A la veille du 1er tour des organisations chrétiennes dont la JOC et l’ACO appellent à un sursaut citoyen

De nombreuses organisations et mouvements d’Eglise lancent un appel au sursaut citoyen à quelques jour des élections.  Parmi eux des composantes de la Mission Ouvrière (JOC, ACO) et un grand nombre de nos partenaires. A lire et partager :

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A la veille du grand rendez-vous démocratique qu’est l’élection présidentielle, dans un contexte de discrédit grandissant de la parole publique et de sentiment d’impuissance face à l’état du monde, nos organisations et mouvements d’Église appellent à un sursaut citoyen.

Cet appel fait écho à celui lancé par le pape François aux jeunes lors des Journées mondiales de la jeunesse à Cracovie en juillet 2016 : « Voulez-vous changer le monde ? ».

Cette interpellation nous est aujourd’hui adressée, à chacun et chacune, en ce temps électoral. Voulons-nous changer le monde et redonner sens à la citoyenneté, en ayant conscience d’habiter une même terre, en étant engagés vers un même avenir, en nous impliquant dans la gestion de la chose publique et en agissant pour l’intérêt général ?

En tant qu’acteurs de la société civile, notre rôle d’organisations et mouvements catholiques n’est pas de prendre parti mais bien de prendre part à la vie démocratique et d’inciter les citoyens à discerner les possibles et les souhaitables, à exercer leurs droits et leurs devoirs et à mettre en cohérence leur vote avec leurs convictions, leurs valeurs morales et leur foi.

Une inquiétude se développe chez celles et ceux qui habitent notre pays quant à l’avenir de leurs enfants et à la précarisation du travail et des liens sociaux. La stigmatisation de celui qui est différent, la volonté de construire des murs, la surenchère de propositions sécuritaires et identitaires : ces idées sont dangereuses pour une société qui aspire au vivre ensemble dans la paix et le respect de la dignité de chacun. On ne construit pas un projet de solidarité contre certains groupes et contre des personnes. On ne construit le lien social qu’avec celles et ceux qui vivent ensemble et participent au devenir de la communauté.

Notre foi et nos valeurs nous appellent à ne pas céder devant la colère, la peur et le rejet de l’autre, mais à plaider la cause des plus pauvres et à promouvoir le respect de la personne humaine et de l’environnement. Nous pensons que les solutions aux problèmes auxquels notre société est confrontée se trouvent dans l’ouverture, le dialogue et l’échange pour construire ensemble une France et une Europe plus justes dans un monde de droit et de dignité.

Les dizaines de milliers de bénévoles de nos organisations et mouvements sont témoins tous les jours que la réalité de la société française, c’est aussi et surtout des milliers d’actions concrètes qui construisent une planète plus solidaire et fraternelle. Des professionnels – salariés, agriculteurs, entrepreneurs, syndicalistes – développent d’autres manières de travailler, plus soucieuses de l’intégration des jeunes générations et de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Des familles accueillent des migrants chez elles. Des « jeunes » ou des plus « anciens » font le choix de modes de vie plus sobres dans le cadre d’une économie sociale et solidaire : potagers agro-écologiques, covoiturage, Amap… De nombreux projets voient le jour pour développer la démocratie participative qui sont autant de germes de mobilisation citoyenne locale. Des centres-villes réinvestis et de nouvelles initiatives rurales redynamisent nos régions…

Les échéances électorales sont une nouvelle opportunité de redire aux futurs décideurs le besoin de replacer la dignité de l’humain au cœur de leurs préoccupations. C’est aussi l’occasion de rappeler ce destin commun de l’Humanité qui passe par la solidarité, à l’échelle locale, nationale, européenne et internationale. Nous appelons tous les citoyens et citoyennes à mettre en œuvre concrètement ces valeurs de droit et d’égale justice et à les porter dans leur vote. Il faut tout faire pour contribuer à élever le débat politique et combattre la tentation du repli sur soi ou la peur de l’autre.

Comme les évêques nous y ont incités en invitant « chacun et chacune à exercer son discernement et sa responsabilité pour le bien de tous », notre devoir aujourd’hui est de faire entendre notre voix.

Cette dynamique démocratique devra se poursuivre au lendemain du second tour des élections législatives en demandant aux élus de rendre compte de leur mandat, et en s’impliquant dans la vie locale afin de contribuer au renouveau de l’exercice de la citoyenneté.

Cette tribune a été publiée le 13 avril 2017 sur le site du journal La Croix

Liste des Signataires :

Action catholique des milieux indépendants (ACI)
Action catholique ouvrière (ACO)
Apprentis d’Auteuil
Association des cités du Secours catholique
CCFD-Terre Solidaire
Chrétiens dans le monde rural (CMR)
Chrétiens dans l’Enseignement Public
Chrétiens en Forum
Communauté Mission de France
Communauté Vie Chrétienne (CVX)
Confrontations
Délégation Catholique pour la Coopération (DCC)
Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC)
Fédération française des Equipes Saint-Vincent
Instituts religieux et Solidarité internationale (IRSI)
Jeunesse étudiante chrétienne (JEC)
Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC)
Justice et Paix
Mission de la mer
Mouvement chrétien des cadres et dirigeants (MCC)
Mouvement chrétien des retraités (MCR)
Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC)
Ordre de Malte
Pax Christi
Scouts et Guides de France
Secours catholique – Caritas France
Semaines sociales
Voir Ensemble

