Journée d’étude sur la fondation de la JOC à Lille : les inscriptions sont ouvertes

La Fédération de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne de Lille organise le 18 novembre 2017 une journée d’étude consacrée à la naissance de la JOC en 1926 et à l’histoire de ses développements dans la région lilloise.

Invitation Colloque JOC Lille Moulin

Cette manifestation scientifique intitulée « Il y a 90 ans, la JOC naissait à Lille… » se déroulera de 9h30 à 18 h à la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales (Université Lille 2) 1 place Déliot 59000 Lille, Métro « Porte de Douai ».

Vous pouvez vous inscrire au 03-20-54-37-47 ou joc.lille@gmail.com

Vous pouvez aussi vous inscrire en ligne : inscription en ligne

Dépêchez-vous ! Les places sont limitées et partent à tour de bras !

Au programme de la journée d’étude :

Introduction à la journée

Jean-Marc Guislin (professeur d’histoire à l’Université de Lille, chercher à l’IRHiS) : Le contexte politique, économique et social de la création de la section JOC de Lille-Moulins (1926).

Bruno Duriez (directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au CLERSE) : Les débuts fulgurants de la JOC/F à Lille.

Paul Wallez (sociologue) : La figure du jeune ouvrier dans les revues Jeunesse ouvrière et Équipe ouvrière de la fin des années 1920 au début des années 1930.

Christophe Bellon (maître de conférences en histoire à l’Université catholique de Lille, chercheur au C3RD) : La place de la JOC dans la formation des « missionnaires du travail » – Lille, 1932-1940.

Stefan Gigacz (doctorant en histoire à l’University of Divinity, Melbourne) : Deux théologiens lillois de la JOC/F, Palémon Glorieux (1892-1979) et Pierre Tiberghien (1880-1963).

Pierre Outerryck (professeur agrégé d’histoire) : Des mouvements de jeunes face aux périls des années 1930. Affrontements et/ou coopérations.

Eric Belouet (chercheur associé au CHS, Paris) : Que sont devenus les permanents et permanentes lillois de la première génération de la JOC/F (1927-1937) ?

Des anciens et anciennes de la JOC/F du Nord de plusieurs générations feront part de leur découverte et de leur expérience du mouvement.

Pascal Verbeke (accompagnateur fédéral de l’agglomération lilloise, accompagnateur de liaison de la JOC du Nord / Pas de Calais) : Conclusion.

Le soir, les amis de la JOC vous propose une soirée auberge espagnole conviviale !

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2ème tour : L’ACE, la JOC, l’ACO et une trentaine d’organisations catholiques s’opposent à l’extrême droite

Dans un appel lancé dans le journal La Croix et relayée par Radio Vatican, une trentaine d’organisations catholiques dont la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, l’Action Catholique des Enfants et l’Action Catholique Ouvrière, tous composantes de la Mission Ouvrière, et de nombreuses autres organisations catholiques appellent à s’opposer au Front National sans ambiguïté au second tour de l’élection présidentielle.

Le texte de l’appel : « Ne cédons pas à la tentation du repli sur soi »

À la veille d’une échéance électorale cruciale, trente-deux organisations et mouvements catholiques souhaitent participer au débat politique.

Nous entendons et nous partageons l’inquiétude légitime de certain-e-s de nos concitoyen-ne-s, compte tenu des situations souvent difficiles qu’ils vivent. Mais nous refusons de nous laisser instrumentaliser par ceux qui voudraient nous convaincre que nous ne pouvons pas construire ensemble l’avenir de notre pays.

Il est toujours possible, sans perdre son identité, de développer une politique plus respectueuse de la diversité et de la cohésion entre les territoires et de s’ouvrir à l’autre, à la richesse des différences, à ceux qui n’ont pas la même couleur de peau, la même origine sociale, le même sexe, la même langue, la même culture.

« L’autre est un don », soulignait le pape François lors de son dernier message de Carême [1]. Comme nous l’avions rappelé avant le premier tour de l’élection [2], nous pensons que les solutions aux problèmes auxquels notre société est confrontée se trouvent dans l’ouverture, le dialogue et la participation de chacun de nous pour construire ensemble une France et une Europe plus ouvertes et plus justes dans un monde de droit et de dignité.

Les dizaines de milliers de bénévoles de nos organisations et mouvements sont témoins tous les jours que la réalité de la société française, ce sont des milliers d’actions concrètes qui construisent une planète plus solidaire et fraternelle. Ceci nous permet d’affirmer que l’acceptation de la diversité au sein de la République ne menace pas l’unité nationale. Elle ne remet pas en question l’existence d’une culture commune, de valeurs partagées, d’une même appartenance à l’Humanité.

À nos concitoyen-ne-s qui éprouvent déception ou désarroi devant les résultats du premier tour, nous voulons dire aujourd’hui que la clé réside dans notre capacité à dépasser nos peurs et à les transformer en une dynamique collective constructive. L’avenir de notre pays est ouvert, il ne tient qu’à nous de ne pas nous enfermer et d’agir librement, en conscience, pour le garder ouvert.

Comme l’affirmait la Conférence des évêques de France au lendemain du premier tour des élections, « aujourd’hui, le risque principal serait de renoncer à lutter pour l’avenir et de céder à la tentation du fatalisme » [3]. Croyants et non croyants, nous devons tous nous mobiliser pour mettre la diversité de nos talents au service de la société.

