Le travail, notre bien commun : une soirée de partage et de débat le 8 juin 2018 à Loos

En 2017, la Mission Ouvrière du doyenné Haubourdin-Weppes dans le diocèse de Lille avait organisé une rencontre autour des élections nationales qui a rencontré un vif succès. Forte de cette réussite, l’équipe locale composée de Geneviève, Andrée, Kathy, Nicole, Georges, Sophie et Philippe a décidé de remettre le couvert avec une soirée de débat et de partage sur une question au cœur de la vie des personnes du milieu ouvrier et des préoccupations de l’Église : le travail.

Cette soirée « Le travail : notre bien commun » aura lieu le vendredi 8 juin 2018 de 19h30 à 21h30 à la salle Sainte Anne de Loos (rue Sainte Anne à Loos).

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Travailler ? Pour quoi ? Pour qui ?

Le travail a une place centrale dans nos vies. Des le plus jeune âge, nous éduquons nos enfants a avoir le souci de leur avenir professionnel et a faire les bons choix d’orientation. Puis nos études, notre lieu de vie, nos amis et nos engagements se font en fonction de l’emploi que l’on trouve. Tout, en particulier la vie de famille, est corrélé à l’emploi que l’on occupe. Une fois à la retraite, le métier que l’on a fait reste ce qui nous défini. Le travail est donc bien plus qu’une source de revenus.

Beaucoup de personnes des quartiers populaires témoignent de leur fierté au travail mais aussi des souffrances que cela provoque : épuisement, rupture familiale, instabilité… Dans de telle conditions, comment construire une vie digne ?

C’est ce qu’affirme le pape François dans l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium de 2013 : « Nous ne parlons pas seulement d’assurer à tous la nourriture, ou une « subsistance décente», mais que tous connaissent « la prospérité dans ses multiples aspects ». Ceci implique éducation, accès à l’assistance sanitaire, et surtout au travail, parce que dans le travail libre, créatif, participatif et solidaire, l’être humain exprime et accroît la dignité de sa vie ». C’est aussi ce que promet la constitution de la république dans son préambule : « Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi ».

Equipe MO Haubourdin Weppes
L’équipe de Mission Ouvrière du doyenné Haubourdin-Weppes

Des mots ? Oui, mais dans les faits ? Qu’est ce que vivent, pensent, espèrent ceux qui travaillent, ceux qui sont privés de travail, ceux qui se préparent à une vie de travail et ceux qui restent actif après une vie entière au travail ? La Mission Ouvrière leur donne la parole lors de la soirée de partage et de débat du 8 juin 2018.

Une démarche participative pour une invitation large

Pour préparer et inviter à cette soirée, la Mission Ouvrière ouvre le débat dès a présent en donnant la parole au travers d’un outil de participation accessible à tous. Au dos de l’invitation à la soirée du 8 juin 2018, les organisateurs invitent tous ceux qui le souhaite a donner leur avis en entourant un émoji (un dessin de visage exprimant une émotion) afin de répondre à la question suivante : Quand on vous parle du monde du travail, vous êtes plutôt… ? Puis d’apporter son témoignage, son expérience pour expliquer sa réponse.

questionnaire

Participez dès maintenant en apportant votre réponse à notre questionnaire en ligne

Une soirée ouverte et riche de sa diversité

Ces témoignages serviront de base à la soirée de partage du 8 juin qui donnera également la parole à des grands témoins : un travailleur, un retraité, un chef d’entreprise, un responsable syndical ainsi qu’au père Bruno Becker, responsable diocésain de la formation du diocèse de Lille. Une soirée riche et concrète pour se dire : comment remettre le travail au service du bien commun ?

Infos : Geneviève Plichon – 06.28.18.10.25 – genevieve.plichon@sfr.fr

Téléchargez l’invitation : Le travail notre bien commun – invitation

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Gatanaëlle Debacq : nouvelle coordinatrice de la Mission Ouvrière des Flandres et du Littoral dunkerquois

Depuis le 2 mai 2018, la Mission Ouvrière du diocèse de Lille compte une nouvelle membre dans son équipe de choc ! Il s’agit de Gatanaëlle Debacq qui débute une mission à temps plein de coordinatrice des Mission Ouvrière du littoral dunkerquois et du doyenné Cœur de Flandres. Une mission sur deux territoires où elle pourra relever de nouveaux défis entourée par des équipes enthousiastes.

Gatanaëlle

Un cheminement vers une vie de mission

Agée de 23 ans, Gatanaëlle Debacq a déjà un pied dans les deux sources de la Mission Ouvrière : l’Église et le monde ouvrier.