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Elections : CCFD et ses partenaires veulent faire le pari de la solidarité

La Mission Ouvrière travaille en lien étroit avec les acteurs catholiques de la solidarité dans le diocèse de Lille. La JOC, l’ACO et l’ACE sont membre de la collégialité du CCFD Terre Solidaire et participent aux initiatives de terrain comme Bouge ta planète. Les acteurs de la Mission Ouvrière nouent également de nombreux partenariats avec le Secours Catholique pour porter la parole des plus démunis et agir auprès de migrants. Ces partenaires de la Mission Ouvrière se sont réuni avec d’autres pour interpeller les candidats élections présidentielles. Une démarche forte qui mérite d’être partagée et entendue.

ActionAid-Peuples Solidaires, CCFD-Terre Solidaire, Oxfam France, Secours Catholique-Caritas France font 15 propositions à l’adresse des candidat-e-s en vue des élections présidentielle et législatives de 2017. Que vous pouvez découvrir sur le site internet « Le pari de la solidarité » qui pose des constats forts :

Nous sommes plus de 7 milliards de femmes et d’hommes sur la planète, chaque jour plus interdépendants et confrontés aux mêmes défis et crises (politique, économique, sociale, écologique), qui se succèdent et s’alimentent entre eux. Face à cette situation, les politiques publiques – aux niveaux français, européen et international – ne sont pas aujourd’hui à la hauteur des enjeux. Les citoyen-ne-s en France et dans le monde, notamment les plus vulnérables, subissent de plein fouet ces crises et sont en attente de vraies réponses. Elles existent. Que ce soit par un juste partage des richesses, par la promotion de la justice climatique et de la souveraineté alimentaire, ou par la protection des droits humains, des choix politiques et stratégiques fondamentaux s’offrent à celles et ceux que nous élirons en 2017. C’est une question de courage, de volonté et de vision. Parce que les hommes et les femmes qui vont candidater à la présidence de la République et à l’Assemblée nationale doivent se donner l’ambition d’une France plus solidaire et d’un monde plus juste. Parce qu’il est encore temps de le faire.

Le CCFD a fait le choix de mettre ses les 15 propositions en perspectives au travers de quelques axes forts : la souveraineté alimentaire et la justice climatique, l’évasion fiscale, la régulation des entreprises multinationales et les migrations. Sur tous ces sujets, quelques points communs : mettre le plus petit au centre, combattre la dictature de l’argent et une soif de justice mais aussi l’urgence d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

Découvrez les 15 propositions : dp_ccfd-terresolidaire_elections2017

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Emploi, santé, expérience… Regards de jeunes sur le travail digne avec la JOC de Dunkerque

En recherche d’emploi, suivi par la mission locale, en formation professionnelle, en service civique ou en réorientation, les jeunes réunit par la JOC de Dunkerque connaissent bien les difficultés d’accès à un emploi digne. Des difficultés que la dernière enquête nationale de la JOC met en évidence. C’est pour porter leur regard sur les résultats de cette enquête et pour témoigner de leur vie que Justine, Sylvain, Marie, Valentine, Grégoire et Angélique se sont retrouvé à Grande Synthe ce 11 février 2017.

Dans la salle qui accueille la rencontre, les jocistes ont affiché les chiffres clés de l’enquête. Chaque participant est alors inviter à choisir celui qui le marque le plus sous forme d’un jeu.

Sylvain, 22 ans de Fort Mardyck prend la parole « il y a du positif, 74% des jeunes trouvent que la société permet un accès satisfaisant aux soins médicaux. Avec la sécurité sociale, les mutuelles, la CMU, on a ce qu’il faut pour être bien soigné en France. Le chiffre qui me choque c’est le 1% de jeunes qui pense que pour avoir une vie digne il ne faut pas travailler. Ça prouve que les jeunes veulent bouger, qu’on ne reste pas là à rien faire, on bouge pour avoir de l’autonomie ».

« Le chiffre qui me correspond le plus c’est les 25% de jeunes qui sont prêts à se battre pour accéder à l’emploi digne. Il faut se battre auprès de Pôle Emploi pour avoir une formation pour qu’il nous la finance » poursuit Justine, 26 ans d’Herzeele avant d’ajouter « Le chiffre qui me choque, c’est la santé car j’ai fait pas mal de missions d’intérim et notre mutuelle obligatoire a des quotas. Quand je suis malade, si j’atteins le quota, je ne suis plus affiliée chez eux. J’ai du prendre une deuxième mutuelle car certains médicaments ne sont pas remboursés ».