Nous, organisations et mouvements d’Église, avons vocation à prendre parti quand la dignité de l’homme est en question. Nous sommes bien dans notre rôle, lorsque nous proclamons que le monde d’aujourd’hui a moins besoin d’affrontements, de divisions et de fermetures que de bienveillance, de justice et de fraternité, cette fraternité qu’avec la liberté et l’égalité, la République nous demande de vivre.

À l’heure de faire un choix entre deux visions de la société, ne cédons pas à la tentation du repli sur soi, refusons de laisser instrumentaliser l’Évangile, recentrons le débat sur les vrais sujets et transformons la clameur du monde qui nous entoure en espérance. Réaffirmons notre foi en l’autre, « tout homme et tout l’homme », et en nos capacités à construire notre destin commun.

Liste des Signataires : Action catholique des enfants (ACE), Action catholique des femmes (ACF), Action catholique des milieux indépendants (ACI), Action catholique ouvrière (ACO), Apprentis d’Auteuil, Association des cités du Secours catholique, Centre de Recherche et d’Action sociale (CERAS), CCFD-Terre Solidaire, Centre Catholique des Médecins Français, Chrétiens dans le monde rural (CMR), Chrétiens dans l’Enseignement public, Chrétiens en Forum, Communauté Mission de France, Communauté Vie Chrétienne (CVX), Confrontations (Association d’intellectuels chrétiens), Délégation catholique pour la coopération (DCC), Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC), Ethique et Investissement, Etudes, Fédération française des Équipes Saint-Vincent, Fondacio, Instituts religieux et solidarité internationale (IRSI), Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), JRS France, Justice et Paix, Mission de la Mer, Mouvement chrétien des cadres et dirigeants (MCC), Mouvement chrétien des retraités (MCR), Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), Ordre de Malte France, Pax Christi, Scouts et Guides de France, Secours catholique – Caritas France, Semaines sociales de France, Vicariat pour la Solidarité de l’archidiocèse de Paris, Vivre Ensemble l’Evangile Aujourd’hui, Voir Ensemble.

[1] « La Parole est un don. L’autre est un don », message du Pape François pour le Carême 2017.

[2] « Pour une citoyenneté responsable et engagée », tribune signée par 28 organisations et mouvements catholiques – 13 avril 2017, La Croix.com.

[3] « Élections présidentielles : « L’Église redit son rôle et rappelle ses fondamentaux », Conférence des Évêques de France – 23 avril 2017.

1er mai JOC

Samedi 15 avril 2017 : la JOC invite les jeunes des quartiers populaires a ressusciter

Un rassemblement national de la JOC un samedi de Pâques ? Mais quelle drôle d’idée ! 
Les prêtre et les laïcs engagés en Église vont être prit par les célébrations pascales !
Et les jeunes qui demandent le baptême ne pourront pas être présents !

Ces réactions, beaucoup de personnes engagées en Église et dans la pastorale les ont eu. Et on peut les comprendre. Durant toute la semaine sainte les célébrations s’enchaînent de la messe du dimanche des Rameaux, en passant par la messe de la Cène du Seigneur, puis l’office de la Passion, la Vigile pascale et enfin la messe de Pâques. Ça fait beaucoup ! Mais la fête de Pâques est la fête la plus importante pour les chrétiens. Elle célèbre la Résurrection du Christ, sa victoire sur la mort qui est l’élément central de la foi chrétienne. Elle est la fête chrétienne la plus ancienne et la fête centrale de l’année liturgique. Alors pourquoi coller un rassemblement d’Église cette semaine là ?

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Les jocistes du Comité des Jeunes Privés d’Emploi digne de Lille

Un choix missionnaire

La JOC est un mouvement d’Église. Mais sa vocation est avant tout d’être un mouvement d’évangélisation des jeunes du milieu ouvrier et des quartiers populaires. De permettre à des jeunes dont les vies ne sont pas faciles de rencontrer un Dieu vivant au cœur de leur vie et de le suivre pour construire un monde plus juste et fraternel. Or, pour ces jeunes qui n’ont pas encore eu la chance de trouver leur place dans l’Église, ce week-end pascal promet d’être un week-end prolongé comme un autre. Ils ne viendront pas dans nos églises vivre nos célébrations… Alors, et si c’était l’Église qui venait à eux ?

Faire un rassemblement national de la JOC un samedi saint c’est une façon pour le mouvement de répondre à l’appel du pape François : « sortir de son propre confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Évangile » (Pape François, Exhortation Evangelii Gaudium). Car parmi les 15.000 jeunes qui seront présents samedi au Paris Event Center de La Villette, beaucoup vivront leur premier temps en Église. Ils verront pour la première fois une Eglise qui leur propose de croire en eux, en leurs copains en leur avenir. Ils rencontreront d’autres jeunes qui leur parleront d’un Dieu qui les veut libres et heureux. Par les temps de débats, de fête, de célébration, beaucoup débuteront un cheminement qui les amènera peut être dans quelques années à vivre leur première veillée pascale en paroisse.

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Des jocistes de Roubaix préparent le RN

Une Église au cœur de la mêlée

Ils feront l’expérience d’une Eglise qui s’intéresse au monde et à leur vie, loin des clichés rétrogradent que véhiculent les médias. Car cette semaine n’est pas que sainte. Elle est aussi la première semaine de la campagne officielle de l’élection présidentielle. Une élections dont les jeunes du milieu ouvrier sont absents alors même que le chômage des jeunes dépasse les 25% et même 40% dans les quartiers populaires de notre pays. C’est pourquoi le rassemblement national porte sur la question du travail digne des jeunes.