Née dans une famille du milieu ouvrier originaire du Nord, Gatanaëlle a grandi au Havre (76) avant de rejoindre la capitale des Flandres pour y mener des études de biologie puis une licence professionnelle dans le domaine médico-social. Des études qu’elle a financé en donnant des cours dans un quartier populaire de Lille. Un vécu qui a forgé son regard sur ce milieu : « Les personnes du milieu ouvrier ce sont des gens qui se battent pour leur enfants, pour leur avenir. C’est des combattants ».

Active depuis de nombreuses années dans son diocèse d’origine, notamment dans le scoutisme, Gatanaëlle, a fait le choix de travailler auprès de personnes en situation de fragilité. Elle a accomplie plusieurs mission de coordination de bénévole dans le monde associatif dans divers cadres (stage, service civique, emploi) et auprès de différents publics en fragilité (enfants, ados, personnes âgées, sans abri…).

A son arrivée à Lille elle rencontre les sœurs des Oblates de l’Assomption et débute un cheminement vers la vie de religieuse. Avant de vivre pleinement cette vocation à laquelle elle aspire, Gatanaëlle a répondue à l’appel de la Mission Ouvrière pour vivre une mission d’annonce de la Bonne Nouvelle au cœur des quartiers populaires du diocèse de Lille.

Découvrir la Mission Ouvrière et vivre une Église en sortie

Une rencontre inattendue puisse que Gatanaëlle n’est pas issue des mouvements de la Mission Ouvrière (ACE, JOC, ACO…) qu’elle va découvrir sur le terrain. Mais elle en partage la spiritualité et surtout l’ardeur apostolique : « En cherchant ce que fait l’ACE et la JOC j’ai vu de la diversité culturelle, sociologique et religieuse. C’est quelque chose dans lesquelles je me sens bien. Il faut aimer le public et aimer mettre les mains dans le cambouis ».

Une volonté qui laisse présager de belles choses pour l’avenir des Mission Ouvrière Cœur de Flandres et du Littoral Dunkerquois dont elle devient la coordinatrice. Une mission de coordinatrice qui a été entièrement redéfinie par les responsables locaux et diocésains de la Mission Ouvrière pour coller aux priorités et aux réalités du terrain. Plus d’un an de travail en lien avec le diocèse pour construire un cadre de mission clair et ambitieux.

Ainsi sur les deux territoires, Gatanaëlle assurera la communion entre les différents acteurs de l’annonce de la Bonne Nouvelle dans le milieu ouvrier et les quartiers populaires et les aidera à vivre le dynamisme d’une « Église en sortie » cher à la Mission Ouvrière et au pape François.

Une mission, deux territoires, de nombreux défis à relever !

Sur le littoral dunkerquois, elle portera particulièrement le soucis du développement de l’Action Catholique des Enfants. Elle pourra compter sur le soutien de l’équipe de coordination locale composée de Gérard De Riemaecker, Damien Bundault, Nadine Vanderstichel, Cécile Mesmacre et Jacques Bourgouin.

Dans le doyenné Cœur de Flandres, elle s’impliquera dans le développement de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne. Elle pourra compter sur l’expérience et le soutien de Nathalie Ruyssen missionnée pour l’ACE et les quartiers populaires ainsi que sur les acteurs locaux des mouvements et des groupes.

Tous les acteurs de la Mission Ouvrière souhaite la bienvenue à Gatanaëlle et seront présents pour l’aider a vivre au mieux cette belle mission au service du peuple de Dieu !

Les olympiades pour l’emploi digne : une action de la JOC dans les rues de Lille

En ce samedi 28 avril 2018, le ciel lillois est à l’image de l’avenir professionnel de nombreux jeunes du milieu ouvrier et des quartiers populaires : il est chargé de nuages. Les nuages de la mauvaise orientation, des discriminations à l’embauche, des salaires bas et de la précarité. Mais ni les nuages du ciel ni ceux de l’avenir professionnel ne sont capables d’arrêter les jeunes de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne de l’agglomération lilloise qui veulent agir pour que chaque jeune ait accès à un emploi digne ! Un « travail libre, créatif, participatif et solidaire » (cf. Exhortation apostolique Evangilii gaudium, n. 192).

Une olympiade de l’emploi digne en pleine rue

Pour cela les jocistes ont choisi d’agir et de sensibiliser en organisant une grande action dans un des lieux publics les plus fréquenté de Lille : le jardin Vauban. Au programme : une olympiade de l’emploi digne. C’est à dire, une série d’animation et de jeux pour sensibiliser les passants à l’accès des jeunes à l’emploi digne et leur faire découvrir les 40 propositions de la JOC pour mettre le monde du travail au service du bien commun.