Pour Valentine, 21 ans en service civique c’est la situation des jeunes privés d’emploi qui pose problème : « Il y a 30% des jeunes privés d’emploi qui disent que leur situation est stressantes et frustrantes. On essaie de toujours vouloir bien faire, comme on voit qu’on n’y arrive pas, c’est là que ça devient stressant et frustrant. Je sors de service civique alors Pole Emploi m’a radié et je ne suis éligible à rien ». Les jeunes présents l’interpellent sur son avenir. Valentine se dit prête a prendre ce qu’il y a même si elle doit repartir en formation en témoignant de sa frustration lié au service civique : « Il s’arrête le 28 février. Comme c’est dans une petite école, il n’y a pas beaucoup de budget, ils ne peuvent pas se permettre de me prendre en contrat. Pas cool, surtout quand on a beaucoup travaillé, qu’on a beaucoup donné pour l’école, on a fait plein de choses, après, il n’y a rien derrière ».

C’est alors que Pole Emploi fait l’unanimité… contre lui. Pour Angelique « il vaut mieux ne pas compter sur eux ». Grégoire 22 ans de Bourbourg en remet une couche « tant que tu es en service civique, ils ne veulent pas te voir, je suis septique ». Puis il embraye sur le chiffre de l’enquête qui le marque le plus « 84% des jeunes considèrent que leur activité actuelle n’est pas un emploi digne ! J’ai compris beaucoup de choses depuis la fin de mes études. Mes profs me disaient « tu es diplomé, tu trouveras » et je me rends compte de ce que c’est un boulot indigne. Quand on est étudiants on ne se pose pas toutes ces questions. Je suis imprimeur, j’ai eu mon BTS en juin, j’ai eu un CDI coupé en 2 et à la fin de la période d’essai, ils m’ont viré. Puis un CDD à Arras et enfin à Lille en Service Civique, le temps de me retrouver les pieds sur terre. Je suis d’accord avec le chiffre disant qu’un emploi digne c’est avant tout un Contrat à Durée Indéterminé. »

Marie 22 ans en formation d’enseignante prend le relais « Ce qui m’a choqué c’est le graphique des salaires. Si on travaille plus de 35h ce n’est pas normal de toucher moins de 900€ par mois. Comme vacataire, je touchais plus 900€. Je suis encore chez mes parents, cet argent c’est des économies que je peux faire. Mais il y en a qui doivent payer des factures, un appat, les impôts, à 900€ par mois, tu ne peux pas ».

Angélique apporte son regard sur ces situations : « quand tu as entre 13 et 17 ans et que tu es en alternance, c’est souvent de l’argent de poche car tes parents te soutiennent. Mais ceux qui ne bossent pas, c’est pas cool pour eux, rien qu’à Dunkerque, ceux qui ont moins de 30 ans, il doit y en avoir pas mal qui n’ont pas de logement ».

Alors le débat se poursuit sur les conditions d’emploi dans le dunkerquois et en particulier la difficulté a se faire de l’experience quand les entreprises ne veulent que des gens experiementés et le bas niveau des salaires. Alors Justine témoigne «  Fin janvier, j’ai eu un entretien d’embauche pour une mission d’intérim de 18 mois, j’ai dû annuler les tests de l’autre côté. Je viens à peine de sortir de mon stage avec le diplôme. 18 mois, ça me permettait d’avoir de l’expérience. La personne qui me prend en entretien, elle n’avait pas mon CV et ne pose pas de questions. On nous répond toujours la même chose, pas d’expérience, pas d’expérience… »

Marie analyse la situation avec une grande justesse « j’ai l’impression que c’est une société schizophrène d’un coté le chômage augmente et de l’autre on nous refuse le travail car on a pas assez d’expérience ».

Un échange entre jeunes qui entre en résonance avec l’homélie du pape François du 31 décembre 2016 sur le chômage des jeunes : « Nous avons créé une culture qui, d’une part, idolâtre la jeunesse cherchant à la rendre éternelle ; mais, paradoxalement, nous avons condamné nos jeunes à ne pas avoir d’espace de réelle insertion, parce que nous les avons lentement marginalisés de la vie publique, les obligeant à émigrer ou à mendier des occupations qui n’existent pas ou qui ne leur permettent pas de se projeter dans un lendemain. Nous avons privilégié la spéculation au lieu de travaux dignes et honnêtes qui leur permettent d’être des protagonistes actifs dans la vie de notre société. Nous attendons d’eux et exigeons qu’ils soient ferment d’avenir, mais nous les discriminons et les « condamnons » à frapper à des portes qui de plus demeurent fermées ».

Ouvrir les portes de l’emploi digne aux jeunes, c’est ce que la JOC propose de faire lors du grand rassemblement national du 15 avril 2017 !

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Jeunes, réservez vos places au près de la JOC de Dunkerque : Damien Bindault 06.63.76.02.42, joc.dunkerque@gmail.com
Adultes, parrainez des jeunes !

Regard de sociologue : « Les classes populaires ne sont pas seulement dominées, elles agissent »

Dans un entretien réalisé par Pierre Chaillan et publié dans le journal L’Humanité des 3,4 et 5 février 2017, le sociologue Paul Bouffartigue apporte son regard sur la situation des classes populaires. Un point du vue intéressant pour les acteurs de l’évangélisation du milieu ouvrier. Une vision a croiser avec l’analyse très juste du pape François sur les milieux populaires, la culture du rebut et l’indispensable recherche d’une alternative au système capitaliste.