Pour sa dernière homélie de l’année 2016, le Pape François avait lancé un appel en ce sens : « Nous avons créé une culture qui, d’une part, idolâtre la jeunesse cherchant à la rendre éternelle ; mais, paradoxalement, nous avons condamné nos jeunes à ne pas avoir d’espace de réelle insertion, parce que nous les avons lentement marginalisés de la vie publique, les obligeant à émigrer ou à mendier des occupations qui n’existent pas ou qui ne leur permettent pas de se projeter dans un lendemain. Nous avons privilégié la spéculation au lieu de travaux dignes et honnêtes qui leur permettent d’être des protagonistes actifs dans la vie de notre société. Nous attendons d’eux et exigeons qu’ils soient ferment d’avenir, mais nous les discriminons et les « condamnons » à frapper à des portes qui de plus demeurent fermées ».

Samedi, les jeunes présents débattront et construiront des propositions concrètes pour changer leur conditions de travail et permettre à chaque jeune de vivre dignement des fruits de son labeur. Ils interpelleront les candidats à l’élection présidentielle et leur demanderont de s’engager concrètement en faveur du travail digne des jeunes. Ils prendront la parole avec la conviction qu’un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde car il est fils de Dieu.

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Slam du Notre Père lors du RN de la JOC en 2009

Vivre la résurrection

Mais le sens profond d’un rassemblement national de la JOC est plus que missionnaire ou politique. Il est avant tout une expérience personnelle que résume bien Adrien Debue, président de la JOC de Roubaix-Tourcoing Vallée de la Lys dans un récent numéro de la revue diocésaine Église de Lille  : « Nous voulons permettre aux participants de goûter à joie de la Résurrection. De nombreux jeunes de nos quartiers sont exclus du monde du travail. Ils sont comme morts socialement. La JOC veut nous permettre de reprendre vie, de vivre une résurrection. Une résurrection personnelle en se découvrant digne d’être écouter et capable de faire de choix. Une résurrection collective en se découvrant membre d’un collectif agissant. Une résurrection spirituelle, en se découvrant aimé de Dieu, d’un Amour qui remet debout » !

Alors samedi, soyons nombreux au rassemblement national de la JOC par notre présence et par notre prière pour que de nombreux jeunes puissent vivre cette résurrection.

Pâques prendra alors tout son sens…

Temps forts, CJPE, Flashmob… Dernière ligne droite pour les jocistes du diocèse de Lille

Après 8 années d’attente, les jocistes vont enfin pouvoir goûter aux joies d’un grand rassemblement national de la JOC. Dans une semaine seulement, des milliers de jeunes du milieu ouvrier déferleront sur Paris pour prendre la parole sur le travail digne.

Le 15 avril 2017 restera gravé dans moment de fête, de lutte et de communion que les jocistes du diocèse de Lille attendent avec impatience et préparent avec enthousiasme. A Lille, Dunkerque, Hazebrouck, Roubaix, Tourcoing, Seclin… jeunes et adultes ont mit les bouchées doubles pour permettre a un maximum de jeunes de vivre cette journée unique.

A une semaine de l’événement l’effort de faiblit pas !

A Lille, un temps fort a eu lieu le week-end dernier pour peaufiner les dernier détails de la mobilisation et notamment répéter le Flash-mob qui va animer le rassemblement. Des jocistes de Dunkerque étaient également présents.

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A Lille toujours, le Comité des Jeunes Privés d’Emploi digne (CJPE) aura lieu mercredi 12 avril à 18h à la maison St Vincent (63, rue de Fontenoy à Lille).

Coté Roubaix et Tourcoing, le CJPE aura lieu le 7 avril 2017 à 18h00 au 95, rue de Lille à Roubaix.

Toujours à Roubaix et Tourcoing, le temps fort de préparation du RN aura lieu le samedi 8 avril de 14h30 à 17h00 au 95, rue de Lille à Roubaix.

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Ce sont autant d’occasion d’inviter des jeunes a découvrir la JOC et à prendre part au Rassemblement national du 15 avril 2017 !

 

Le rassemblement de la JOC dans « Eglise de Lille » la revue du diocèse de Lille

Le sixième numéro d’Eglise de Lille, la revue du diocèse, consacre une page entière au rassemblement nationale de la JOC qui aura lieu le 15 avril 2017 à Paris.

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Vous y retrouverez la présentation du rassemblement mais aussi de son sens par Adrien, président de la JOC de Roubaix Tourcoing Vallée de la Lys : « Nous voulons permettre aux participants de goûter à la joie de la Résurrection. De nombreux jeunes sont exclus du monde du travail. Ils sont comme morts socialement. La JOC permet de reprendre vie, de vivre une résurrection. Une résurrection personnelle en se découvrant digne d’être écouté et capable de faire des choix. Une résurrection collective en se découvrant membre d’un collectif agissant. Une résurrection spirituelle, en se découvrant aimé de Dieu, d’un amour qui remet debout ! »

C’est aussi l’occasion de mettre en avant la démarche de parrainage qui peut permettre a tous les acteurs du diocèse de participer à l’annonce de la Bonne Nouvelle auprès des jeunes du milieu ouvrier.

Téléchargez l’article : Joc-EDL6-2017

Parrainez un jeune pour le rassemblement national : bulletin-parrainage-rn-joc-rv-pp

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Regard de sociologue : « Les classes populaires ne sont pas seulement dominées, elles agissent »

Dans un entretien réalisé par Pierre Chaillan et publié dans le journal L’Humanité des 3,4 et 5 février 2017, le sociologue Paul Bouffartigue apporte son regard sur la situation des classes populaires. Un point du vue intéressant pour les acteurs de l’évangélisation du milieu ouvrier. Une vision a croiser avec l’analyse très juste du pape François sur les milieux populaires, la culture du rebut et l’indispensable recherche d’une alternative au système capitaliste.