Plusieurs centaines de passants ont ainsi participé à la course d’obstacle des discriminations, au « qui est qui » des talents des jeunes, au jeu de l’oie du parcours professionnel… Même les enfants ont pu jouer tout en découvrant les valeurs fondamentales d’égalité au travail.

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Libérer la parole et porter des solutions

Une action qui a vue juste car les activités proposées ont surtout permit de libérer la parole de nombreux travailleurs en souffrance. Ainsi, une jeune femme qui après quelques mots échangés avec les jocistes, les larmes aux yeux, témoigne de sa situation de burn-out. Une réalité que le pape François avait dénoncé lors d’une homélie de fin 2016 en affirmant : « Nous avons créé une culture qui, d’une part, idolâtre la jeunesse cherchant à la rendre éternelle ; mais, paradoxalement, nous avons condamné nos jeunes à ne pas avoir d’espace de réelle insertion, parce que nous les avons lentement marginalisés de la vie publique, les obligeant à émigrer ou à mendier des occupations qui n’existent pas ou qui ne leur permettent pas de se projeter dans un lendemain ».

Pendant 8 heures, de 10h à 18h, les jeunes de la JOC ont mené l’action et ont donné a parole à des centaines de personnes qui ont ainsi pu découvrir l’Eglise sous un autre visage. Les jeunes militants ont également récolté plus de 150 signatures à la pétition pour l’emploi digne de la JOC.

Découvrez les 40 doléances construites par les jeunes des quartiers et signez la pétition de la JOC sur https://www.emploidigne.fr/

Découvrez l’article sur les olympiades de l’emploi digne paru dans le journal Croix du Nord 

Catégories JOC

La sainteté pour les nuls : transformer radicalement notre système économique

La sainteté pour les nulsLe 19 mars 2018, le pape François a fait paraître une exhortation apostolique baptisée « Gaudete et exsultate » sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel. Ce n’est ni un traité philosophique sur la sainteté, ni une leçon de vie. C’est un appel à tous et à toutes à devenir saint avec quelques pistes concrètes à vivre au jour le jour. « Dieu veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance » nous rappelle le pape qui nous propose donc un petit guide « la sainteté pour les nuls » pour y parvenir.

Certaines des pistes concrètes que propose le pape François ont un sens particulier pour les personnes du milieu ouvrier et des quartiers populaires : refuser la société de consommation, accueillir les migrants, refuser la méritocratie, rester humble et ouvert aux autres…

Régulièrement, la Mission Ouvrière du diocèse de Lille vous proposera une relecture de cette exhortation apostolique avec un regard venu d’en-bas, du milieu ouvrier et des quartiers populaires.
Aujourd’hui, nous apprenons qu’être saint c’est agir pour changer en profondeur notre système économique et social.

Quitter le confort pour combattre l’injustice

Depuis son élection, le pape François appelle les chrétiens a sortir de leur confort pour oser se faire secouer par le message radical de l’Évangile : « Écoutons Jésus, avec tout l’amour et le respect que mérite le Maître. Permettons-lui de nous choquer par ses paroles, de nous provoquer, de nous interpeller en vue d’un changement réel de vie ».

En détaillant les béatitudes, le pape François propose un de ces changements indispensables « L’évangile de Luc ne parle pas d’une pauvreté en “esprit” mais d’être “pauvre” tout court, et ainsi il nous invite également à une existence austère et dépouillée. […] Le monde nous propose le contraire : le divertissement, la jouissance, le loisir, la diversion, et il nous dit que c’est cela qui fait la bonne vie ».

Quitter ce confort d’une vie bien rangée et la sécurité qu’offre l’indifférence n’est pas simple dans notre monde qui met ceux qui ont réussi en écrasant les autres sur un piédestal et ceux qui ont tout perdu pour aider les autres au pilori. Et pourtant « Nous ne pouvons pas envisager un idéal de sainteté qui ignore l’injustice de ce monde où certains festoient, dépensent allègrement et réduisent leur vie aux nouveautés de la consommation, alors que, dans le même temps, d’autres regardent seulement du dehors, pendant que leur vie s’écoule et finit misérablement ».

Changer radicalement le système économique et social

Le Pape nous invite donc a entrer dans le combat pour la justice. Un combat exigeant : « Pour les chrétiens, cela implique une saine et permanente insatisfaction. Bien que soulager une seule personne justifierait déjà tous nos efforts, cela ne nous suffit pas ». Cette lutte contre les injustices demande donc un changement plus profond : « il ne s’agit pas seulement d’accomplir quelques bonnes œuvres mais de rechercher un changement social :  »Pour que les générations futures soient également libérées, il est clair que l’objectif doit être la restauration de systèmes sociaux et économiques justes de manière que, désormais, il ne puisse plus y avoir d’exclusion » ».