Dans un essai politique intitulé En quête des classes populaires, le sociologue,avec d’autres chercheurs en sciences sociales, souligne les évolutions d’appartenance au sein des groupes sociaux. Et s’il s’inscrit dans la lutte des classes, il insiste sur la nécessité de tenir compte des nouvelles formes d’autonomisation culturelle.

Pourquoi présentez-vous, avec d’autres sociologues, votre ouvrage, En quête des classes populaires (1), comme « un essai politique » ?

Paul Bouffartigue : Nous ne voulions pas faire un nouvel ouvrage savant sur le sujet. On s’engage sur un certain nombre d’idées. La première concerne le passage de la notion de « classe ouvrière » à celle de « classes populaires ». Cela ne va pas de soi et soulève toute une série de questions. « Classes », et non pas milieux, catégories ou couches populaires : nous y tenons. Pour autant, nous ne considérons pas forcément cette notion de classes populaires comme idéale. L’utiliser de manière non critique est insuffisant. Si l’on se contente de définir les classes populaires comme les catégories sociales du bas de l’échelle, avec au-dessus les classes moyennes et encore au-dessus les classes supérieures, on évacue la réflexion en termes de rapport de classe et de lutte de classes. Les classes populaires ne sont pas seulement dominées, elles réagissent et agissent. Et là, nous prenons à rebours une vision académique dominante. C’est en cela que c’est un essai politique. Ce qui nous intéresse, c’est bien la dimension politique et pas seulement sociologique de la déconstruction et de la reconstruction des classes. Dans le même temps, nous n’avons pas trouvé beaucoup mieux que « classes populaires » pour parler de cet espace social. Et surtout, cela permet de ne pas parler que des « classes moyennes », comme le fait le discours politique, médiatique.

C’est aussi vrai de la sociologie ?

Paul Bouffartigue : Ici il faut relativiser, compte tenu de l’influence de la sociologie critique. On trouvera peu de sociologues pour soutenir un diagnostic de « moyennisation sociale ». En revanche, c’est loin d’être gagné dans l’espace politique et médiatique, où l’on n’évoque quasiment que les classes moyennes, avec une définition très extensive : presque tout le monde en fait partie… sauf les « exclus ». Nous combattons cette vision.

Où vos travaux se situent-ils par rapport aux autres recherches en sociologie ?

Paul Bouffartigue : L’approche des milieux populaires est très marquée par la pensée de Pierre Bourdieu, par rapport à laquelle, inscrits dans la filiation marxiste, nous nous situons en affinité critique. Avec le sociologue Olivier Schwartz, nous considérons, certes, que ce sont des catégories dominées dans une série d’aspects de leur existence, mais qui ont toujours certaines ressources d’autonomie culturelle. Pourtant il faut se demander, avec l’allongement de la scolarisation des enfants des catégories populaires ou encore avec les transformations des conditions d’existence, que reste-t-il de cette autonomie culturelle ? Ainsi, nous allons plus loin, en affirmant qu’au-delà des formes d’autonomie culturelle, il y a des formes de résistance et de réappropriation des conditions de vie qui ont à voir avec la lutte des classes et qui ont des implications politiques. C’est là que nous introduisons avec Denis Merklen la notion de « politicité ». Il s’agit d’essayer de comprendre que, pas davantage que dans les autres classes d’ailleurs, on serait d’abord socialisé avant de rencontrer la politique. Cette notion permet d’appréhender des conduites et des comportements autrement qu’à partir d’un ethnocentrisme de classe amenant, par exemple, à décréter que les gens qui ne votent pas sont extérieurs à la politique. Or il y a des tas de pratiques populaires à dimension politique. Ce sont en particulier des formes de violence voire d’illégalisme qui ont toujours existé dans ces classes, mais que l’on voit réapparaître plus clairement aujourd’hui.

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Vous voyez même dans ces pratiques une recherche de collectif ?

Paul Bouffartigue : Dans le passage de la notion de classe ouvrière à celle de classes populaires, il y a le passage de l’unité (« la ») à la pluralité (« les »). Et, en même temps, l’effacement d’un acteur politique. Car parler de classe ouvrière c’est parler d’un ensemble d’institutions politiques qui lui assuraient une visibilité et une représentation fortes sur la scène sociale et politique. Dans le cas de la France, en particulier au travers de la CGT et du Parti communiste, entre les années 1930 et 1960. La grande transformation, c’est d’abord l’affaiblissement drastique de ce mouvement ouvrier. Affaiblissement dû à l’offensive néolibérale et à la déstructuration du groupe ouvrier. Mais nous invitons aussi au retour critique sur les fragilités propres au mouvement ouvrier, d’ordres politique et culturel. La critique du travail, du productivisme, du consumérisme et des phénomènes de délégation de pouvoir y a longtemps été refoulée, et les groupes les plus exploités – immigrés, femmes – sous-représentés. Mais comme la lutte des classes est plus que jamais à l’œuvre, il faut essayer de regarder aujourd’hui les classes opprimées avec de nouvelles lunettes afin de repérer quelles sont ses nouvelles manifestations.

Dans le monde du travail, des transformations profondes sont à l’œuvre. Quelles sont-elles et qu’entraînent-elles ?