Dans un essai politique intitulé En quête des classes populaires, le sociologue,avec d’autres chercheurs en sciences sociales, souligne les évolutions d’appartenance au sein des groupes sociaux. Et s’il s’inscrit dans la lutte des classes, il insiste sur la nécessité de tenir compte des nouvelles formes d’autonomisation culturelle.

Pourquoi présentez-vous, avec d’autres sociologues, votre ouvrage, En quête des classes populaires (1), comme « un essai politique » ?

Paul Bouffartigue : Nous ne voulions pas faire un nouvel ouvrage savant sur le sujet. On s’engage sur un certain nombre d’idées. La première concerne le passage de la notion de « classe ouvrière » à celle de « classes populaires ». Cela ne va pas de soi et soulève toute une série de questions. « Classes », et non pas milieux, catégories ou couches populaires : nous y tenons. Pour autant, nous ne considérons pas forcément cette notion de classes populaires comme idéale. L’utiliser de manière non critique est insuffisant. Si l’on se contente de définir les classes populaires comme les catégories sociales du bas de l’échelle, avec au-dessus les classes moyennes et encore au-dessus les classes supérieures, on évacue la réflexion en termes de rapport de classe et de lutte de classes. Les classes populaires ne sont pas seulement dominées, elles réagissent et agissent. Et là, nous prenons à rebours une vision académique dominante. C’est en cela que c’est un essai politique. Ce qui nous intéresse, c’est bien la dimension politique et pas seulement sociologique de la déconstruction et de la reconstruction des classes. Dans le même temps, nous n’avons pas trouvé beaucoup mieux que « classes populaires » pour parler de cet espace social. Et surtout, cela permet de ne pas parler que des « classes moyennes », comme le fait le discours politique, médiatique.

C’est aussi vrai de la sociologie ?

Paul Bouffartigue : Ici il faut relativiser, compte tenu de l’influence de la sociologie critique. On trouvera peu de sociologues pour soutenir un diagnostic de « moyennisation sociale ». En revanche, c’est loin d’être gagné dans l’espace politique et médiatique, où l’on n’évoque quasiment que les classes moyennes, avec une définition très extensive : presque tout le monde en fait partie… sauf les « exclus ». Nous combattons cette vision.

Où vos travaux se situent-ils par rapport aux autres recherches en sociologie ?

Paul Bouffartigue : L’approche des milieux populaires est très marquée par la pensée de Pierre Bourdieu, par rapport à laquelle, inscrits dans la filiation marxiste, nous nous situons en affinité critique. Avec le sociologue Olivier Schwartz, nous considérons, certes, que ce sont des catégories dominées dans une série d’aspects de leur existence, mais qui ont toujours certaines ressources d’autonomie culturelle. Pourtant il faut se demander, avec l’allongement de la scolarisation des enfants des catégories populaires ou encore avec les transformations des conditions d’existence, que reste-t-il de cette autonomie culturelle ? Ainsi, nous allons plus loin, en affirmant qu’au-delà des formes d’autonomie culturelle, il y a des formes de résistance et de réappropriation des conditions de vie qui ont à voir avec la lutte des classes et qui ont des implications politiques. C’est là que nous introduisons avec Denis Merklen la notion de « politicité ». Il s’agit d’essayer de comprendre que, pas davantage que dans les autres classes d’ailleurs, on serait d’abord socialisé avant de rencontrer la politique. Cette notion permet d’appréhender des conduites et des comportements autrement qu’à partir d’un ethnocentrisme de classe amenant, par exemple, à décréter que les gens qui ne votent pas sont extérieurs à la politique. Or il y a des tas de pratiques populaires à dimension politique. Ce sont en particulier des formes de violence voire d’illégalisme qui ont toujours existé dans ces classes, mais que l’on voit réapparaître plus clairement aujourd’hui.

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Vous voyez même dans ces pratiques une recherche de collectif ?

Paul Bouffartigue : Dans le passage de la notion de classe ouvrière à celle de classes populaires, il y a le passage de l’unité (« la ») à la pluralité (« les »). Et, en même temps, l’effacement d’un acteur politique. Car parler de classe ouvrière c’est parler d’un ensemble d’institutions politiques qui lui assuraient une visibilité et une représentation fortes sur la scène sociale et politique. Dans le cas de la France, en particulier au travers de la CGT et du Parti communiste, entre les années 1930 et 1960. La grande transformation, c’est d’abord l’affaiblissement drastique de ce mouvement ouvrier. Affaiblissement dû à l’offensive néolibérale et à la déstructuration du groupe ouvrier. Mais nous invitons aussi au retour critique sur les fragilités propres au mouvement ouvrier, d’ordres politique et culturel. La critique du travail, du productivisme, du consumérisme et des phénomènes de délégation de pouvoir y a longtemps été refoulée, et les groupes les plus exploités – immigrés, femmes – sous-représentés. Mais comme la lutte des classes est plus que jamais à l’œuvre, il faut essayer de regarder aujourd’hui les classes opprimées avec de nouvelles lunettes afin de repérer quelles sont ses nouvelles manifestations.

Dans le monde du travail, des transformations profondes sont à l’œuvre. Quelles sont-elles et qu’entraînent-elles ?