Lors d’une audience aux participants à la rencontre « Économie de Communion » du 5 février 2017, le pape François avait déjà pointé du doigt les injustices de notre système économique et social : « On ne le dira jamais assez, le capitalisme continue à produire les « mis à l’écart » qu’ensuite il voudrait soigner. Le principal problème éthique du capitalisme est la création des mis à l’écart pour ensuite chercher à les cacher ou les soigner pour qu’on ne les voit plus. Les avions polluent l’atmosphère, mais avec une petite partie de l’argent du billet on va planter des arbres pour compenser les dommages créés. Les sociétés de jeux de hasard financent des campagnes pour traiter les joueurs pathologiques qu’ils créent. Et le jour où les entreprises d’armement financeront des hôpitaux pour soigner les enfants mutilés par leurs bombes, le système aura atteint son apogée. C’est de l’hypocrisie ».

Un chemin de sainteté qui demande du courage

Cette exigence radicale de la Bonne Nouvelle n’est pas facile à vivre et à assumer : « Pour vivre l’Évangile, on ne peut pas s’attendre à ce que tout autour de nous soit favorable, parce que souvent les ambitions du pouvoir et les intérêts mondains jouent contre nous. […] Dans une telle société aliénée, prise dans un enchevêtrement politique, médiatique, économique, culturel et même religieux qui empêche un authentique développement humain et social, il devient difficile de vivre les béatitudes, et cela est même mal vu, suspecté, ridiculisé ».

Le pape invite donc a oser être dégradant même si ce n’est pas confortable : « Jésus lui-même souligne que ce chemin va à contre-courant, au point de nous transformer en sujets qui interpellent la société par leur vie, en personnes qui dérangent ».

Au bout du chemin : le Royaume de Dieu !

Devant tant d’obstacles, les chrétiens peuvent être tentés par deux obstacles certains foncent la tête dans le guidon au détriment de leur relation avec Dieu. Ils « séparent ces exigences de l’Évangile [la transformation sociale] de leur relation personnelle avec le Seigneur, de l’union intérieure avec lui, de la grâce. ». D’autres fuient leurs responsabilités de chrétiens. Ils « vivent en suspectant l’engagement social des autres, le considérant comme quelque chose de superficiel, de mondain, de laïcisant, d’immanentiste, de communiste, de populiste ».

La pape appelle donc chacun a vivre le lien inséparable entre action de transformation sociale et relation personnelle à Dieu, l’un ne pouvant aller sans l’autre car « Comme tu ne peux pas comprendre le Christ sans le Royaume qu’il est venu apporter, ta propre mission est inséparable de la construction de ce Royaume ». Il ajoute « Ton identification avec le Christ et avec ses désirs implique l’engagement à construire, avec lui, ce Royaume d’amour, de justice et de paix pour tout le monde ».

L’humain au cœur du travail : le message de la Mission Ouvrière pour le 1er mai 2018

A l’occasion de la fête des travailleurs du 1er mai 2018, la Mission Ouvrière nationale adresse un message à toutes les personnes du milieu ouvrier et des quartiers populaires :

1er mai 2018 : L’humain au cœur du travail

Le chômage de masse atteint toutes les tranches d’âge, même s’il concerne particulièrement les jeunes, les seniors et les personnes en situation de handicap. La peur du licenciement et d’un salaire revu à la baisse explique qu’on accepte un emploi avec de mauvaises conditions. Les jeunes confrontés à la précarité n’ont plus la garantie d’une certaine stabilité, d’une rémunération décente et d’une protection sociale. La vie ouvrière a beaucoup évolué : peut-être moins de travaux pénibles mais plus de contraintes, de pression, d’horaires décousus… Nous percevons une souffrance au travail de plus en plus présente, sur fond de déshumanisation et de concurrence entre les travailleurs au sein des entreprises.

Dans de nombreux métiers de service à la personne, les moyens ne couvrent pas les besoins. Dans les entreprises privées, deux réalités s’opposent : d’un côté la finance qui se porte bien, de l’autre des salariés qui galèrent et sont les oubliés de la réussite. Les évolutions de l’entreprise sont source de difficultés pour les travailleurs. En relisant la vie, nous soulignons les manques, les revendications de dignité, les envies de changer les situations.

À quoi tout cela sert-il finalement, à part gagner son pain ? C’est important, mais ne plus avoir prise sur le contenu de ce qu’on fait, voire être en totale contradiction avec ses valeurs intimes, débouche sur de la souffrance.