Paul Bouffartigue : Les classes populaires, ce ne sont pas seulement les habitants des banlieues ou des cités populaires. Elles sont présentes aussi dans des centres-villes, dans les petites villes, dans les zones rurales, etc. Les classes populaires, ce sont d’abord les mondes du travail ouvrier et employé, en gros la moitié de la population. Il existe aussi de nombreuses catégories sociales qui en relèvent ou s’en rapprochent. D’ailleurs même à l’époque de l’hégémonie de la classe ouvrière sur les mondes populaires, l’ouvrier d’usine des grandes concentrations industrielles était loin d’épuiser la réalité du monde du travail. Aujourd’hui, les ouvriers sont dispersés dans une multitude de petites entreprises sous-traitantes. D’ailleurs, une grande partie d’ouvriers sont aujourd’hui recensés dans le tertiaire (maintenance, logistique, transports, commerce, etc.).

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Mais qui sont alors les ouvriers et les employés d’aujourd’hui ?

Paul Bouffartigue : Les frontières entre les cols bleus et les cols blancs ont explosé, dans les contenus du travail mais aussi dans les parcours professionnels. Il y a une convergence dans les conditions matérielles objectives de travail entre production et services. Anciennes et nouvelles formes d’oppressions et de pénibilités se superposent : la précarité s’ajoute à la faiblesse des salaires, la pénibilité physique, l’allongement de la durée du travail, les pressions psychiques, les tensions avec le public, l’appel à la responsabilité, etc. Dans ce contexte, il est souvent bien plus difficile de faire grève. Reste que les formes de contestation et d’action revendicatives sont nombreuses et évoluent : refus des heures supplémentaires, pétitions, délégations auprès de la direction, mais aussi démissions, absentéisme, etc.

Quelle est aujourd’hui la « figure du peuple réel » composant les classes populaires ?

Paul Bouffartigue : On peut partir de la manière dont le genre construit ces classes populaires. Les ouvriers sont majoritairement des hommes, et les femmes des employés. Pour relativiser les mouvements de polarisation entre précaires et moins précaires – indéniables par ailleurs –, il suffit de savoir que très souvent un homme ayant un emploi stable vit avec une femme qui est davantage exposée à la précarité. Inversement, les divisions ont une forte dimension spatiale. Au-delà, avec l’affaiblissement des organisations collectives des classes populaires, toutes les logiques de différenciation et de divisions se renforcent, cultivées et entretenues notamment par les formations politiques de droite et d’extrême droite. Olivier Schwartz parle d’une conscience tripolaire de classe. Là où la conscience de classe opposait le « nous », en bas, aux « eux », les puissants, ceux d’en haut, le « nous » ne s’oppose plus seulement à « ceux d’en haut », mais à ceux qui sont encore plus pauvres, moins méritants, vus comme « assistés » et/ou ceux dont la couleur de peau est plus sombre. Pour autant, il ne faut pas survaloriser conflits et tensions, occulter les pratiques de solidarité qui existent au quotidien et sous-estimer l’existence de nouvelles formes d’autonomie culturelle, comme on en trouve dans le rap.

Ces nouvelles formes incluent-elles la dénonciation de l’exploitation et de tous les rapports de domination ?

Paul Bouffartigue : Le risque est d’avaliser le passage du couple « classe ouvrière »/« exploitation » à celui de « classes populaires »/« domination », avec la grande influence en sociologie de la pensée de Bourdieu. Mais comment lutter contre la (ou les) domination(s) si on ne voit qu’elle(s) ? Sans parler du concept, qui peut même être très politiquement correct, de discriminations. Le nombre de groupes discriminés est sans limite. Elles peuvent être liées au genre, au faciès, à l’âge, à des handicaps, aux orientations sexuelles, etc. Des luttes éclatées contre les discriminations peuvent entretenir la division des classes populaires. Je ne nie pas la réalité de ces multiples discriminations. Mais sur le plan théorique et politique, il faut réhabiliter la critique de l’exploitation et du capitalisme, qui sont la base de toutes ces divisions. En tenant compte des transformations du capitalisme, telle l’abstraction de l’exploitation liée à la financiarisation. Comment y parvenir à partir de la pluralité des classes populaires et des expériences des oppressions et de l’exploitation ? Cela reste un vaste chantier.

Dans ce chantier, vous identifiez des résistances, quelles sont-elles ?

Paul Bouffartigue : Il est important de voir d’abord les résistances existantes, y compris lorsqu’elles nous dérangent, qu’elles prennent des formes violentes. Ensuite, dans les catégories les plus dominées ou opprimées, des luttes parfois spectaculaires se développent : femmes de ménage de l’hôtellerie, travailleurs sans papiers, VTC, jeunes de la restauration rapide, etc. Une fois que l’on a pris au sérieux ce constat, il faut voir comment fédérer et organiser ces luttes. C’est une question qui se pose dans le mouvement syndical. Elle se pose sans doute trop peu du côté des forces politiques qui prétendent représenter ces classes populaires, comme l’a montré Julian Mischi à propos du Parti communiste. La balle est dans le camp des forces qui ambitionnent toujours de changer la société. Pourquoi la place n’est pas suffisamment faite, dans l’ancienne matrice de gauche, à ces nouvelles cultures politiques, de luttes et de résistances ? Ce livre invite à travailler ces questions car nous ne faisons pas le deuil de la représentation politique des classes populaires.