Paul Bouffartigue : Les classes populaires, ce ne sont pas seulement les habitants des banlieues ou des cités populaires. Elles sont présentes aussi dans des centres-villes, dans les petites villes, dans les zones rurales, etc. Les classes populaires, ce sont d’abord les mondes du travail ouvrier et employé, en gros la moitié de la population. Il existe aussi de nombreuses catégories sociales qui en relèvent ou s’en rapprochent. D’ailleurs même à l’époque de l’hégémonie de la classe ouvrière sur les mondes populaires, l’ouvrier d’usine des grandes concentrations industrielles était loin d’épuiser la réalité du monde du travail. Aujourd’hui, les ouvriers sont dispersés dans une multitude de petites entreprises sous-traitantes. D’ailleurs, une grande partie d’ouvriers sont aujourd’hui recensés dans le tertiaire (maintenance, logistique, transports, commerce, etc.).

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Mais qui sont alors les ouvriers et les employés d’aujourd’hui ?

Paul Bouffartigue : Les frontières entre les cols bleus et les cols blancs ont explosé, dans les contenus du travail mais aussi dans les parcours professionnels. Il y a une convergence dans les conditions matérielles objectives de travail entre production et services. Anciennes et nouvelles formes d’oppressions et de pénibilités se superposent : la précarité s’ajoute à la faiblesse des salaires, la pénibilité physique, l’allongement de la durée du travail, les pressions psychiques, les tensions avec le public, l’appel à la responsabilité, etc. Dans ce contexte, il est souvent bien plus difficile de faire grève. Reste que les formes de contestation et d’action revendicatives sont nombreuses et évoluent : refus des heures supplémentaires, pétitions, délégations auprès de la direction, mais aussi démissions, absentéisme, etc.

Quelle est aujourd’hui la « figure du peuple réel » composant les classes populaires ?

Paul Bouffartigue : On peut partir de la manière dont le genre construit ces classes populaires. Les ouvriers sont majoritairement des hommes, et les femmes des employés. Pour relativiser les mouvements de polarisation entre précaires et moins précaires – indéniables par ailleurs –, il suffit de savoir que très souvent un homme ayant un emploi stable vit avec une femme qui est davantage exposée à la précarité. Inversement, les divisions ont une forte dimension spatiale. Au-delà, avec l’affaiblissement des organisations collectives des classes populaires, toutes les logiques de différenciation et de divisions se renforcent, cultivées et entretenues notamment par les formations politiques de droite et d’extrême droite. Olivier Schwartz parle d’une conscience tripolaire de classe. Là où la conscience de classe opposait le « nous », en bas, aux « eux », les puissants, ceux d’en haut, le « nous » ne s’oppose plus seulement à « ceux d’en haut », mais à ceux qui sont encore plus pauvres, moins méritants, vus comme « assistés » et/ou ceux dont la couleur de peau est plus sombre. Pour autant, il ne faut pas survaloriser conflits et tensions, occulter les pratiques de solidarité qui existent au quotidien et sous-estimer l’existence de nouvelles formes d’autonomie culturelle, comme on en trouve dans le rap.

Ces nouvelles formes incluent-elles la dénonciation de l’exploitation et de tous les rapports de domination ?

Paul Bouffartigue : Le risque est d’avaliser le passage du couple « classe ouvrière »/« exploitation » à celui de « classes populaires »/« domination », avec la grande influence en sociologie de la pensée de Bourdieu. Mais comment lutter contre la (ou les) domination(s) si on ne voit qu’elle(s) ? Sans parler du concept, qui peut même être très politiquement correct, de discriminations. Le nombre de groupes discriminés est sans limite. Elles peuvent être liées au genre, au faciès, à l’âge, à des handicaps, aux orientations sexuelles, etc. Des luttes éclatées contre les discriminations peuvent entretenir la division des classes populaires. Je ne nie pas la réalité de ces multiples discriminations. Mais sur le plan théorique et politique, il faut réhabiliter la critique de l’exploitation et du capitalisme, qui sont la base de toutes ces divisions. En tenant compte des transformations du capitalisme, telle l’abstraction de l’exploitation liée à la financiarisation. Comment y parvenir à partir de la pluralité des classes populaires et des expériences des oppressions et de l’exploitation ? Cela reste un vaste chantier.

Dans ce chantier, vous identifiez des résistances, quelles sont-elles ?

Paul Bouffartigue : Il est important de voir d’abord les résistances existantes, y compris lorsqu’elles nous dérangent, qu’elles prennent des formes violentes. Ensuite, dans les catégories les plus dominées ou opprimées, des luttes parfois spectaculaires se développent : femmes de ménage de l’hôtellerie, travailleurs sans papiers, VTC, jeunes de la restauration rapide, etc. Une fois que l’on a pris au sérieux ce constat, il faut voir comment fédérer et organiser ces luttes. C’est une question qui se pose dans le mouvement syndical. Elle se pose sans doute trop peu du côté des forces politiques qui prétendent représenter ces classes populaires, comme l’a montré Julian Mischi à propos du Parti communiste. La balle est dans le camp des forces qui ambitionnent toujours de changer la société. Pourquoi la place n’est pas suffisamment faite, dans l’ancienne matrice de gauche, à ces nouvelles cultures politiques, de luttes et de résistances ? Ce livre invite à travailler ces questions car nous ne faisons pas le deuil de la représentation politique des classes populaires.

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À quelles conditions peut-on arriver à faire émerger des alternatives ?