Nous inscrivons les droits des salariés dans l’histoire des conquêtes de la classe ouvrière

Avoir un emploi, travailler, demeure une attente primordiale et une tradition vivante du monde ouvrier. Celui-ci vit à la fois une histoire d’exploitation et de conquêtes communes, gagnées et partagées par la classe ouvrière. Ces conquêtes de droits pour les travailleurs sont des repères pour d’autres dans le monde.

Nous sommes porteurs d’une vision où l’humain prime sur l’économie. Elle doit être à son service. Cette vision est initiée dans la parole de Cardijn : « Un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde car il a la dignité de fils ou fille de Dieu ». Nous voulons redonner un contenu et un sens à nos activités, plus conformes à ce que nous sommes. Nos mouvements permettent aux uns et aux autres de motiver leurs parcours professionnels et d’exprimer leur dignité par le travail.

Nous voulons mettre en avant les solidarités, les parcours d’engagement au service du bien commun

Dans l’Évangile, nous constatons que Jésus a pris des travailleurs comme disciples. Travailleurs, croyants et militants, nous participons à l’œuvre de création à laquelle nous appelle le Christ. Dans notre travail, il y a une part qui n’est pas échue au salaire mais à un besoin de construire et de participer avec d’autres.

En faisant exprimer la dignité et le sens du travail, nous affirmons le droit au travail. C’est un droit de l’Homme. Ce qui nous fait souffrir, ce sont tous ceux qui sont privés de ce droit. C’est une perte pour eux, pour la société, pour notre humanité entière.

Les paroles du pape François nous inspirent : « L’avenir de l’humanité n’est pas uniquement entre les mains des grands dirigeants, des grandes puissances et des élites. Il est fondamentalement dans les mains des peuples, dans leur capacité à s’organiser et aussi dans vos mains qui arrosent avec humilité et conviction ce processus de changement ».

Secrétariat national de la Mission ouvrière ● 58 avenue de Breteuil 75007 Paris ● http://www.mission-ouvriere.info Action catholique ouvrière, Jeunesse ouvrière chrétienne, Action catholique des enfants, prêtres-ouvriers, prêtres, diacres, religieux-ses et laïcs en monde ouvrier, et Mgr Stenger (évêque accompagnateur de la Mission ouvrière)

Télécharger le message de la Mission Ouvrière sur http://www.mission-ouvriere.info

La sainteté pour les nuls : agir au cœur du monde !

La sainteté pour les nulsLe 19 mars 2018, le pape François a fait paraître une exhortation apostolique baptisée « Gaudete et exsultate » sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel. Ce n’est ni un traité philosophique sur la sainteté, ni une leçon de vie. C’est un appel à tous et à toutes à devenir saint avec quelques pistes concrètes à vivre au jour le jour. « Dieu veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance » nous rappelle le pape qui nous propose donc un petit guide « devenir saint pour les nuls » pour y parvenir.

Certaines des pistes concrètes que propose le pape François ont un sens particulier pour les personnes du milieu ouvrier et des quartiers populaires : refuser la société de consommation, construire un monde radicalement différent, refuser la méritocratie, rester humble et ouvert aux autres…

Régulièrement, la Mission Ouvrière du diocèse de Lille vous proposera une relecture de cette exhortation apostolique avec un regard venu d’en-bas, du milieu ouvrier et des quartiers populaires. Aujourd’hui, nous apprenons qu’être saint c’est vivre et agir au cœur du monde

Saints du quotidien

« Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve ». Une sainteté du quotidien que le pape illustre avec des exemples concrets : « Es-tu un travailleur ? Sois saint en accomplissant honnêtement et avec compétence ton travail au service de tes frères. […]As-tu de l’autorité ? Sois saint en luttant pour le bien commun et en renonçant à tes intérêts personnels ».

Une sainteté de tous les jours et idéologie du « projet »

Le pape invite donc les chrétiens à une sainteté qui n’est une sainteté de grands projets mais une sainteté qui se vit dans la manière d’être des chrétiens dans leur vie de tous les jours. Dans le monde associatif, cette invitation entre en violente contradiction avec la démarche de « l’appel à projet ». Cette idéologie de « l’appel à projet » consiste pour les pouvoirs publics a donner de la valeur, et donc des subventions, uniquement aux initiatives exprimées sous forme d’un projet technocratique avec des données chiffrées. Sous couvert d’efficacité sociale et financière, cette technicisation a surtout provoqué la fin du soutien aux projets portés par des personnes du milieu ouvrier et des quartiers populaires, incapables de rentrer dans le carcan technocratique. Elle a conduit à transformer les personnes en consommateurs d’activités construites sans eux.