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À quelles conditions peut-on arriver à faire émerger des alternatives ?

Paul Bouffartigue : C’est la question de la reconstruction d’un projet alternatif et mobilisateur. Il faut donc à la fois promouvoir, bien sûr, la rencontre dans différents espaces entre les acteurs des luttes et la politique, leur laisser une place mais aussi mener le travail sur l’alternative, comme le rappelle Roger Martelli, qui parle de « refaire peuple ». Cela invite au débat avec les théoriciens d’un « populisme de gauche », Ernesto Laclau et Chantal Mouffe. Contre ceux qui tentent de constituer le peuple contre l’étranger, il s’agirait de le constituer – et d’abord par l’alliance des classes populaires et des classes moyennes – contre l’oligarchie financière. Le mouvement altermondialiste, en s’efforçant de relier les enjeux planétaires, environnementaux, de santé publique et les enjeux du travail, de droits économiques et sociaux, a posé les jalons d’un espace de convergence. Ce qui est intéressant dans la notion de peuple, c’est justement sa dimension à géométrie variable. Le peuple, comme les classes, sont des constructions politiques.

(1) En quête des classes populaires, un essai politique, de Sophie Béroud, Paul Bouffartigue, Henri Eckert et Denis Merklen. Éditions la Dispute, 216 pages, 20 euros.

Paul Bouffartigue, un sociologue du travail
Du monde ouvrier, autour des aciéries de Fos (Bouches-du-Rhône) des années 1970, des conditions d’existence des ingénieurs jusqu’au travail précaire, Paul Bouffartigue est un sociologue qui n’a jamais déserté le terrain de la lutte des classes. Après des études de sociologie à Caen puis à Aix-en-Provence, il obtient son doctorat en 1982 et est habilité à diriger les recherches depuis 1997. Auteur de nombreuses publications, il est directeur de recherche au CNRS au Laboratoire d’économie et de sociologie du travail (Lest), à Marseille.

Retrouvez tout l’entretien et bien plus sur le site du journal L’Humanité

La Perm’emploi de la JOC lilloise mise en lumière par La Croix et KTO

Le 26 janvier, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne a révélé les résultats de l’enquête menée entre septembre et décembre 2016 auprès de plusieurs milliers de jeunes sur le travail digne. A quelques semaines des élections présidentielles, ces résultats étaient attendus tant au niveau national qu’au niveau local, pour mettre en avant la vie et les avis des jeunes du milieu ouvrier sur la question du travail. Dans le diocèse de Lille, les jocistes ont fait remplir plusieurs centaines d’enquêtes sur le littoral dunkerquois, dans l’agglomération lilloise, à Roubaix et à Tourcoing. Un diocèse où la JOC agit déja sur le travail des jeunes.

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Les jocistes de Lille en pleine réflexion sur le travail digne

La campagne « dignes et travailleurs : notre défi pour l’avenir » fait bouger les ligne dans l’Église. C’est en tout cas ce qu’affirme le quotidien La Croix en consacrant aujourd’hui un grand article à la campagne de la JOC. On y retrouve le témoignage de Guillaume, responsable fédéral de la JOC de Lille et investi dans la perm’emploi de la JOC qui accueille chaque semaine des jeunes en recherche d’emploi :

Guillaume Fache, 28 ans, doit à ces temps d’échange « une fière chandelle ». Le jeune homme, qui a commencé à fréquenter la permanence de l’antenne jociste de Lille-Nord alors qu’il était en troisième année de licence d’économie, a réussi à obtenir, en partie grâce à cet accompagnement, un premier stage à la Banque alimentaire. Quelques mois plus tard, « la perm’» l’aide à monter un dossier pour postuler à un master de management stratégique des affaires à Grenoble. Sa candidature est retenue. Diplômé en mars dernier – « une reconnaissance très gratifiante dans ma famille, qui a fait peu d’études », confie-t-il –, il s’apprête, après plusieurs mois d’arrêt liés à un accident de voiture, à reprendre ses recherches. Et espère décrocher, « d’ici un ou deux mois », son premier emploi.

La Perm’Emploi, une initiative forte de la JOC qui intéresse beaucoup puisse qu’elle fera aussi l’objet d’un petit reportage début février dans l’émission Vie des diocèses de la chaîne chrétienne de télévision KTO. Guillaume et Marie, accompagnatrice du projet et membre de l’ACO, ont témoigné devant la caméra de cette belle expérience et de ce qu’elle permet aux dizaines de jeunes qui la fréquente.

L’article de Malo Tresca paru le 26 janvier 2017 dans le journal La Croix : La Jeunesse ouvrière chrétienne mobilise les paroisses pour « l’emploi digne »

Le site de l’émission Vie des diocèse de la chaîne télévision KTO

Résultats enquête JOC : Pour les jeunes, le CDI est la principale clé pour accéder à un emploi digne

C’est le grand jour ! La Jeunesse Ouvrière Chrétienne dévoile les résultats de sa grande enquête sur le travail digne des jeunes dans le journal l’Humanité du 26 janvier 2017 sous le titre « Les jeunes et l’emploi, l’enquête qui démonte les idées reçues ».