Paul Bouffartigue : C’est la question de la reconstruction d’un projet alternatif et mobilisateur. Il faut donc à la fois promouvoir, bien sûr, la rencontre dans différents espaces entre les acteurs des luttes et la politique, leur laisser une place mais aussi mener le travail sur l’alternative, comme le rappelle Roger Martelli, qui parle de « refaire peuple ». Cela invite au débat avec les théoriciens d’un « populisme de gauche », Ernesto Laclau et Chantal Mouffe. Contre ceux qui tentent de constituer le peuple contre l’étranger, il s’agirait de le constituer – et d’abord par l’alliance des classes populaires et des classes moyennes – contre l’oligarchie financière. Le mouvement altermondialiste, en s’efforçant de relier les enjeux planétaires, environnementaux, de santé publique et les enjeux du travail, de droits économiques et sociaux, a posé les jalons d’un espace de convergence. Ce qui est intéressant dans la notion de peuple, c’est justement sa dimension à géométrie variable. Le peuple, comme les classes, sont des constructions politiques.

(1) En quête des classes populaires, un essai politique, de Sophie Béroud, Paul Bouffartigue, Henri Eckert et Denis Merklen. Éditions la Dispute, 216 pages, 20 euros.

Paul Bouffartigue, un sociologue du travail
Du monde ouvrier, autour des aciéries de Fos (Bouches-du-Rhône) des années 1970, des conditions d’existence des ingénieurs jusqu’au travail précaire, Paul Bouffartigue est un sociologue qui n’a jamais déserté le terrain de la lutte des classes. Après des études de sociologie à Caen puis à Aix-en-Provence, il obtient son doctorat en 1982 et est habilité à diriger les recherches depuis 1997. Auteur de nombreuses publications, il est directeur de recherche au CNRS au Laboratoire d’économie et de sociologie du travail (Lest), à Marseille.

Retrouvez tout l’entretien et bien plus sur le site du journal L’Humanité

Une action symbolique et des grandes fêtes de Noël pour fêter les 60 ans de la Mission Ouvrière

Le Conseil Diocésain de la Mission Ouvrière du 8 février 2017 s’est penché sur l’anniversaire des 60 ans de la Mission Ouvrière dans le diocèse de Lille.  Un projet de fête original et innovant a été proposé par le bureau diocésain aux douze représentants des composantes de la Mission Ouvrière du diocèse en présence de Mgr Ulrich, archevêque de Lille.

Il y a 60 ans naissait la Mission Ouvrière

En 1957, l’épiscopat français a créé la Mission ouvrière, au niveau diocésain et au niveau national, avec le secrétariat national de la Mission ouvrière, dans le but d’une « évangélisation privilégiée du monde ouvrier » et « pour coordonner l’activité des organismes voués à l’apostolat du monde ouvrier, susciter toutes les initiatives et collaborations nécessaires ».

Au cœur de cette dynamique il y a une confiance celle de l’Église au peuple de Dieu et une conviction celle de l’évangélisation par le semblable. Les apôtres des ouvriers seront les ouvriers. Les apôtres des enfants seront les enfants. Les apôtres des jeunes seront les jeunes… Depuis, des centaines de milliers d’enfants, de jeunes et d’adultes se sont découvert aimés de Dieu et sont devenus acteurs de leur vie, de la société et de l’Église grâce à la Mission Ouvrière et ses composantes.

Une conviction qui se renouvelle

Depuis les années 80, les personnes milieu ouvrier et des quartiers populaires ont été frappés de plein fouet par les changements sociaux, politiques et économiques d’une grande violence que résume bien le pape François dans La joie de l’Évangile «  Aujourd’hui, tout entre dans le jeu de la compétitivité et de la loi du plus fort, où le puissant mange le plus faible. Comme conséquence de cette situation, de grandes masses de population se voient exclues et marginalisées : sans travail, sans perspectives, sans voies de sortie ». Cette religion de l’argent-roi menace tout ce qui est faible ou fragile. Elle menace tout ce qui les protège comme le droit du travail ou la protection sociale. Dans ce contexte, fêter l’anniversaire de la Mission Ouvrière c’est redire que Dieu aime chacun de ses enfants, en particulier les plus petits. C’est redire que l’Église fait confiance a ceux en qui personne ne fait confiance : les enfants, les jeunes des quartiers, les travailleurs pauvres, les chômeurs…

3 axes forts pour un anniversaire utile !

La fête d’anniversaire de la Mission Ouvrière se fera autour de 3 axes.

  • Faire peuple : La Mission Ouvrière veut permettre à TOUTES les personnes du milieu ouvrier de vivre la Bonne Nouvelle. Il faut donc que toutes ces personnes soient présentes ou représentées et que ce qu’ils vivent soit sur le devant de la scène. L’invitation, la participation et la médiatisation seront au cœur de cette démarche.
  • Témoigner de la joie de l’Évangile : Il faut faire part au monde de la joie immense de se sentir aimé de Dieu et de participer à la construction de son Royaume. Ce doit être une vraie fête.
  • Oser la Parole : Le pape François le rappelle souvent, la Parole de Dieu va profondément à l’encontre de la tyrannie de l’argent-roi que nous subissons. Il faut oser ces paroles fortes.

Un anniversaire en deux temps : une action symbolique et des fêtes de Noël

Cette année sera marquée par le rassemblement national de la JOC et les 80 ans de l’ACE. L’essentiel de notre capacité de mobilisation doit être tournée vers ces deux événements qui seront l’occasion pour de nouveaux jeunes et enfants de faire leurs premiers pas en Eglise. La fête des 60 ans ne devra donc pas être une événement lourd a porter. C’est pourquoi nous souhaitons miser sur des dates traditionnelles du calendrier de la MO (pour ne pas ajouter de dates), sur des formes misant sur la visibilité plus que sur le nombre et sur une organisation resserrée.