Cette dérive, venue du monde de l’entreprise, à été généralisée dans le monde associatif et gagne même certaines structures ecclésiales qui veulent faire de l’évangélisation une simple statistique fermant la porte à la grâce. Quel contraste avec cette phrase du Cardinal François-Xavier Nguyên Van Thuân cité par le pape François dans son exhortation : « Je saisis les occasions qui se présentent chaque jour, pour accomplir les actes ordinaires de façon extraordinaire ».

Résister à la corruption des gestionnaires

Cette idéologie avait déjà été fermement condamnée par le pape François dans son message de novembre 2016 aux mouvements populaires qu’il alertait sur le risque d’être utiliser par le pouvoir de l’argent pour effectuer la gestion des questions sociales sans remettre en cause le système capitaliste.« Tant que vous faites partie de leur « politique sociale », tant que vous ne mettez pas en cause la politique économique ou politique avec un P majuscule, on vous tolérera. C’est cette idée des politiques sociales conçue comme une politique envers les pauvres, mais jamais avec les pauvres, et non des pauvres ». Avant d’insister « Vous, les organisations des exclus, vous êtes appelés à revitaliser, à rétablir les démocraties qui traversent une véritable crise. Ne vous laissez pas réduire à des acteurs secondaires ou, pire encore, à de simples administrateurs de la misère existante ».

L’engagement dans le monde : la priorité du chrétien !

Face à ce monde difficile où les plus petits sont maltraités et où la religion chrétienne est parfois devenue minoritaire, nous avons parfois la tentation de fuir, de se réfugier dans la prière et dans le confort d’une vie d’Église refermée sur elle même avec ceux qui nous ressemblent. Le pape François s’y oppose : « Il n’est pas sain d’aimer le silence et de fuir la rencontre avec l’autre, de souhaiter le repos et d’éviter l’activité, de chercher la prière et de mépriser le service ». Il ajoute « nous sommes parfois tentés de reléguer au second plan le dévouement pastoral ou l’engagement dans le monde, comme si c’étaient des ‘‘distractions’’ sur le chemin de la sanctification et de la paix intérieure. On oublie que  »la vie n’a pas une mission, mais qu’elle est mission » ».

La prière au service de l’engagement

La priorité du chrétien est donc d’être présent dans le monde pour y témoigner en paroles et en actes de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Le pape rappelle «  que le critère pour évaluer notre vie est, avant tout, ce que nous avons fait pour les autres. La prière a de la valeur si elle alimente un don de soi quotidien par amour ». Il ajoute encore « Le saint est une personne dotée d’un esprit de prière, qui a besoin de communiquer avec Dieu.[…] Mais je prie pour que nous ne considérions pas le silence priant comme une évasion niant le monde qui nous entoure ».

Alors, un « Notre Père » et tous sur le terrain !

ACO : les délégués du diocèse de Lille préparent la rencontre nationale

Les délégués de l’action catholique ouvrière du diocèse de Lille se sont retrouvés, vendredi 20 avril 2018, à la Maison de l’Apostolat de Laics de Lille, pour préparer la prochaine rencontre nationale de leur mouvement.

La rencontre nationale aura lieu à la Pentecôte 2018 à Saint-Etienne dans la Loire. Elle réunira plusieurs centaines de membres de ce mouvement d’Eglise des personnes du milieu ouvrier et les quartiers populaires.

Sélectionnés parmi les membres les plus actifs les plus invitants, les délégués à la rencontre nationale ont pris le temps de relire la vie des membres du mouvement et de travailler sur la prochaine résolution qui guidera la vie de l’ACO dans les années à venir.

Catégories ACO

1er mai : célébrez la fête des travailleurs avec la Mission Ouvrière de Lille !

Le premier mai, la France s’arrête pour célébrer la fête des travailleurs. Une journée importante pour la Mission Ouvrière puisse qu’elle célèbre à la fois les combats du mouvement ouvrier et la fête de St Joseph-Ouvrier.

Après la manifestation qui partira de la porte des postes à 10h00, la Mission Ouvrière sera heureuse de vous accueillir pour un barbecue à la maison de la Mission Ouvrière : 57, rue des meuniers à Lille.

Rendez vous à 12h30 pour un moment de fête et de convivialité pour partager autour des luttes d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Renseignements et inscriptions auprès de Xavier : 06 43 43 51 16 ou xavier.pottiez@gmail.com

Invitation : Fête du 1er mai 2018 en Mission Ouvrière à Lille

Venez nombreux !

BBQ 1er mai

Récollection de l’ACO lilloise : les meilleurs moments !