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Les jeunes de la JOC sont aller à la rencontre de milliers de jeunes du milieu ouvrier partout en France. Un échantillon de 3600 jeunes a été retenu pour comprendre ce que vivent et disent les jeunes de leur rapport au travail, à l’emploi et à l’accès à l’autonomie.

Dans le diocèse de Lille, plusieurs centaines d’enquête ont été remplies par les jocistes sur le littoral dunkerquois, dans les flandres, dans la métropole lilloise, à Roubaix et à Tourcoing. Les militants de la JOC ont souhaité donner la parole aux jeunes qui sont les plus invisibles dans notre société. Mis au ban du monde du travail par des emploi subis et des conditions de travail injustes, mis au ban de la société du fait de leur jeunesse et de leur origine sociale, ces jeunes sont sortis de l’ombre par le biais de cette enquête qui veut mettre en lumière leur vie et leurs avis.

Une des premières leçons de cette enquête est que le Contrat à Durée Indéterminé reste plus que jamais la porte incontournable pour accéder à une vie d’adulte autonome puisque près de 70% des jeunes interrogés estiment qu’« avoir un CDI » est la principale clé pour accéder à un emploi digne.

Ainsi, une forte majorité des jeunes interrogés (69%) considèrent avoir choisi la situation dans laquelle ils se trouvent, contre 18% qui déclarent la subir. En parallèle, 42% des jeunes privés d’emploi (JPE) expriment, eux, que leur situation est subie. Quant aux jeunes privés d’emploi de longue durée (JPELD) subissant cette situation. A l’inverse, les jeunes en contrat à durée indéterminé semblent moins subir leur situation. Ils sont, en effet, seulement 10% à l’exprimer.

De même, Seul un jeune privé d’emploi de courte durée (JPECD) sur deux et un jeune privé d’emploi de longue durée (JPELD) sur trois peut mener à bien ses projets. En revanche 74% des jeunes en CDI déclarent pouvoir mener à bien leurs projets.

Mais le CDI n’apparaît pas comme la panacée du monde du travail ! 84% des jeunes interrogés considèrent leur activité actuelle comme ne correspondant pas à la définition énoncée d’un emploi digne. Et seulement 23% des jeunes en CDI le pensent. Le statut de CDI ne semble donc pas suffir pour considérer qu’un emploi est digne. Les autres critères sont aussi importants, notamment l’environnement et les conditions de travail pour 77% des jeunes en CDI.

Enfin seuls 22% des jeunes estiment avoir les moyens d’« atteindre seuls une véritable autonomie ». Le soutien de la famille, des proches et surtout d’une système de protection social collectif performant restent donc plus que jamais indispensable.

Retrouvez les résultats et leur analyse de l’enquête dans le journal L’humanité (abonnés) ou chez votre marchand de journaux.
Les résultats de l’enquête sont également sur le site web de la JOC et en téléchargement ici : plaquette-enquete_num

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Chômage et vie de famille : Nadège, membre de l’ACO lilloise témoigne sur KTO

La chaîne de télévision chrétienne KTO donne la parole aux personnes privées d’emploi dans une série de reportage de l’émission Vies de Famille. Nadège, éducatrice spécialisée et militante de l’Action Catholique Ouvrière (ACO) de Lille témoigne dans ce reportage de 8min de l’impact du chômage sur sa vie de famille.

Dans un monde du social frappé par le désengagement financier de l’état et des collectivités locales, la recherche d’un emploi est un vrai parcours du combattant. Dans ces conditions, rechercher un emploi est une lutte dans laquelle ont prend des coups. Des coups qui ont un impact sur la vie de famille de Nadège, en couple avec Hugo et maman de la petite Maëlle.

Découvrez leur témoignage en cliquant sur l’image ci-dessous :

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Dans son message aux participants de la 3ème rencontre mondiale des mouvements populaires, le pape François utilisait une parabole du Christ pour parler du chômage et de ses causes :  » Jésus fit quelque chose de « pire », quelque chose qui irrita encore plus les hypocrites et les orgueilleux qui l’observaient parce qu’ils cherchaient une excuse pour le capturer. Il guérit la main atrophiée d’un homme. La main, ce signe si fort de l’œuvre, du travail. Jésus redonna à cet homme la capacité de travailler et, à travers cela, lui restitua la dignité. Que de mains atrophiées, que de personnes privées de la dignité du travail ! Parce que les hypocrites, pour défendre des systèmes injustes, s’opposent à ceux qui veulent guérir. » 

Découvrez d’autres reportages sur le site de l’émission Vies de famille.

« Qu’est ce qui nous arrive ? » L’ACO diocésaine pose la question qui fache à l’approche des élections

Les élections présidentielles et législatives approchent a grand pas et pourtant l’intérêt pour la politique est en berne dans les milieux populaires. La faute à qui ? À quoi ?

