d’Armentières, des agglomérations de Lille, de Roubaix et de Tourcoing, ils sont venus avec plus d’un millier de grain de folie. C’est-à-dire un millier de témoignages d’actions de fraternité et de solidarité vécues localement. Chacun prend la parole et partage un grain de folie : création de convivialité dans le quartier, solidarité avec les migrants, entraide dans la recherche d’emploi, lutte syndicale pour la dignité au travail, initiative pour donner la parole aux enfants… dans tous les domaines de la vie, des grains de folie sont à l’œuvre !

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Au bout de quelques minutes, les engrenages sont intégralement recouvert de centaines de grains de folie qui les empêchent de tourner. C’est alors que Mgr Ulrich, archevêque de Lille, prend la parole pour partager son grain de folie et apporter son regard sur toute cette vie fraternelle :  » Vos grains de folie, ils ne font pas que bloquer les rouages de l’injustice. Ils construisent le royaume de Dieu. Derrière chacun de ses grains, il y a Dieu qui est à l’œuvre « .

Enfin le délégué diocésain conclut l’initiative en invitant chacun à participer aux fêtes de noël en Mission Ouvrière qui auront lieu en décembre et en janvier un peu partout dans le diocèse.

GdF - Mgr Ulrich
Mgr Ulrich

Alors, heureux d’avoir porté un message entendu par des centaines de personnes et vu par des dizaines de miliers d’autres par le biais des journalistes présents (Voix du Nord, Croix du Nord et France 5), les acteurs de la mission ouvrière font apparaître le gâteau d’anniversaire géant et soufflent les bougies de leur 60 ans en partageant le verre de l’amitié.

« À la mission ouvrière, nous sommes issus des quartiers populaires. On est des gens simples et on sait que les symboles et les images parlent souvent bien mieux que les longs discours… Cette action symbolique c’est un peu comme une parabole du Christ «  conclut un des participants un verre de mousseux à la main et un large sourire sur les lèvres.

GdF - Gateau

 

Vivre en chrétien, qu’est ce que ça veut dire ? Une formation pour tous à Roubaix

Vivre en chrétien, qu’est ce que ça veut dire ? Lire la Bible ? Aller à la messe ? Défendre les plus petits ? Prier ? Accueillir l’autre ? Respecter la tradition ? Vous êtes nombreux à vous poser ces questions et en particulier dans les quartiers populaires où les difficultés sociales et la diversité religieuse posent des questions de plus en plus forte sur notre foi de chrétien.

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Pour trouver ensemble les réponses qui vous feront avancer dans votre foi, votre relation à Dieu et au monde, la Mission Ouvrière, l’équipe missionnaire de Roubaix et le service de la formation vous propose de nous retrouver samedi 30 septembre 2017 de 10h à 12h au 18, rue Newcomen à Roubaix pour partager toutes vos questions et chercher ensemble les réponses.

Que vous soyez chrétien engagé, occasionnel, en recherche ou simple curieux de Dieu, venez vivre une démarche simple et innovante pour s’attaquer aux questions qui vous travaillent sans taboo.

Téléchargez l’invitation : Vivre en chrétien(s) qu’est ce que cela veut dire(1)

Pour plus d’information, contactez Jérôme Montois : jerome.montois@gmail.com

 

Parents et enfants d’Hazebrouck, l’ACE vous invite à jouer samedi 16 septembre !

Depuis son origine, l’Action Catholique des Enfants (ACE) croit que l’enfant est capable de s’exprimer et d’agir sur des sujets qui le concernent. Pour permettre a chaque enfant de s’exprimer, l’ACE leur propose de jouer. Alors que de nombreux jeux consistent à rester seul derrière un écran, l’ACE invite à jouer ensemble pour créer du lien, du respect, de l’éveil à la citoyenneté et à la foi.

Si vous souhaitez permettre à vos enfants de vivre ce beau projet, l’ACE d’Hazebrouck vous invite à son après-midi de rentrée le samedi 16 septembre 2017 de 14h30 à 17h00 au 16, Boulevard de l’abbé Lemire à Hazebrouck.