Une soixantaine de membres de l’Action Catholique Ouvrière de l’agglomération lilloise se sont retrouvés, dimanche 15 avril 2018, au séminaire de Lille pour vivre une journée de retraite spirituelle.

Venus des quatre coins de la métropole, les participants sont venu se ressourcer et partager autour d’un verset de l’Evangile de Luc « Il renverse les puissants de leur trône. Il élève les humbles ». Cette thématique qui résonne comme une promesse et comme un combat a été inspirée aux organisateurs par un graffiti aperçu lors d’une manifestation.

Construire un mur d’indignation

La journée s’ouvre sur un sketch posant le cadre de la journée. Puis, en petits groupes, les participants se sont demandés qu’est ce qui, dans leur vie, leur a un jour fait dire « ça suffit » ! Chacun a alors collé sa parole sur une brique de carton pour construire ensemble le mur de l’indignation. Un mur de sept couleurs en fonction des thèmes des indignations de chacun.

Puis l’ACO a donné la parole à des bénévoles du centre social de l’Arbrisseau de Lille sud que son venu témoigner de leur engagement et de leur vie. Philomène, originaire du Congo, a refusé la facilité et a voulu s’engager au service des autres. Vincent et Heidi ont combattu la maladie et le chômage et sont devenus porteurs de projets au centre social. « On gagne plus à donner qu’à recevoir » conclura Vincent. Marisette, présidente du centre social de l’Arbrisseau, témoigne à son tour de ces parcours de vie et de la manière dont le centre social permet aux habitant de devenir des acteurs locaux.

Briser les murs de la peur

Les témoignages sont suivi d’un beau temps d’échange, d’un apéritif et d’un repas partagé.

L’après-midi débute avec la découverte d’un texte du pape François extrait de son message à la troisième rencontre des mouvements populaires :

Aucune tyrannie ne s’alimente sans exploiter nos peurs. Cela est une clé! D’où le fait que toute tyrannie est terroriste. Et quand cette terreur, qui a été semée dans les périphéries à travers des massacres, des pillages, l’oppression et l’injustice, explose dans les centres à travers diverses formes de violence, et même à travers des attentats odieux et vils, les citoyens qui conservent encore quelques droits sont tentés par la fausse sécurité des murs physiques ou sociaux. Des murs qui enferment certains et qui exilent d’autres. Des citoyens murés, terrorisés d’un côté ; exclus, exilés, encore plus terrorisés de l’autre. Est-ce là la vie que Dieu notre Père veut pour ses fils?

La peur est alimentée, manipulée… Parce que la peur, en plus d’être une bonne affaire pour les marchands d’armes et de mort, nous affaiblit, nous déstabilise, détruit nos défenses psychologiques et spirituelles, nous anesthésie face à la souffrance des autres et, à la fin, nous rend cruels. Quand nous entendons que l’on célèbre la mort d’un jeune qui s’est sans doute trompé de chemin, quand nous voyons que l’on préfère la guerre à la paix, quand nous voyons que se diffuse la xénophobie, quand nous constatons que les propositions intolérantes gagnent du terrain ; derrière cette cruauté qui semble s’accroître à démesure, il y a le souffle glacial de la peur. Je vous demande de prier pour tous ceux qui ont peur, prions pour que Dieu leur donne le courage et qu’en cette année de la miséricorde, il puisse adoucir nos cœurs. La miséricorde n’est pas facile, elle n’est pas facile… Elle demande du courage. Pour cela, Jésus dit : « N’ayez pas peur » (Mt 14, 27), parce que la miséricorde est le meilleur antidote contre la peur. Elle est bien meilleure que les anti- dépresseurs et les anxiolytiques. Beaucoup plus efficace que les murs, les grillages, les alarmes et les armes. Et elle est gratuite : c’est un don de Dieu.

Chers frères et sœurs, tous les murs tombent. Tous. Ne nous laissons pas tromper. Comme vous l’avez dit : « Continuons de travailler pour édifier des ponts entre les peuples, des ponts qui nous permettent d’abattre les murs de l’exclusion et de l’exploitation ». Affrontons la terreur par l’amour.

Les petits groupes échange alors sur les peurs qui les freinent et les ponts qu’ils construisent. Ce long moment de partage et de découverte a été suivi par le témoignage du Père Lionel Vandenbriele, prêtre ouvrier ambulancier, qui a secoué l’assemblée en partageant les réalités de son métier, de ses patients, de ses collègues et de ces situations où la vie humaine est écrasée par les exigences de rentabilité.

Puis chacun prend un temps personnel pour prendre ses « agirs » avant de l’écrire sur l’autre face d’une des briques du mur de l’indignation.