Concrètement, Il est proposer au CDMO de fêter les 60 ans de la Mission Ouvrière en 2 étapes :

Le 7 juin 2017 : une fête diocésaine autour d’une action symbolique

Objectif : valoriser la vie des personnes du milieu ouvrier et les initiatives de la MO
Contenu : une fête centrée sur une action symbolique festive, signifiante et participative.
Exemple : action de la JOC à Troyes sur le cliché de la voiture brûlée. On peut imaginer quelque chose autour de la culture du déchet et de la compétition (pape François) autour d’un poubelle géante (on nous jette parce que….) dont on ressort de contenu pour en faire une belle chose.Il s’agit de symboliser un message fort pour une activité participative et festive en pleine rue. Il y aura un accueil, l’action symbolique, un message autour de la Parole, un envoi avec repas.
Lieu : en pleine rue ou dans un endroit symbolique.
Date : Cette initiative aurait lieu à la place du CDMO élargi et durerait 2-3h maximum.
Préparation : le bureau pilote, les coordinateurs mobilisent et font participer les gens, des bénévoles sont appelé sur les taches techniques (logistique, com…)
Perspectives : on envoie vers les 80 ans de l’ACE et vers les fêtes de noël en MO

Décembre 2017 : Des fêtes de noël en Mission Ouvrière « portes ouvertes »

Principe : Il s’agit d’inviter un maximum de personnes éloignées de l’Église à venir fêter noël et découvrir la Mission Ouvrière et ses composantes.
Contenu : Les équipes locales savent faire des contenus de qualité. Elles l’ont encore prouvé cette année. Il faudra juste les soutenir pour une invitation plus large et une plus grande visibilité.
Date : en fonction du terrain
Préparation : Comme d’habitude. On a la chance d’avoir des contenus de qualité
Perspectives : Proposition de l’ACE, l’ACO, la JOC et divers groupes aux participants.

Durant toute l’année, des portraits de personnes qui ont construit et fait vivre la Mission Ouvrière dans le diocèse seront réalisés et diffusés.

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Affiche nationale des 60 ans de la Mission Ouvrière

 

 

Fraternité, Espoir et Parole : l’ACO du diocèse de Lille prépare les élections

Les militants du mouvement ouvrier et en particulier les chrétiens ont lutté toute leur vie pour la justice sociale, le vivre-ensemble et le partage des richesses avec de belles réussites. Mais le vent politique actuel semble souffler dans le sens de la régression sociale, du rejet de tout ce qui est faible et différent et de la compétition à outrance. Les personnes du milieu ouvrier ont le sentiment d’être ignorés… Alors qu’est ce qui nous arrive ?

C’est à cette question verte de franchise que plus de 90 membres et proches de l’ACO ont tenté de répondre vendredi 13 janvier 2017 à Tourcoing. Réunis en groupes de 6 à 8 personnes, les participants ont débuter la rencontre en visionnant un film de témoignages : une militante syndicale, un engagé politique, un demandeur d’emploi et une engagée auprès des migrants. Dès la fin du film les réactions fusent : « la politique, c’est une belle pagaille » lance une dame. Finance internationale, partage des richesses, Europe, rupture avec les élites… Les griefs sont aussi vrais que nombreux. Alors chacun est invité à écrire son avis sur un post-it et à le partager avec son groupe. Un grand brouhaha plein de convictions rempli alors la salle.

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Bernard Stéphan, codirecteur du magazine Témoignage Chrétien et directeur des éditions de l’atelier, est alors invité à apporter son regard sur la situation politique. Ce qu’il fait en reprenant les mots du militant communiste italien Antonio Gramsci écrits lors de son emprisonnement par le régime fasciste dans les années 20 : « La crise consiste justement dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés ». Donc si ça va mal, c’est que quelque chose de nouveau est en train de naître.
Puis l’orateur expose les raisons qui font qu’on en est arrivé là. Il met en évidence 6 changements fondamentaux qui ont eu lieu depuis les années 50 et qui bouleversent la politique :
Le phénomène démographique qui est lié à la mondialisation.
La prise de conscience que notre planète a des limites
Le changement de rapport de force entre le travail et le capital.
La financiarisation du monde.
La révolution d’internet
Le retour du religieux

L’écoute studieuse de l’intervention laisse place au débat : « Maintenant, on rejette la faute des injustices sur les victimes et pas sur les coupables », « On ne parle plus de politique en famille, il y a une coupure inter-générationnelle », « il existe des lieux d’éducation populaire : associations, syndicats… », « La révolte en ce moment se traduit par des mouvements spontanés qui se créent comme Nuit debout, Podémos, les monnaie locale, artisans du monde… ça ne peut bouger que si on se met ensemble », « l’autoritarisme gagne du terrain partout », « l’Europe ne doit pas avoir l’argent comme moteur »… Les échanges témoignent des craintes et de la perte de repères mais aussi des espoirs et des convictions profondément ancrées de militants qui n’ont pas abandonné le terrain.

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Bernard Stéphan prend la parole pour proposer trois scénarios d’avenir possibles :
1. La montée de l’autoritarisme et la course aux armements.
2. La montée de gouvernements technocratiques qui dernière le mot « réforme » impose leur solution. C’est le règne des « experts »
3. Un plus grand développement de la démocratie… comme processus jamais achevé et qui se perfectionne toujours.