Au cœur de ce temps de jeu, les enfants pourront apporter leur contribution à l’événement festif et symbolique « Grains de folie » du 23 septembre 2017 à l’occasion des 60 ans de la Mission Ouvrière en créant leurs Grains de folie !

Téléchargez l’invitation : Invitation fête démarrage ACE Hazebrouck

N’hésitez pas à contacter Nathalie Brahimi au 03.28.41.86.50

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Catégories ACE

Une révision de vie « Grains de folie » proposée par une équipe ACO de Lille

Une équipe d’Action Catholique Ouvrière de jeunes travailleurs de l’agglomération lilloise, a récemment vécu une révision de vie en utilisant les « grains de folie ». Une belle expérience qu’ils ont souhaité partager avec tous ceux qui souhaitent vivre cette démarche.

Les grains de folie, ce sont ces boules de polystyrène sur lesquelles la Mission Ouvrière invite chaque personne du milieu ouvrier et des quartiers populaires a écrire une initiative, un engagement ou un geste solidaire et fraternel pour mettre en lumière les belles choses qui se vivent dans le monde ouvrier. Ces grains de folie seront réunis le samedi 23 septembre à 15h00 lors d’un grand événement festif des 60 ans de la Mission Ouvrière dans les rues de Lille.

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Pour préparer cet événement, l’équipe ACO de Marie, Alexandre, Émilie et Lionel a créée une révision de vie qui peut être vécue par toute équipe ACO, JOC, GREPO, de responsables ACE ou tout autre groupe en quartier populaire. Alors n’hésitez pas à vous en saisir et à vivre cette belle démarche qui est au cœur de le Mission Ouvrière.

Téléchargez la révision de vie : RDV Grains de folie
Téléchargez l’invitation pour l’événement « Grains de folie » : Grains de folie – Invitation à participer

Le repas de rentrée de la Mission Ouvrière de Lille déjà complet !

Chaque année la Mission Ouvrière de l’agglomération lilloise fait sa rentrée avec un repas moules-frites ouvert à tous. Cette année, il aura lieu le lundi 11 septembre à 12h30 à la maison de la Mission Ouvrière (57, rue des meuniers à Lille). Mais ne cherchez plus de places, ce repas affiche déjà complet ! La maison ne permet d’accueillir « que » 60 personnes et les places sont parties en un rien de temps ! Un beau succès pour l’équipe Mission Ouvrière de Lille.

Plus qu’un moment de convivialité, ce repas sera aussi l’occasion de faire participer et de mobiliser pour l’événement festif « Grains de folie » qui aura lieu le samedi 23 septembre 2017 à 15h00, Parvis de l’église St Maurice à Lille.

moules frites sept 2017

Lille et Roubaix : la JOC lance sa deuxième année de campagne pour le travail digne des jeunes

Depuis un an, les jeunes militants de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne mène une grande campagne d’action pour le travail digne des jeunes du milieu ouvrier. L’année dernière fut marquée par une grande enquête, par le rassemblement national du mouvement et par la proclamation lors de celui-ci d’un cahier de doléance comprenant 40 demandes construites par jeunes à partir des résultats de l’enquête.

Cette année sera résolument tournée vers l’action de terrain pour permettre l’accès des jeunes à l’emploi digne ! La nouvelle vidéo de la campagne en donne un bel avant goût :

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Pour lancer cette année d’initiatives locales, la JOC de Lille organise sa grande rentrée le samedi 9 septembre 2017 de 14h00 à 20h00. Au programme de la journée l’élection de l’équipe fédérale, la construction de la conduite d’année, le lancement de la démarche d’action mais aussi un temps de fête entre copains !

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De son coté, la JOC de Roubaix Tourcoing Vallée de la Lys organise un week-end de rentrée le 9 et 10 septembre 2017 à la Maison diocésaine d’accueil de Merville. Les jeunes militants vont se mettre au vert à la campagne pour prendre le temps de se connaître, préparer l’année mais aussi vivre un grande révision de vie et préparer les initiatives en équipe. Ils se mettront aussi à l’écoute de la Parole de Dieu lors d’une célébration entièrement créée par les jeunes eux-même.

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Catégories JOC

Armentières : la Mission Ouvrière fait sa rentrée le 8 septembre

La Mission Ouvrière d’Armentières organise sa grande rentrée le vendredi 8 septembre 2017 de 18h30 à 22h00 à l’Espace 12 Apôtres d’Armentières (64, rue du bas d’enfer).