Sûrement aux dizaines d’années de politiques publiques inégalitaires et de recul des droits sociaux. Mais aussi à l’incapacité de nos dirigeants politiques à faire primer le respect du bien commun sur les intérêts financiers d’une minorité. Certainement encore par un personnel politique tous issus des mêmes milieux privilégiés et des même grandes écoles, incapables de comprendre le monde du travail et les périphéries de notre société. Avec pour résultats la montée de l’abstentionnisme et des idées de haine et de rejet de l’autre. La colère est là mais elle ne conduit plus comme avant vers un engagement pour le progrès social. Alors que nous est il arrivé ?

Dans ce contexte, beaucoup de militants chrétiens refusent de baisser les bras et souhaitent permettre un débat politique sain dont le milieu ouvrier serait pleinement acteur.

C’est dans cet esprit que l’Action Catholique Ouvrière du diocèse de Lille organise deux rendez-vous le 13 et 27 janvier prochain. Ces rencontres ouvertes à tous auront lieu à 18 h 30, au centre pastoral de Tourcoing, 25 rue de la cloche, avec Bernard Stephan, directeur des éditions de l’Atelier et co-directeur de Témoignage chrétien.

« Nous avons organisé une table-ronde avec un militant politique, un syndicaliste, un demandeur d’emploi et une personne engagée auprès des migrants. La rencontre a été filmée. Le 13 janvier, nous commencerons la rencontre par cette projection », explique Maxime Leroy, membre de l’organisation de la journée.

Le 27 janvier, c’est la figure du prophète Élie qui sera abordée. « Le prophète désespère, il n’a pas réussi à faire mieux que ses pères. C’est ce que pensent beaucoup d’engagés politiques ! Il se rend compte que Dieu n’est pas dans la tempête, mais dans un souffle. C’est une manière d’inviter chacun à retourner sur le terrain pour être attentifs aux moindres gestes d’une vie nouvelle et d’être davantage à l’écoute des petites choses… »

Deux rencontres qui promettent de redonner du sens à l’engagement politique et de l’espoir pour la construction d’un monde plus juste et fraternel. Venez nombreux !

Vous retrouverez toutes ces infos et d’autres propositions dans l’article de Croix du Nord du 12 janvier 2017 : Tourcoing : comment redonner du sens à la politique ? Les chrétiens y planchent

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Seclin : les habitants du quartier de la Mouchonnière osent la fraternité

La Mission Ouvrière de l’agglomération lilloise poursuit ses efforts pour encourager les habitants en quartiers populaires à se rencontrer et à créer les lieux de fraternité et de foi. Dans cette esprit, un groupe vient de se lancer dans le quartier populaire de la Mouchonnière à Seclin.

Ils étaient neuf habitants de ce quartier à partager la Galette des rois en ce froid samedi de janvier. Neuf personnes différentes dont certaines sont au travail, d’autres arrêtées par les accidents de la vie, d’autres en formation ou en recherche d’emploi, mais neuf personnes réunit par une même démarche « oser la fraternité ».

Une démarche de partage toute simple, comme se partage une galette des rois. Ainsi, tout en mangeant, une participante demande aux autres ce que représente la galette pour eux. Toutes les hypothèses arrivent… et par bribes l’évangile de l’Épiphanie est restitué…

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Une belle introduction qui permet à chacun de se présenter et de dire ce qu’il attend de ces rencontres. L’une dit « se rencontrer, avoir des liens, sortir de l’isolement ». Une autre « partager nos paroles. Parler ensemble ». Une soif de rencontre et de partage qui veut s’ouvrir aux autres.

Une dynamique naissante qui veut profiter de toutes les outils qu’offre l’Église et la Mission Ouvrière pour faire vivre la fraternité dans leur quartier : le rassemblement national de la JOC, la fête de la fraternité d’Ostricourt ou la journée de partage sur la mission en quartiers populaires du 4 février.

C’est une belle histoire qui commence à s’écrire à dix huit mains et sûrement bientôt à bien plus…

La Mission Ouvrière et KTO donnent la parole aux familles privées d’emploi

La chaîne de télévision chrétienne KTO va donner la parole aux personnes privées d’emploi dans une série de reportage de l’émission Vies de Famille auxquels la Mission Ouvrière du diocèse de Lille a contribué en mettant en contact journalistes et personnes en recherche d’emploi.

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Le premier épisode sera diffusé ce soir, mercredi 4 janvier 2017 à 21h35.

Le travail est nécessaire pour fonder et faire vivre une famille, pour contribuer au bien commun, souligne l´Église catholique. De ce fait, le chômage est une « véritable calamité sociale » (Laborem Exercens, Jean-Paul II), surtout pour les jeunes générations. Il provoque des souffrances et détériore la relation de l´homme au sens du travail. Manque de confiance en soi, doute quant à l´avenir, angoisses financières, sentiment de dévalorisation ou de perte de la dignité… ces conséquences n’épargnent pas la famille. Pourquoi le chômage remet-il autant en question ? Reportage et éclairage dans Vies de Famille.

Retrouvez plus d’infos sur le site web de l’émission

KTO est disponible par les différentes offres de vos fournisseurs d’accès internet :
Bouygues : Canal 223 – Free : Canal 245 – Numericable : Canal 58 – Orange : Canal 220 – SFR : Canal 210 – Virgin : Canal 163