Enfin, la journée se conclue par une messe lors de laquelle les briques du mur sont utilisées pour construire un grand pont.

Quelques belles photos :

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La sainteté pour les nuls par le pape François : accueille ton frère migrant !

La sainteté pour les nulsLe 19 mars 2018, le pape François a fait paraître une exhortation apostolique baptisée « Gaudete et exsultate » sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel. Ce n’est ni un traité philosophique sur la sainteté, ni une leçon de vie. C’est un appel à tous et à toutes à devenir saint avec quelques pistes concrètes à vivre au jour le jour. « Dieu veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance » nous rappelle le pape qui nous propose donc un petit guide de la sainteté pour les nuls afin d’y parvenir.

Certaines des pistes concrètes que propose le pape François ont un sens particulier pour les personnes du milieu ouvrier et des quartiers populaires : refuser la société de consommation, construire un monde radicalement différent, refuser la méritocratie, rester humble et ouvert aux autres…

Régulièrement, la Mission Ouvrière du diocèse de Lille vous proposera une relecture de cette exhortation apostolique avec un regard venu d’en-bas, du milieu ouvrier et des quartiers populaires. Aujourd’hui, un chemin de sainteté qui n’est pas optionnel : l’accueil des migrants.

L’accueil des migrants : une priorité du chrétien

Dans un précédant article, nous vous parlions de la priorité donnée par le saint père aux plus petits. Parmi ces petits, le pape aborde longuement la situation des migrants. Et il commence par rappeler aux chrétiens que cette question n’est ni optionnelle, ni secondaire mais qu’elle est au cœur des priorités de l’Église : « On entend fréquemment que, face au relativisme et aux défaillances du monde actuel, la situation des migrants, par exemple, serait un problème mineur. Certains catholiques affirment que c’est un sujet secondaire à côté des questions “sérieuses” de la bioéthique. Qu’un homme politique préoccupé par ses succès dise une telle chose, on peut arriver à la comprendre ; mais pas un chrétien, à qui ne sied que l’attitude de se mettre à la place de ce frère qui risque sa vie pour donner un avenir à ses enfants ».

Depuis de nombreuses années, les militants de l’Action Catholique des Enfants, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne et l’Action Catholique Ouvrière sont engagés pour l’accueil des migrants dans le diocèse de Lille. A Grande Synthe, à Steenvoorde, à Hazebrouck, à Armentières, à Lille, à Roubaix, à Haubourdin et dans de nombreux autres endroits, les acteurs de la Mission Ouvrière sont engagés auprès de ceux qui fuient la guerre et la misère.

Cette priorité de l’Eglise se vit dans diverses associations et aussi en Eglise ! Le 7 avril 2018, en partenariat avec le Secours Catholique et la Pastorale des Migrants, l’ACO a organisé une journée de relecture qui a réunie un cinquantaine de militants engagés auprès des migrants.

Une priorité historique

Cette priorité ne date pas d’hier : « Pouvons-nous reconnaître là précisément ce que Jésus-Christ nous demande quand il nous dit que nous l’accueillons lui-même dans chaque étranger (cf. Mt 25, 35) ? Saint Benoît l’avait accepté sans réserve et, bien que cela puisse “compliquer” la vie des moines, il a disposé que tous les hôtes qui se présenteraient au monastère, on les accueille comme le Christ en l’exprimant même par des gestes d’adoration, et que les pauvres et les pèlerins soient traités avec le plus grand soin et sollicitude ».

Une priorité dans les saintes écritures et un chemin de sainteté pour notre temps

Le pape nous rappelle que « L’Ancien Testament ordonne quelque chose de semblable quand il dit : « Tu ne molesteras pas l’étranger ni ne l’opprimeras, car vous-mêmes avez été étrangers dans le pays d’Égypte » (Ex 22, 20). « L’étranger qui réside avec vous sera pour vous comme un compatriote et tu l’aimeras comme toi-même, car vous avez été des étrangers au pays d’Égypte » (Lv 19, 33-34). Par conséquent, il ne s’agit pas d’une invention d’un Pape ou d’un délire passager. Nous aussi, dans le contexte actuel, nous sommes appelés à parcourir le chemin de l’illumination spirituelle que nous indiquait le prophète Isaïe quand il s’interrogeait sur ce qui plaît à Dieu : « N’est-ce pas partager ton pain avec l’affamé, héberger chez toi les pauvres sans abri, si tu vois un homme nu, le vêtir, ne pas te dérober devant celui qui est ta propre chair ? Alors ta lumière éclatera comme l’aurore » (58, 7-8).

A bon entendeur !