Au programme un temps de partage suivi d’un repas partagé. Un moment fort qui sera l’occasion de lancer les festivités des 60 ans de la Mission Ouvrière avec l’événement festif « Grains de folie » du 23 septembre 2017 à Lille.

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Pour plus d’infos : Danièle 03 20 77 44 41 // Christiane 03 20 88 27 90 // Michel 03 20 35 55 00

Venez nombreux !

René Deconinck, 23 ans, jociste du diocèse de Lille, résistant, mort pour la France

La seconde guerre mondiale a durement marqué la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC). Le pèlerinage mondial de 1939 qui devait lancer l’internalisation du mouvement de jeunes fondé en 1927 a du être annulé. Interdit par Vichy en 1941, le mouvement a continué sa vie de manière clandestine, protégé par les autorités ecclésiales. De nombreux jocistes, dont le Bienheureux Marcel Callo sont mort assassinés par l’occupant.

Dans le diocèse de Lille, cette période a aussi été marqué par l’émergence d’un groupe de résistants principalement composé de jocistes : les Jeunes Chrétiens Combattants. La stèle commémorative de la mort de l’un d’entre eux, René Deconinck, vient d’être restauré. Un article de Géraldine Beys et Marie-France Maréchal dans le journal « La Voix du Nord » du 30 août 2017 nous partage cette histoire dont vous pouvez lire l’article complet sur le site de la Voix du Nord.

La stèle du résistant René Deconinck, abattu il y a 73 ans, a été restaurée

Impossible de la manquer. En sortant de Dourlers direction Avesnes, l’automobiliste quitte la RN2 et prend le chemin de Semousies. Un peu plus loin sur sa droite, la stèle est là avec, derrière elle, un champ. Au loin on aperçoit l’église de Dourlers. C’est à cet endroit qu’il y a 73 ans s’est joué un drame. Une exécution, celle de René Deconinck. Un jeune homme avide de liberté, de cette liberté qui l’avait vu très tôt refuser le service du travail obligatoire imposé par l’occupant et s’engager dans la Résistance. Parce qu’il est réfractaire au STO et membre du groupe des Jeunes Chrétiens Combattants, René Deconinck se voit conseillé de quitter sa région dunkerquoise en février 1944. Il part rejoindre sa mère à Anor. Mais avant, il a servi sous les ordres du président fédéral de la JOC, Michel Hochart, commandant des FFI. C’est alors qu’il remplit une mission donnée par ce dernier que le jeune homme est arrêté. Le 31 août 1944, René Deconinck est fusillé après, sur injonction de l’ennemi, avoir creusé sa propre fosse. Il a 23 ans.

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Un chemin au nom du héros ?
Quand l’annonce de sa mort fut connue, la tristesse fut immense. Parmi ses camarades de la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) dont il était le vice-président fédéral. Parmi ses amis résistants. Parmi sa famille et tous ceux qui chérissaient le lieutenant des Forces Françaises de l’Intérieur. Les funérailles de René Deconinck auront lieu plus tard, le lundi 21 juillet 1947 à l’église Saint-Martin de Dunkerque. Beaucoup de monde y assistera. Parmi les présents, Robert Prigent, ministre de la santé publique…

C’est l’Amicale des Patriotes Résistants de l’OCM de Dourlers qui assurera à la famille du lieutenant valeureux qu’une stèle sera édifiée à Dourlers. Celle justement du chemin de Semousies, construite en 1947 mais qui forcément, 70 ans plus tard, avait subi les outrages du temps. Ne voulant pas la voir se dégrader plus encore, trois membres de l’Association pour la rénovation du Patrimoine de Dourlers ont entrepris de la restaurer. Ils lui ont consacré un an, à leur rythme. Le résultat est là. La stèle est désormais bien visible. Reste la question au fil des ans de son entretien et de celui de ses abords. La commune ou l’UNC, association d’anciens combattants, pourraient, pourquoi pas prendre le relais ? Quant au héros René Deconinck, pourquoi ne pas rebaptiser le chemin de Semousies, chemin Deconinck ?

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