Pour esquisser un avenir, les participants ont tenté de répondre à la question « Et nous, tellement différents les uns des autres, que pouvons-nous construire ensemble ? Que faisons-nous ici ce soir ? Qu’est-ce qui nous réunit ? » Une parole forte est ressortie de ce débat :

1 – Etre ensemble, ce soir… c’est rendre réelle la fraternité. Comme une responsabilité commune : une responsabilité « corporelle ». Manifester que l’on fait partie d’une même humanité. L’expérience que nous vivons ensemble est fondatrice. Elle témoigne d’une confiance réciproque.

2 – Etre ensemble, ce soir… c’est être porteur d’espoir. Car nous savons nous émerveiller ensemble des transformations. C’est lié à la question du CROIRE. C’est vivre en confiance, car nous partageons nos raisons de vivre et d’agir.

3 – Etre ensemble, ce soir… c’est faire honneur à la Parole. La parole prononcée mais aussi la parole exprimée dans des gestes, des expressions artistiques etc… comme on le fait si bien à « Lille de nos rêves » ! C’est faire honneur à la « parole des pauvres » des personnes qui vivent la fragilité et la précarité. Cette parole exprime la puissance de la dignité. Voilà ce qu’on « fait », ce qu’on « fabrique » à l’ACO !

Notre rassemblement est un acte de confiance Qui produit une création. Il élargit notre pouvoir d’agir sur nos vies et sur nos sociétés.

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Cette rencontre était un commencement. L’acte 2 se jouera le vendredi 27 janvier 2017 de 18h30 à 21h30 au centre pastoral (25, rue de la cloche à Tourcoing). Au programme, politique et foi Avec un apport théologique et biblique par Maxime Leroy, prêtre (apport réalisé en collaboration avec Francis Dumortier, bibliste). Venez nombreux !

Téléchargez l’invitation :invitation-janvier-2017-1

Le numéro de janvier 2017 de Vivre Ensemble, la revue de la Mission Ouvrière des Flandres Lys est paru !

La Mission Ouvrière de Flandres Lys n’a pas chômé en décembre avec une belle fête de noël en Mission Ouvrière !

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Vous retrouverez toutes ces infos et les rendez vous à venir dans le dernier numéro de Vivre Ensemble, la revue de la Mission Ouvrière de Flandres Lys : vivre-ensemble-janvier-2017

Mgr Ulrich promu à la légion d’honneur : « L’État reconnaît à l’Église le droit de s’exprimer »

Archevêque de Lille depuis 2008, Mgr Laurent Ulrich vient d’être promu chevalier de la Légion d’Honneur le 1er janvier 2017. La Mission Ouvrière du diocèse de Lille se réjouit de cette reconnaissance de la République française faite à un homme d’Église attentif à la vie ouvrière et aux quartiers populaires de son diocèse.

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Mgr Ulrich revient sur le sens que revêt cette distinction pour un responsable religieux dans un article de Samuel Lieven dans le journal la Croix du 3 janvier 2017 :

Quelle signification la Légion d’honneur revêt-elle pour un responsable religieux ?

Mgr Laurent Ulrich : C’est d’abord quelque chose de touchant, un signe de reconnaissance à l’égard de ce que l’on fait et des engagements que l’on prend. Cette distinction – à laquelle je n’étais nullement candidat, pas plus que je ne sais qui m’a recommandé au ministère de l’intérieur – signifie aussi que ce que l’on fait en tant qu’évêque ou ecclésiastique n’est pas réservé à une partie de la population, à une communauté à part, mais participe du bien commun.
De ce point de vue, on touche au cœur de la tradition laïque et républicaine : chacun est membre de l’unique communauté nationale, quelles que soient son activité et sa conviction.

En quoi l’action d’un évêque participe-t-elle au bien commun ?

Mgr Laurent Ulrich : Nos engagements, nos prises de parole et leur répercussion dans l’espace public peuvent tout d’abord être perçus comme faisant du bien au sein de la population. L’engagement de l’Église au service des plus fragiles, des communautés et de l’intégration des composantes les plus diverses de la société sont aussi facteur de bien-être et de cohésion dans le pays.
Enfin, la manière de conduire l’Église participe également au bien commun. Si j’étais un agitateur inconséquent, je ne pense pas que j’aurais reçu cette distinction.

La reconnaissance officielle est-elle vraiment compatible avec la radicalité de l’Évangile ?

Mgr Ulrich : Jusqu’à présent, cela n’a pas empêché l’Église de s’exprimer, comme elle l’a encore fait récemment avec le document Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique. Les élus, les candidats ou les responsables à qui je l’ai envoyé ont reconnu la valeur de cette prise de parole : sans être partisane, elle souligne les enjeux qui se posent à la veille de cette année cruciale au plan électoral.
Ce signe de reconnaissance signifie finalement que l’Église a droit à la parole et c’est très positif dans le contexte que nous connaissons aujourd’hui.

Est-ce une manière, après une période au cours de laquelle nombre de catholiques ont pu se sentir négligés dans le débat public, de pacifier la situation ?

Mgr Ulrich : D’un côté, on entend beaucoup de critiques sur le mode : « Mais de quoi l’Église se mêle-t-elle ? » D’un autre côté, l’État a toujours donné des signes rappelant que l’Église a le droit à la parole. Au fond, c’est une manière pour ce dernier de nous dire : « Quel que soit votre positionnement, vous avez le droit de parler. » Cela a évidemment une vertu pacificatrice dans une société où on peut ne pas partager la même opinion mais, néanmoins, l’exprimer. C’est même un signe de bonne santé !